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Japan Expo 2015 : compte-rendu coté presse du chocobo

Publié le 13 juillet 2015 par Paoru

Japan Expo 2015

C’était il y a une semaine, c’était Japan Expo, et c’était la fête pendant 4 jours à Villepinte pour des centaines de milliers d’amateurs de la culture nippone. Nous avons appris vendredi qu’il y a eu 247 473 visiteurs cette année, selon Japan Expo. Record battu et objectifs atteints malgré l’augmentation des tarifs, enfin une bonne nouvelle pour la SEFA cette année, après JE USA et Belgique. Pour info, les chiffres ne sont plus validés par un organisme indépendant depuis quelques années. Mais chapeau pour ce nouveau record, quand même.

Ensuite, inutile de revenir  sur l’expérience visiteur dans ces colonnes : il y a autant de Japan Expo différentes que de personnes qui y vont, tant les activités et invités sont légions dans les Hall 5 et 6 du « plus grand festival d’Europe. » C’est d’ailleurs pourquoi nous vous avons proposé, la semaine dernière, un compte-rendu collégial sur Journal du Japon. Pour moi ? C’était chouette, merci, mais j’ai tellement couru que j’ai vu peu de choses.

Par contre, comme chaque année, je vous propose de vous glisser dans l’événement par une autre porte, celle de la presse, des interviews et de l’organisation qui va avec. Pour une 7e JE de suite de ce côté du festival et la 4e à organiser pour des médias web, je me suis rendu sur place du vendredi au dimanche et j’ai pas mal échangé avec des confrères tous horizons. Rencontres, surprises, couacs et kiffs en tous genre, c’est parti pour le compte-rendu de ce 16e impact !

Un printemps au pays de Japan Expo…

Par où commencer… Par le début, et surtout par le contexte. Cette année la presse et la communication étaient en partie confiées à Warning Up qui assistait la SEFA, la société de Japan Expo. Warning est une société dans l’événementiel qui s’occupe d’un peu tout ce qui peut toucher à la presse et aux salons : la presse donc, une spécialisation dans le jeu vidéo, la communication digitale et les réseaux sociaux,etc. Les habitués de Japan Expo les connaissent déjà puisque Warning s’était occupé de JE en 2011. Retour, donc, 4 ans plus tard, après 3 années de gestion en interne par la société SEFA. Trois années où tout n’était pas toujours rose (les anciens en parleraient mieux que moi) mais où l’équipe avait fini par trouver ses marques, avec qui on avait établi une bonne relation de travail. Mais voilà, depuis, les échecs de Japan Expo USA et Japan Expo Belgique sont passés par là et des gens sont partis ou on leur a demandé de le faire. En somme, malgré ce qu’on lit dans leurs communiqués de presse dithyrambique, Japan Expo n’est pas un wonderland pour tout le monde. Ça, c’est le contexte.

sefa_event

Ainsi, après un passage à vide remarqué sur Japan Expo Sud, voici qu’arrive Warning. Bonjour Warning, la forme ? Ouais, nous aussi…

Bon, en réalité, il a fallu un peu de temps avant que l’on se parle avec Warning vu que leur mailing list était celle de… 2011, mais le web j-loisirs est un petit monde, donc on se tient au courant les uns les autres, on prévient SEFA ou Warning et, une semaine plus tard, les choses sont rentrées dans l’ordre. Ou presque. Nous sommes alors en avril et, pour le moment, une seule invitée est annoncée, miss Aoi. A titre de comparaison on avait appris la venue d’Urasawa en février de l’année concernée. Enfin bon, les Japonais et les délais de validation ça fait deux, dans l’événementiel comme ailleurs. Respecter les plannings de communication aussi, visiblement, quand il s’agit d’artistes musicaux.

Pendant le mois qui va suivre, ça va fuiter d’un peu partout, la majorité des artistes musicaux nippons annonçant leur venue à Japan Expo sur leurs réseaux sociaux avant la date officielle prévue pour le communiqué. Il y a de quoi s’arracher les cheveux je pense. Je ne sais pas si c’est ça qui les a dégoûtés de faire des communiqué de presse mais, en dehors de la musique, peu de communiqués vont nous parvenir pendant plusieurs semaines, en dehors des 3-4 invités d’honneur tout de même. Le dossier de presse global viendra heureusement combler pas mal de lacune de fond début juin, sauf en culture mais on en reparlera plus loin…

warning_up

Voilà donc comment a fonctionné, vu de l’extérieur, cette communication conjointe entre SEFA et Warning, collaboration prolongée pour tout ce qui va suivre, des accréditations à la gestion des interviews. Avec un grand flou sur qui fait vraiment quoi… Je me demande si ce n’était pas flou aussi pour eux, par moment. Mais bref, avançons dans notre histoire avec le dernier pas qui nous restaient à franchir : l’aventure des accréditations. Rassurez-vous, ça finit bien. Enfin, pour nous.

