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TFGA #9 : Nos peurs inavouables

Publié le 27 juin 2015 par Antoine Dubus @Ashendir
TFGA #9 : Nos peurs inavouablesVoilà plusieurs mois que je lisais régulièrement les différents TFGA (Top Five Games Addict) que proposaient Alexandre sur son blog Alex Effect . A l'époque je me contentais simplement d'assouvir ma curiosité, j'allais découvrir ou redécouvrir certains jeux, souvent avec nostalgie. Aujourd'hui, l'ouverture de mon blog ayant aidé, je saute le pas, d'autant plus que le thème du mois : " Nos peurs inavouables " m'a beaucoup inspiré depuis mon récent article sur Lost Eden. Avant de commencer je vous rappelle brièvement le principe d'un TFGA selon les propres mots d'Alex : " Que vous ayez un blog ou non, vous pouvez participer en réalisant VOTRE top afin de nous faire partager un bout de votre culture et de votre expérience. " Rien de plus simple en somme. N'hésitez pas à vous lancer vous aussi !

5 - L'absence de concurrence

C'est peut-être un peu bizarre pour une première peur mais je tenais à la mentionner ici. Lorsque je parle d'absence de concurrence, je pointe du doigt la concurrence entre développeurs, je m'explique. Lorsqu'il y a concurrence entre deux boîtes, et que celle-ci est saine et loyale, j'entends, ça ne peut qu'être bénéfique pour nous, joueurs, car chacun des deux parties va chercher à nous faire le plus plaisir. Et comme ils auront tendance à donner dans la surenchère, nous serons d'autant plus gâtés. A l'inverse, quand un développeur a, seul, la prérogative sur un type de jeu, pourquoi chercherait-il à tout prix à se dépasser, à donner tout ce qu'il peut pour vendre son produit ? Bah oui, autant faire le strict minimum quand, en face, il n'y a personne pour vous dire " Seras-tu capable de faire mieux que mon jeu ?! ".

TFGA #9 : Nos peurs inavouables

De ce fait, j'évoque ici la peur de voir des jeux seuls dans leur catégorie, qui auraient du coup tendance à perdre en qualité au fur et à mesure des épisodes. Pour illustrer tout ça, je vais vous parler d'une licence qui m'accompagne depuis mon plus jeune âge et que j'adore : Les Sims (sur PC). Le développeur Maxis et l'éditeur Electronic Arts sont, depuis des années, les seuls à proposer une véritable simulation de vie, ce qu'on pourrait à l'avenir appeler un " Sims-like " si un concurrent daignait se présenter. Si, au début, la licence apportait une véritable fraîcheur dans le monde des jeux-vidéo, elle a eu tendance au fur et à mesure des années à ne pas se renouveler. Je ne cracherai pas sur le principe des multiples extensions, je regretterai cependant leur répétitivité abusive (l'extension " animaux ", l'extension " saisons ", l'extension " vacance ", on les retrouve dans tous les épisodes). Récemment, je pense que les Sims 4 a été un coup dur assez violent pour tous les amoureux de la série. Même si j'adore ce 4e opus, force est de constater qu'il ne révolutionne en rien la licence. Autant le 1er inaugurait le concept de la simulation de vie, le 2e apportait la 3D et la vieillesse, le 3e mettait fin aux chargement et donnait la possibilité de customiser à son paroxysme les moindres détails de son intérieur, autant le 4e emprunte le chemin en contre-sens : retour des chargements, disparition du Create A Style et des bambins, etc.

Et pourtant, je l'ai acheté, et je ne suis pas le seul. Même s'il se vend moins bien que le 3e opus, il reste une valeur sûre d'Electronic Arts. Pourquoi ? Parce que dans le genre " Simulation de Vie ", c'est la seule licence qui nous est proposée. EA le sait et tant que cela durera, il ne fera pas d'efforts pour révolutionner Les Sims. Allons-nous donc être témoin de la mort d'une si grande licence ou celle-ci va-t-elle parvenir à se renouveler sous les coups de boutoirs d'un potentiel sérieux concurrent ? Wait and See... en attendant, j'ai peur.

4 - Un homme meurt au sommet d'un phare...

