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Asphalte City de François Désalliers

Par Venise19 @VeniseLandry
Asphalte City de François DésalliersVoici un titre que l’on a classé sous le genre thriller. Comme c’est plutôt rare, ça m’a intrigué. En lisant le quatrième de couverture, j’ai réalisé qu’il y avait des meurtres, une enquête ; quelle différence alors avec un polar ? J’aimerais vous l’apprendre mais je ne le sais pas plus maintenant qu’avant ma lecture. Mais est-ce si grave ? Voyez plutôt si cette histoire peut vous plaire.
Un bon bougre a la garde de sa petite fille Zoé pendant une fin de semaine. La mère qui en a la garde le met à l’épreuve car il s’avère qu’elle ne lui fait absolument pas confiance. Le père la laisse se rendre à une activité seule et l’enfant a un accident en vélo qui la jette dans le coma.
Rapidement, on réalise qu’à travers la ville, il y a de plus en plus de ce genre d'accidents. Le père de Zoé décide de ne pas rester passif et se mêle de l’enquête. Il finit par découvrir le pot aux roses : un concours est ouvert à tous ceux qui veulent blesser et tuer des piétons ou cyclistes en échange de récompenses monétaires (je ne vends aucun punch, c'est inscrit sur la quatrième de couverture).
Non, ce n’est pas de la science-fiction, c’est un thriller, rappelez-vous. Avouons que la prémisse est assez abracadabrante : comment des personnes peuvent-elles foncer sur des enfants, des handicapés ou des vieillards pour des sommes d’argent minimes pour ce genre de crime, genre 1,500 $ ? Vous imaginez la quantité de délits de fuite qui s’accumulent dans cette seule ville ! Les officiers de l’ordre sont évidemment débordés, sur le point de perdre la raison devant l’hécatombe : des morts, des estropiés, il y en à tous les coins de rue.
Le père de la fillette, un facteur de métier est un personnage crédible et attachant, qui tient à se mêler, en compagnie d’un couple d’amis, au travail des enquêteurs. Il ne fera pas que des mauvais coups.
Malgré que j’ai eu peine à m’imaginer qu’un concours de ce genre puisse avoir du succès en devenant des criminels aussi facilement, j’ai tout de même réussi à trouver mon compte dans cette lecture. Le personnage du père et ses amis y sont pour beaucoup. Les trois restent les pieds ancrés sur terre, on s’attache à leur imperfection et à leurs maladresses. Le père porte le chapeau de victime avec une ex-épouse intransigeante. Ensuite, le couple d’enquêteurs, un aveugle et une jeune femme est également bien planté, amusant même.
Ce qui a aidé ma crédulité est de m’imaginer que c’est une bande dessinée. À partir du moment où je me suis dit, je lis une comédie loufoque qui se prend au sérieux, le tour était joué, j’arrivais à poursuivre. J’ai donc suivi l’intrigue, parce qu’intrigue il y a. Il faut tout de même trouver qui a entrainé tant de personnes à devenir des meurtriers sur les routes.
Le dénouement reste à classer à part entière sous la comédie satirique, toujours aussi grotesque. On peut dégrossir le tout et tenter de tirer une leçon, sur le quatrième de couverture il est suggéré  « …un thriller sur la responsabilité de chacun, qu’elle soit personnelle ou collective ». Comme le chemin emprunté est gros … énorme … gigantesque … titanesque, je ne pense pas que le message passe.
François Désalliers a huit romans à son actif et sa solide expérience est évidente. Il a opté pour un roman déroutant, avec une prémisse poussée dans ses extrêmes, ce qui la rend peu crédible. Par contre, il mène rondement son idée jusqu’au bout. Et pour cela, je lui lève mon chapeau.
Si vous voulez tenter l’expérience, un conseil : ne vous prenez pas trop au sérieux comme lecteur !

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