Cure d’amaigrissement médiatique…

Japan Expo 2015Pendant que les derniers communiqués de presse arrivent, nous voilà déjà en mai. Warning nous l’annonce : les accréditations c’est ce mois-ci ! On ne s’inquiète pas vraiment : on sait qu’il y aura du retard. Sans vous faire l’historique complet, toutes les attachées de presse précédentes avaient été remplacées avant Japan Expo Sud, ce qui aux nouveaux arrivants de faire leurs armes sur ce dernier, histoire d’engranger une expérience essentielle avant le grand bain de Villepinte.

Là non, donc retard il y a, mais le site de l’an passé pour la gestion des accréditations redevient finalement fonctionnel début juin. L’occasion de premiers échanges téléphoniques très souriants avec Warning. D’ailleurs, c’est à noter : même dans les moments tendus et fatigués, la bonne humeur sera toujours au rendez-vous. Même dans les moments « on va tous mouriiiiiiir ».

Sur le site, le nombre d’accréditations demandable est peu ou prou le même que l’année précédente, ça nous rassure sur le coup mais on se souvient que la SEFA avait réduit sa couverture presse de 2013 à 2014 en passant de 1200 accrédités à 900. La tendance s’accentue en 2015 : le 18 juin, la moitié des accréditations sont refusées et on se retrouve à 3 pour JDJ, 1 pour Paoru.fr et le reste de nos partenaires web sont dégagés direct sans aucune accréditation ni explication, alors qu’ils couvrent bénévolement Japan depuis de nombreuses années, sans faire d’histoire.

Je passe un coup de fil mais on me dit qu’à priori rien ne pourra être changé. Il est trop tard pour faire marche arrière : des engagements ont été pris avec nos contacts éditeurs et on ne pouvait pas décemment tout annuler. Echanges de coup de téléphone, de mail, etc, et finalement, le lendemain, les choses s’améliorent. Et en plus je vois que je peux compter sur d’autres médias pour un coup de main. La presse web manga & japanime, c’est aussi des gens supers cools, merci les potos.

On a plus tard confirmation que la directive vient bien de SEFA : il fallait diminuer le nombre d’accrédités de 50% en 2015. On ne saura jamais pourquoi, et sur Japan on s’est tous dit la même chose : mais pourquoi vouloir moitié moins de média à son propre event ? Manque ou réduction de moyen peut-être ?

De plus, nous, on s’en sort pas trop mal. Manga-News, le leader de notre secteur avec 400 000 lecteurs chaque mois se voit donner… 3 pauvres accréditations alors que l’équipe de Manga-News a déjà réservé trains et hôtel à cette époque, à deux semaines de l’event. Mais non, fin de non recevoir pendant un certain temps, avant que d’âpres négociations ne leur permettent d’obtenir une maigre rallonge. De nombreux médias, surtout ceux qui s’y prennent un peu plus tard, vont se faire bouler à leur grande surprise, quelque soit leur plate-forme : le Figaro, Valeurs Actuelles, des gens de chez Sony Japon venu filmer leurs propres artistes. Ça s’est arrangé pour certains, a priori.

Je ne sais pas si l’amaigrissement voulu a été atteint mais il aura marqué quelques esprits. Après on dit chaque année qu’on ne reviendra plus mais on revient quand même, pour les auteurs et les rencontres. Malgré les emmerdes, les bons souvenirs l’ont toujours emporté jusqu’ici.

Voilà pour la gestion en amont. Et maintenant, allez, passons au festival lui-même, pour parler de ces fameux souvenirs si souvent haut en couleur !