Changement complet de registre. Il y a parfois ces peurs que vous seuls comprenez. Vous en parlez à vos proches, à d'autres joueurs, mais rien n'y fait, ils vous regardent avec de grands yeux et vous disent " T'as peur de ça ?... " d'un air soupçonneux. C'est exactement ce qui m'arrive quand j'évoque le passage d'un jeu d'aventure qui m'a relativement traumatisé étant petit. J'imputerais donc cette peur à mon très jeune âge de l'époque (je devais avoir six ou sept ans). En ce temps là (houla je me fais vieux) je jouais sur les genoux de mon père. Présence rassurante ? Que nenni, cela ne m'a pas empêché de faire des cauchemars après ma première session de jeu... et d'y rejouer le lendemain mais là, ça relève du masochisme.

TFGA #9 : Nos peurs inavouables

Si vous avez reconnu cette image, il s'agit bien du jeu d'aventure l' Amerzone, sorti en 1999 sur PC, MAC et PlayStation, et édité par Microïds. Si vous souhaitez tâter de la bête, sachez qu'il est disponible sur iOs et Android ! Je vous le recommande d'ailleurs, bien que j'en parle ici dans une approche peu flatteuse, car c'est vraiment un excellent point-and-click avec un scénario en béton et une atmosphère très prenante.

Bref, pour celles et ceux qui ont déjà touché à la chose, vous souvenez-vous du vieil homme à qui l'on rend visite en haut d'un phare au tout début du jeu ? ... et bien, mon traumatisme, c'est LUI ! Est-ce parce qu'il ressemblait à mon grand-père ? Je n'en sais rien. Toujours est-il que, le voir derrière son bureau, lui parler, et constater sa très imminente mort m'a profondément bouleversé. C'était il y a une quinzaine d'années et pourtant je m'en souviens très bien. Je me demande quelle réaction j'aurais en refaisant le jeu aujourd'hui... à voir.

3 - La connexion qui saute

Celles et ceux qui jouent régulièrement en ligne me comprendront. Une des plus grandes peurs que j'ai, surtout sur des jeux comme League of Legends ou Final Fantasy XIV, c'est la coupure internet. Directe, brutale, violente, injuste, elle a le don de nous énerver. Elle arrive souvent sans raison, on ne comprend pas pourquoi d'un seul coup notre personnage ne répond plus, pourquoi les autres joueurs tournent en rond indéfiniment, et puis BIM, la sentence : " Erreur de connexion "... Le drame.

TFGA #9 : Nos peurs inavouables

Du coup pendant chaque partie en ligne, j'ai cette petite voix dans ma tête qui me dit " Souviens toi que tu peux être déconnecté à tout moment ", un peu à l'image d'un memento mori. On se dit que ça ne sert à rien de s'énerver en jouant car, si déconnexion il y a, le jeu ne sera plus. Autant profiter des longues heures sans problème, puissent-elles être encore nombreuses.

Alors, ça concerne aussi bien notre propre personne, que nos coéquipiers. J'entends par là que, en particulier lorsque je fais une partie sérieuse sur LoL ou bien un donjon/raid sur Final Fantasy XIV, j'ai toujours cette peur que l'un de mes compagnons de bataille subissent une déconnexion et mette involontairement en péril notre avancée. C'est d'autant plus rageant lorsqu'il s'agit d'une compétition où l'adversaire gagnerait du terrain suite aux soucis de connexion d'un équipier.

2 - L'extérieur, c'est le mal !

J'aurais très bien pu l'appeler " Restons bien au chaud, à l'abri du danger " . Ce que je veux signifier ici, c'est le sentiment d'insécurité qui m'emporte dès que je sors d'un lieu clos. Ça marche pour tout type de jeu mais principalement pour les RPG en open-world ou les FPS d'épouvantes. Pourquoi s'aventurer à l'extérieur, où le danger rôde, alors qu'on peut très bien se poser au coin d'un feu de cheminée et profiter du talent d'un barde venu jouer un peu de sa musique. Rien de tel, le soir venu, que de se réfugier dans une auberge au chaud ou bien à l'abri dans sa planque, tout en sachant que dehors le mal règne.

