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[Critique] THE LAST SHIP – Saison 1

Par Onrembobine @OnRembobinefr
[Critique] THE LAST SHIP – Saison 1

Titre original : The Last Ship

Note:

★
★
★
½
☆

Origine : États-Unis
Créateurs : Hank Steinberg, Steven Kane
Réalisateurs : Jonathan Mostow, Jack Bender, Paul Holahan, Sergio Mimica-Gezzan, Michael Katleman, Onalee Hunter Hughes, Brad Turner.
Distribution : Rhona Mitra, Eric Dane, Adam Baldwin, Travis Van Winkle, John Pyper-Ferguson, Bill Smitrovich, Alfre Woodard, Titus Welliver…
Genre : Action/Science-Fiction/Drame
Diffusion en France : M6
Nombre d’épisodes : 10

Le Pitch :
Après avoir passé plusieurs mois en Arctique, pour une mission top secrète, l’équipage de l’USS Nathan James, un destroyer de la marine américaine, découvre que la majeure partie de l’humanité a été décimée par un terrible virus. Rachel Scott, une scientifique présente à bord, révèle alors ses véritables motivations, à savoir trouver un vaccin au plus vite pour enrayer la pandémie…

La Critique :
Michael Bay nous a prouvé que si il était capable du pire (tous les Transformers), il pouvait aussi livrer de très bons films (Rock, No Pain No Gain…). Si il est finalement assez peu impliqué dans la production de The Last Ship, son nom au générique pouvait générer quelques doutes quant au bien fondé de cette série militaro-post-apocalyptique. Au final, si, encore une fois, il ne fait juste que produire, cette histoire de virus et de destroyer porteur d’un espoir pour les survivants, est à ranger dans la catégorie « réussites » pour le cinéaste américain.
À première vue, rien ne laissait présager que The Last Ship soit remarquable d’une quelconque façon. Avec son intrigue vaguement intriguante, aux multiples références affichées, plus ou moins prestigieuses, et son casting hétéroclite, réunissant notamment une star de Grey’s Anatomy et une des actrices les plus badass de ces 10 dernières années, The Last Ship pouvait constituer aussi bien un honnête divertissement qu’un truc insipide comme on en voit tant.
Si il convient de parler de bonne surprise, c’est tout simplement car le show se contente d’une certaine façon d’exploiter à fond son postulat de départ sans chercher à se poser trop de questions.

The-Last-Ship-Rachel-Scott

Au fond, nous voici devant une série assez similaire à The Walking Dead. Si on fait exception du bateau de guerre et que l’on remplace le virus zombie par un virus plus classique, c’est plus ou moins la même tambouille. À l’instar du phénomène adapté des comics de Robert Kirkman, la production Michael Bay prend place dans un monde post-apocalyptique, dans lequel les survivants s’entretuent. Le danger est partout, etc…
La différence finalement, se joue du côté de l’action et de la rythmique. Contrairement à The Walking Dead qui a très tôt affiché des prétentions assez élevées, en s’enlisant au fil des saisons dans une routine parfois un poil soporifique, The Last Ship livre une première saison très enlevée. Les 10 premiers épisodes passent comme une lettre à la Poste pour la simple et bonne raison qu’il se passe toujours quelque chose à l’écran. Les recherches sur le virus avancent vite, les intrigues sous-jacentes offrent leur lot de bastons, de batailles navales et de fusillades, et les personnages sont tous relativement bien exploités. Rien de complexe là-dedans mais un authentique soin apporté à la progression constante d’un récit amené à évoluer. En vase clos, avec son équipage rassemblant diverses sensibilités, et proposant un éventail de clichés parfaitement intégrés et assumés, le scénario fait office de concentré pur jus de plusieurs dynamiques ayant fait leurs preuves. À mi-chemin entre le post-apocalyptique, le drame humain et l’action brutale, The Last Ship touche dans le mille car elle reste focalisée sur ses objectifs.
Le fait que la mise en image soit en somme toute assez fastueuse et donc très convaincante, ajoutant indéniablement un plus. En cela, le fait d’avoir confié la réalisation du pilote au solide Jonathan Mostow (Terminator 3, Breakdown) s’avère très judicieux. Ce dernier envoie du lourd, s’arrange avec le format série et ses limites budgétaires et dessine des contours nets et précis que les autres metteurs en scène respectent, conférant in fine à la série une belle unité, là encore assez rare.

Nous ne sommes pas ici dans le genre de série qui entend choquer ou encore révolutionner la création télévisuelle. On pourrait d’ailleurs carrément positionner The Last Ship dans une tradition très 80/90’s, même si les moyens, plutôt importants, et la violence, croissante, affirment clairement la modernité d’un show qui va plus loin que les apparences ne pourraient le laisser croire.
Quelque part, The Last Ship évoque Lost, mais aussi des œuvres plus anciennes comme le film Nimitz, Retour vers l’enfer, tandis que le titre fait référence au Dernier Homme, le roman de Mary Shelley, la maman de Frankenstein.
Devant la caméra, force est de reconnaître qu’Eric Dane, le docteur Glamour de Grey’s Anatomy, fait preuve d’une intensité dramatique solide, bien loin de ses sourires de beau gosse de son rôle le plus populaire. À ses côtés, Adam Baldwin ou encore John Pyper-Ferguson apportnte respectivement toute la testostérone et le second degré nécessaires à la bonne tenue de l’ensemble. Rhona Mitra, quant à elle, constitue ni plus ni moins que l’un des gros points forts. Capable d’incarner une vraie gravité tout en imposant un charme indéniable, l’actrice prouve à quel point elle est douée. Sans forcer, tout en retenue, elle emporte une nouvelle fois l’adhésion après nous avoir notamment assi dans Doomsday.

The Last Ship ne va pas bousculer l’ordre établi ni imposer un nouveau genre de série capable de changer la donne. Loin s’en faut et de toute façon, là n’est pas le propos. Tout ce que The Last Ship fait, c’est proposer un divertissement honnête, franc du collier, efficace et bien emballé. Aussi convaincante dans l’action que dans le drame, portée par des enjeux simples mais massifs, elle fait parfaitement le job. Bien plus que beaucoup de ses concurrentes directes dont les prétentions n’ont d’égal que leur propension à ne jamais s’assumer pour ce qu’elles sont.

@ Gilles Rolland

The-Last-Ship-saison-Eric-Dane-Rhona-Mitra
Crédits photos : TNT / M6


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