Japan Expo 2015

Jeudi : ça démarre fort

Juste avant, mercredi, je revoyais notre chère Samantha Bailly pour son roman Nos âmes jumelles (excellent, lisez-le !) et son manga Alchimia à venir en 2016 chez Pika. Je passais ensuite un super moment en compagnie du duo de mangakas de Crueler Than Dead, des vrais passionnés de zombies, et enfin je découvrais les magnifiques bureaux de Casterman lors d’une entrevue très prenante avec le directeur éditorial de Sakka. Mais pour ce qui est de JE, comme je vous le disais, je ne suis arrivé sur place que vendredi.

Jeudi j’ai donc vécu le salon à distance avec une matinée un peu particulière, au parfum d’apocalypse. Pendant que, coté visiteurs, le système informatique lâche et créé des retards conséquents chez les premium, la badgeuse presse fait des siennes. La badgeuse kezako ? En fait coté presse et artistes vous avez différents niveaux d’accréditations (ouai comme dans les films d’espionnage, et tout et tout !), et c’est à la création de votre accréditation que ça se joue : où pourrez-vous vous rendre cette année ? C’est le petit logo sur votre accred qui le dit !

Pour notre rédactrice musique, il s’agira d’une accréditation… de niveau zéro \o/. Une sorte de billet d’invitation marqué PRESSE, en gros. Elle se retrouve donc, comme une vingtaine de journalistes de tout bord, coincée à l’entrée de la salle presse. Echanges de coup de fil, sueurs froides pour l’interview dont l’horaire arrive à grands pas, refus du vigile de laisser passer qui que ce soit sans le bon badge, même quand un cadre de Japan Expo lui en donne la directive… On transpire donc mais, une fois de plus, tout s’arrange : par un « heureux » hasard les artistes de Ilu Grace se retrouvent interdit de salle presse eux aussi, et on s’attend les uns les autres.

Ilu grace

Ilu grace

La matinée et la journée sera tout de même noire pour beaucoup de monde (spéciale dédicace à Baptiste, chez Wakanim) et il sera parfois difficile de faire rentrer les gens qui travaillent dans l’enceinte de Japan. Ce n’est sans doute par pour rien si, le lendemain et le surlendemain, les vigiles lèvent le pied et se montrent souriant et conciliants. De toute façon, ils ne font que suivre les directives et ce serait absurde de les blâmer, surtout que certains sont super sympas quand on ne leur saute pas à la gorge.

Bref, nos rédac’ font leur première interview : Ilu Grace très sympathique et s’avère une excellente surprise sur scène, puis on s’en sort comme on peu avec VAMPS en raison de soucis d’interprétariat et d’un Hyde en mode diva, ce qui fait marrer KAZ (et notre rédactrice aussi, jaune) puis on finit par le producteur du jeu vidéo SAO chez Bandai avec qui on arrive à éviter la langue de bois, ce qui n’est pas toujours évident dans le milieu du JV. Bilan journalistique plutôt positif donc et, avec les soucis d’orga réglés, on peut attaquer le gros morceau – vendredi / samedi – relativement serein.

Vendredi : superbes rencontres et bonnes surprises

Pas trop de bouchons entre ma chère Normandie et Villepinte, il est un petit 11h quand j’arrive. Récupération de l’accréditation en 2 minutes chrono (+1 !) et, hop, me voilà dans la place. Je me dépêche de rejoindre l’interview d’Azumi INOUE, la chanteuse de Totoro et de certains Ghibli, accompagnée de sa fille qui débute dans le métier. Interview et tandem maman-fille super sympas, bonne ambiance, très détendue. De plus je suis épaté par mes deux rédacs qui débutent l’exercice de l’interview en ce jour : Adam a géré comme un chef son entrevue précédente avec l’équipe du jeu vidéo de One Piece et là il prend les photos pendant qu’Audrey est totalement passionnée par les deux chanteuses. Japan Expo c’est parfois l’occasion de rencontrer en live, pour la première fois, des gens qui bossent avec vous depuis 6 mois, un an, voir encore plus !

Azulmi-Inoue

Midi arrive et c’est à mon tour de faire la première interview, avec le trio de musiciens de One Not’e. Le guitariste et leader du groupe répond à la plupart des questions, donc je change un peu mes tournures de phrases pour faire participer les deux autres. Ce n’est pas toujours judicieux car ça grignote beaucoup plus le temps d’interview mais, dans ce cas, ça s’avère porteur : les 3 jeunes gens se mettent à interagir, on sent un bonne complicité d’ailleurs et l’ambiance se détend rapidement : hop, une interview cool dans la boite ! Bon, maintenant, on va aller manger un morceau, l’occasion de constater que la salle de presse a été modifiée et que nous avons enfin accès à une salle de « travail / détente / boisson » qui fait un bien fou. +1 pour celui ou celle qui l’a mis en place. Sandwich avalé et je vais faire un premier plongeon dans le bain : en route pour le salon.