TFGA #9 : Nos peurs inavouables

Cette peur m'est surtout apparue en jouant aux épisodes de la licence The Elder Scrolls. Depuis Oblivion, il m'est quasiment impossible de sortir d'une cité ou d'un village la nuit. Aller retrouver un homme mystérieux dans les bois ? Farmer sur une plaine plongée dans la pénombre ? Hors de question ! Je préfère encore attendre des dizaines de minutes que la nuit passe plutôt que d'aller au-delà de murailles qui me semblent tellement protectrices. Si elles sont là, c'est bien pour quelque chose !

Le plus paradoxal dans tout ça, c'est lorsqu'il s'agit d'aller s'aventurer dans une caverne infestée de monstres. A première vue, que j'y aille la nuit ou le jour, ça ne changera rien, il fera toujours aussi sombre une fois à l'intérieur. Et bien si, ça change tout ! Pour une mystérieuse raison, je peux très bien me faufiler dans une grotte hostile sans problème, du moment que je sais qu'à l'extérieur, il fait jour. Heureusement qu'une peur n'a pas besoin d'être rationnelle, n'est-ce pas ?...

1 - La vue subjective

Cet ultime point rejoint en partie celui que je viens d'évoquer. A mesure que j'ai grandi avec les jeux-vidéos, je me suis rendu compte que ce qui accentuait mes peurs, c'était précisément le fait d'être immergé à l'intérieur de mon personnage. Pour moi le summum de l'immersion est bel et bien la vue subjective. Voir à travers les yeux de son personnage, c'est l'habiter. Il devient ainsi une enveloppe corporelle dont l'on se sert pour nous transporter à l'intérieur d'un monde virtuel.

TFGA #9 : Nos peurs inavouables

De fait, j'aurais 100 fois plus peur de jouer à un jeu de zombie tel que Zombi U en vue subjective qu'en vue à la 3e personne. C'est la même chose pour tout autre type de jeu : par exemple, lorsque je jouais à Two Worlds (un semi TES-like), je ne ressentais jamais la peur car je voyais mon personnage de dos, j'avais juste le sentiment de le contrôler, de décider de ses faits et gestes, mais pas d'être lui. Ce qui lui arrivait, les monstres qu'il rencontrait, moi, je ne les rencontrais pas et je n'étais pas blessé. Il y avait, pour moi, un fossé dans le processus d'identification.

Alors attention, ce n'est pas pour autant que je refuse de jouer à des jeux à la première personne, bien au contraire, et je finirai par là. Ce que j'aime particulièrement dans les jeux-vidéo (et c'est valable pour les films/séries/musiques), c'est ressentir de fortes émotions, même si elles m'empêchent de faire des choses (la peur en est le meilleur exemple). En d'autres termes, je saurais si un jeu est bien que si j'arrive à ressentir de fortes sensations en y jouant.

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Voilà pour mon TFGA de ce mois-ci, le premier d'une longue série je pense. J'ai beaucoup aimé parler de chacune de ces cinq peurs. Si vous avez les mêmes ou en partie, n'hésitez pas à en parler en commentaires. Il ne m'a pas été très facile de les choisir car j'en ai, bien sûr, plusieurs autres mais je pense avoir énuméré les cinq principales. Enfin, je terminerai cet article par le fait que pour moi, la peur peut être une bonne chose. Je m'explique : dans chacun de mes cinq points, la peur que j'évoque n'est pas négative, elle m'a à chaque fois apporté quelque chose de positif. Pour la concurrence, la peur me donne également l'espoir d'un changement, et pas un sentiment de fatalité. Pour l'homme en haut du phare, je crois que sans cette peur, ce jeu ne m'aurait pas à ce point marqué et je ne serai peut-être pas en train de vous en parler. Les déconnexions brutales m'ont appris à relativiser le jeu, à ne pas rager sur les coéquipiers qui subissaient des coupures car au fond, ce sont eux les premières victimes. Enfin, mon sentiment d'insécurité en extérieur la nuit me permet d'apprécier davantage ce qui se trouve entre quatre murs tandis que la vue subjective me fait ressentir de fortes émotions. Sur ce, en espérant lire vos propres peurs à l'occasion, je vous retrouve pour le prochain TFGA d'Alex. Et en attendant, n'hésitez pas à aller zieuter son blog ! Merci à lui pour ce concept et merci à vous de m'avoir lu.

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