Il est assez facile de circuler ce vendredi, même de prendre des photos. Ah tiens, d’ailleurs, le réseau passe ! L’occasion de faire un peu de live tweet, de réussir à appeler les gens : +1 à nouveau ! On croise les premiers éditeurs, on bavarde et on observe très rapidement les agencements des stands. L’occasion de NE PAS voir de stands pirates à leur endroit habituels, à gauche après l’entrée. Une rédactrice qui s’est bien plus baladée que moi me dira qu’ils sont toujours là, néanmoins. Vu que le prix du mètre carré de stand augmente, que les chiffres d’affaires des boutiques diminuent (d’après leurs propres aveux) et que la douane se fait plus présente ces dernières années, espérons que les choses s’assainissent du côté de la contrefaçon.

Sun Ken Rock

Le temps de constater tout ça et il est déjà l’heure de la prochaine interview. Et pas des moindres puisque c’est celle que j’attend le plus : la rencontre avec Boichi ! Ce fut un vrai régal. Plus de 20 minutes avec l’homme, mais seulement 5-6 questions posées car ses réponses sont détaillées et prenantes, et l’occasion de moments assez épiques. L’homme est drôle, passionné et à fond dans son travail avec une motivation impressionnante. En tout cas, en l’espace d’une semaine j’ai totalement redécouvert cet auteur, alors que je le lis depuis des années, grâce à notre échange ce jour là mais aussi dans deux excellentes interviews, celle de son artbook et celle de Coyote Mag. Je garde le suspens sur ce qu’on s’est raconté mais ne ratez pas la publication cette semaine sur Journal du Japon. C’était vraiment chouette, merci Sophie et l’équipe de Doki-Doki pour avoir mis ça en place.

Forcément, après ça, difficile de refaire aussi bien. Ça aurait presque pu, une heure plus tard, avec Ken Akamatsu, monsieur Love Hina / Negima  / UQ Holder, l’invité d’honneur en manga. Ce mangaka d’expérience avait l’air vraiment intéressant, et je pense qu’après un peu de travail on pourra en sortir un bon papier. Mais sur place c’est un peu parti en sucette. On devait donc être 5 rédacteurs à poser des questions, on a fini avec une salle pleine de monde, avec des cadreurs qui savent pas où se mettre car c’était no photo / ni video, et 10 personnes à parler. Merci Japan Expo d’avoir ajouté des médias sans les briefer. Malaises, questions qui partent dans tous les sens, un fan qui explique à Akamatsu que Negima lui a permis de rencontrer ses potes et sa femme – ok, c’est très mignon, mais c’est pas l’endroit quand on est 10 – un media qui squatte le temps de parole façon hold up, un recadrage nécessaire en plein milieu de l’interview par l’attaché de presse. Et pourtant je le redis, on devrait pouvoir faire un bon papier avec un peu de taf. Sans ça, on aurait probablement eu une superbe interview. Tant pis.

Une heure plus tard, c’est Yaya Han qui nous attend. J’avais un peu d’appréhension pour cette interview. Pas pour l’invité hein, bien au contraire. En préparant les questions j’ai découvert, en cette cosplayeuse mondialement connue, une personnalité très intéressante : self-made, passionnée, talentueuse, et fine analyste de son propre monde. Non ce qui m’inquiétais était que l’interview était assez proche de la suivante qui se déroulait à l’autre bout du salon. Donc, quand je vois le retard s’allonger au dela de 15 minutes je contacte une journaliste, je lui fais le topo des questions et je file en courant pour aller chez Bandai interviewer Ryo Myto sur le jeu Saint Seiya Brave Soldiers. Encore une fois, interview jeu vidéo intéressante et pas langue de bois. Bravo à Emilie et à Bandai d’une manière générale pour cette mouture 2015 : leurs staffs, leurs invités et leurs stands étaient vraiment cools !

L’interview de Yaya Han du coup ? Vous allez rire. Il est 17h25, je sors de l’interview Bandai et je reçois un texto de ma rédactrice : « J’attend toujours. » J’enclenche le turbo et quand j’arrive l’interview vient juste de commencer. Le retard est tel que, forcément, on nous presse d’aller au plus vite, mais le fait que les échanges se fassent directement en anglais permet de gagner un temps précieux, on finit just in time.

La journée se termine ensuite par une bonne bouffe autour de la team de JDJ sur Paris. On se raconte nos aventures, on trinque pour la première fois avec certains, avec toujours autant de plaisir avec d’autres. Les burgers, les frites et la bière étaient plutôt pas mal (du coté d’Oberkampf mais j’ai plus le nom en tête) et le serveur, qui aurait bien aimé aller à la Japan lui aussi, s’avère bien cool. Comme quoi la Japan Expo, ça parle à tout le monde de près ou de loin, j’ai l’impression.

Samedi : pour le plaisiiiiiiiir ♫

La matinée sera synonyme de bouchons et d’arrivée tardive, et je me morfond dans ma voiture de manquer copines Tatiana et Charlotte qui participe à la conférence sur l’histoire de la j-music en France. J’arrive à la fin donc – good damned – mais j’apprend que le tout a été filmé. Great. J’arpente donc un peu le salon, en attendant le début d’une fournée d’interview un peu spéciale : aujourdhui, la majorité des rencontres est planifiée par Super Sarah, l’une de mes héroïnes de RP de ce festival que je tenais à citer, car elle m’a fournit de beaux contenus inattendus, le tout avec sourire, zen attitude et simplicité. Un partenariat qui est, aussi, l’occasion d’enrichir nos interviews cultures, et ce n’est pas du luxe. En fait, depuis 2-3 ans, Wabi Sabi et l’espace culturel reste le seul domaine où l’on ne peut pas planifier des interviews en amont. Ne me demandez pas pourquoi, je n’en sais rien. Sans doute que notre media est trop petit pour les intéresser. Cette année j’ai encore multiplié les mails, demandé à Warning, à SEFA où même à des contacts, que dalle, c’est « démerde toi sur place et prie pour avoir un interprète ».

Wabi Sabi

L’an dernier ce fut donc système D avec ses hauts et ses bas mais cette année, youpi, j’avais un duo de RP au top (miss Amel, big up aussi) avec qui j’avais planifié moult rencontres. Avec les auteurs d’Ankama, pour commencer : Tony Valente est aussi passionnant en interview (même pour une deuxième rencontre) qu’il est talentueux pour faire un manga. Interview à venir ici en août pour la sortie de Radiant au Japon (félicitations !). Ensuite j’ai pu prendre quelques photos au début de l’interview avec les auteurs de City Hall et de Shôchu : un quator d’invité français qui se connaissent bien et qui aiment se chambrer, sous l’excellente direction aux questions de l’ami Olivier. J’ai hâte de lire le résultat car les 10 minutes que j’ai vu étaient prometteuses. Enfin il y a eu la belle Ein Lee : on a parlé de tout et de rien pour notre seconde rencontre, afin d’en savoir plus sur cette géniale illustratrice qui est aussi une amoureuse du Japon et de ses influences artistiques.

La journée se finit en musique, en deux temps et demi : interview de Back-on tout d’abord, que je n’ai pas pu voir en concert mais dont tout le monde me dit du bien. Il s’agissait de l’un des groupe phares de cette édition et l’occasion d’une bonne découverte : interview assez carrée, 4 jeunes gens qui savent où ils veulent aller et des leaders qui possèdent un charisme et une singularité indéniable. Bonne pioche.

Le demi-temps qui suit se fait avec le groupe de hard rock Yaiba et son leader Yasuharu TAKANASHI, un spécialiste de générique d’anime. Un peu de retard s’annonce, mais on nous installe gentiment en salle de presse. Ah mauvaise nouvelle, monsieur Takanashi ne pourra pas être là. On profite du retard pour réorganiser nos questions, 10 minutes passent à nouveau et on frappe à la porte. L’attachée de presse, contrite, nous explique que tout ce petit monde est reparti à l’hôtel. Interview annulée et non replacée. Déception forcément, un peu d’énervement aussi mais bon, l’invité Japan qui se barre de Japan, c’est pas la première fois, donc on fait avec.

On finit donc avec l’autre star musicale du salon, VAMPS, pour leur concert au live house… Euh la salle Yuzu… Ah non pardon Karasu ! Bref, la salle musique. Quelle bonne idée ce changement de nom, n’est-il pas ? Bref, j’arrive dans la salle et là choc auditif : Dempagumi est encore sur scène et la sono me perce les tympans, C’EST HYPER FORT SA MERE !!! Heureusement je dispose comme mes collègues de quoi me protéger les oreilles mais ce n’est pas le cas des centaines de personnes présentes. Si le son me pose problème, donc, il parait qu’il fut mieux géré sur d’autres concerts, donc étiquetons ce cas comme un couac passager. Surtout que dans cette salle il y a aussi de très chouettes jeux de lumière dont on profite tout du long sur le concert de VAMPS. Au bout d’une petite décennie de travail la salle de concert de Japan Expo commence à avoir de l’envergure. Cool.

Scene JE

Je profite de parler concert pour évoquer l’histoire des gilets jaunes. 50 gilets pour toute la presse, un gilet par media et premier arrivé premier servi, avec obligation de le ramener le soir même. Pas d’gilet, pas d’photos (et donc pas d’palais). Je pense que les 3/4 des gens ont découverts ça sur place, y compris quand il n’en restait plus. Au final ? L’idée du gilet est plutôt pas mal tout compte fait, même si l’attribution est encore bancale. On demande ce genre de restriction en fosse photo depuis des années pour éviter de se marcher dessus. Si le système est pérennisé et optimisé, je dis pas non, franchement.

Et donc, revenons au concert de VAMPS lui-même. Je me cale dans un coin de la salle, donc, et j’assiste à 30 minutes désastreuses du duo Hyde / KAZ. Désastreuse surtout par la bouillie sonore que l’on nous sert : c’est toujours hyper fort, saturé souvent, et même Hyde ne cesse de se retourner en hurlant à son staff qu’il n’a pas de retour. Preuve du couac : intermède musical au piano, sans les vedettes, après 20 min de concert. On se dit tous que ça doit pas mal tempêter en backstage. Heureusement le piano finit par achever son interlude et retour de VAMPS sur scène, qui laisse progressivement tomber ses morceaux récents pour revenir aux classiques qui ont fait le succès du groupe. La salle apprécie et commence à prendre du plaisir… même chez les fans exigeants ça commence à se trémousser (Kevin B., on t’as vu, lâche ce sifflet veux-tu !). En même temps avec son déhanché et le fait qu’il soit quasiment torse-nu notre chère Hydounet a bien vendu son corps… Coquine, va ! Le meilleur moment sera un rappel vraiment pêchu, fait de plusieurs morceaux qui plus est, déchaînant enfin le public. On en est ressorti content, finalement.

Et après un bon concert, rien de tel qu’un nouveau repas entre amis. Japan Expo sans ses bonnes bouffes ce ne serait pas vraiment Japan Expo non plus, voyons !

Bieeeere !

Dimanche : on remballe, mais en musique !

Ah il fait enfin frais ce matin sur Villepinte ! Oui je ne l’avais pas évoqué jusque là, mais rendons hommage à tout les exposants qui ont cramé (j’ai même lu « fondu » le mercredi, sur les réseaux sociaux ^^) pendant toute la semaine de Japan Expo, du montage au démontage. Cela dit, la climatisation s’est révélée assez efficace sur le salon et c’est surtout le soir vers 18h en sortant de Villepinte qu’on comprenait la fournaise qu’ont été ces journées. Sur le salon tant qu’on était à l’ombre ou sous la clim (et donc RIP aux exposants de l’allée centrale)… ça allait.

Sinon, en ce dimanche, peu de choses à dire sans me répéter : interview culture en tandem avec Audrey pour parler de chambara (l’interview découverte par excellence, c’était cool), seconde visite du salon avec mes chers photographes Gally et Soara, on papote, on fait quelques photos et on se dirige enfin vers la partie culture du salon pour assister à deux performances : Kirie, pour une toute nouvelle prestation après sa venue en 2014, toujours aussi onirique (photo ci-dessous) ainsi que le show tout aussi barré et gracieux du calligraphe Houkou Nakashima, qui avait l’air assez touché d’être là. On vous montrera des photos de tout ça prochainement. Cette heure sur le stand culture le temps d’un éclair la pétillante Hana, j’espère qu’on pourra se poser plus longtemps un de ces 4 madame !  Je pourrais dire la même chose – qu’on se croise plus longuement s’entend – de la partie culture et art de vivre d’ailleurs, tellement vaste et éclatée sur les différents points du salon que j’ai l’impression d’être passé à travers. Note à moi-même : trois jours c’est vraiment court pour profiter de Japan, donc moins d’interviews et plus de salon en 2016 ? On essaiera, car sans l’heure entre 18 et 19 qui était parfaite pour s’y balader, c’est un peu compliqué.

Kirie

Pour ce dernier jour c’est carrément à 16h que je dois partir car le groupe de The Bawdies nous attend à la Boule Noire ce soir, après leur concert de la vieille aux Eurockéennes de Belfort. Une interview est même prévue avant que le groupe ne se jette sur scène. Juste avant de partir, j’accompagne l’ami Jean-Baptiste sur l’interview senior 2015 : cette année il rencontre Kobayashi-san ! On rigole mais l’interview est super intéressante, les 15 minutes sont diablement courtes pour écouter tout ce que ce joli nom de l’animation a à nous dire. Une fois ce dernier échange bouclé pour moi, je salue un maximum de gens – dont le sourire et l’épuisement montre qu’ils sont contents de voir le bout de cette édition, et je croise les doigts pour la dernière interview majeure pour l’équipe de JDJ : Yoshiyuki Sadamoto, le graal de nombreux passionnées de japanime sur cette édition, mais qui a déjà 15 minutes de retard au moment où je m’envole loin de Villepinte.

Sadamoto sera finalement une des grosses déceptions du salon. L’agent et l’interprète m’avait prévenu en amont : c’est assez tendu. Et c’est bien connu que sur le dimanche de JE, la pression et la fatigue ne font pas souvent bon ménage. Pour gagner du temps, on nous prend notre feuille de question, qui sont posées directement à l’artiste. Nos journalistes font alors office de plantes vertes et à la première tentative pour rebondir, on nous fait comprendre que ce ne sera pas possible. Comme une interview par mail, avec malaise et stress en plus. Toutes les stars de notre enfance ne sont pas toujours des gens que l’on gagne à rencontrer en live. Pas à Japan Expo un dimanche en fin de salon en tout cas.

Pendant ce temps, je profite d’un périphérique fluide et nous avons même le temps de boire un verre dans un café avant d’interviewer The Bawdies, ce groupe tout droit sorti des années 50-60, avec leur look de Beatles et un groove de James Brown. Après les avoir présenté il y a 3 ans et de manière biographique ici, j’ai rebondi sur une interview très intéressante du groupe dans Zoom Japon pour creuser un peu le sujet et vous proposer, très bientôt, un portrait de ces 4 artistes qui ont admirablement pris leur destin en main. Le concert qui s’en suivra ce dimanche soir sera moyennement remplit mais le public sera en transe et repartira conquis. C’était juste génial, et ces 4 gars transmettent une énergie folle. Ironie de la chose, le meilleur concert du weekend de Japan Expo n’aura donc pas eu lieu à Japan Expo, mais aux Eurockéennes puis à la Boule Noire.

Le mot de la fin…

Et donc, comme je vous l’ai dit en introduction, cette cuvée 2015 était plutôt chouette en ce qui me concerne. Une gestion compliquée en amont, qui marque aussi de son emprunte cette édition mais comme le disait une attachée de presse de Warning elle-meêm : Japan Expo, c’est tout un processus qui se finit sur ces 4 jours. D’autant que tout est bien qui finit assez bien. Japan Expo coté presse reste une aventure épique, et l’enthousiasme de mes rédacteurs qui le vivait de cette façon pour la première fois me fait dire que la magie est encore là, au moins par moment, et qu’on se décarcasse pas pour rien puis que l’on ressort toujours avec de bonnes choses sur un plan purement journalistique.

Donc, oui, bilan Japan Expo 2015 positif after all !

Doraemon

Remerciements aux équipes de Warning et de SEFA pour la mise en place et la gestion de cette édition, merci évidemment à tous les amis de JDJ (j’aime mes rédacs’, c’est grave docteur ?), un big smile and hug aux délicieuses RP ces rayons de soleil de la salle de presse. Merci à Jérome et Remi aussi, hein, je ne vous oublie pas ! Enfin une poignée de main et une bise à tous les collègues (la bise pour le mecs et la poignée de main aux filles hein, bien sûr !), toujours prêt pour le coup de main et toujours sur la même longueur d’onde pour faire du travail de qualitaaaay.

Et merci aux artistes, qu’ils aient ou non franchi le globe, rien ne serait possible sans eux !


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