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Regarder vers l’inconnu

Par Tsilia

Algérie 2012

Algérie - 25 décembre 2012


Nous n’avons jamais été autant dans le flou. Le regard complètement tourner vers l’inconnu…
Nous le savions, nous le savons tous, l’expatriation a une grande part de mystère. On décolle pour un pays inconnu, pour un temps assez incertain et du jour au lendemain nous pouvons être envoyé vers un autre pays inconnu. Mais même en le sachant, une fois dedans, l’expérience est bien différente. Une fois dedans, le savoir est une chose, le vivre en est une toute autre !
Alors, c’est ainsi, dans trois mois et demi, notre “mission” à Djibouti se termine. Mi-novembre, nous sommes censé partir, quitter ce pays.
Mi-novembre… C’est si proche !
Nous aimons ce pays, nous aimons notre vie ici. Parce qu’elle est provisoire, bien sûr. Mais aussi parce que nous en aimons chaque saveur. Parce que nous en acceptons les mauvais côtés, les inconvénients. Parce que c’est comme ça. Alors nous espérions pouvoir renouveler d’un an notre aventure. C’était possible, il y a le potentiel, les interlocuteurs d’ici sont motivés pour ça.
Mais voilà, ce matin, un coup de fil, une décision prise à l’autre bout du Monde, bien loin de la réalité d’ici, et une page doit se tourner. Ça ne se fera pas…
Il y a encore un petit espoir. Pas dans les conditions actuelles, pas avec la même entreprise, peut-être en se faisant embaucher directement sur place. Car les entreprises d’ici avec lesquelles mon Homme travaille veulent vraiment qu’il reste. Ils parlent même de deux ans ! DEUX ANS ! Mais ce n’est qu’une possibilités. Une hypothétique hypothèse.
Et, sinon ? Et bien… sur le coup, nous avons été déçu. Que ça se finisse ainsi, si vite, si brutalement, même si c’est le propre de l’expatriation. Paniqué aussi, de ne pas savoir où nous devons aller dans trois mois.
Et puis, nous avons ouvert les yeux. Une page se tourne, mais le reste du livre est encore à écrire. Nous ne sommes pas tout à fait près à revenir en France. Le Monde entier est une possibilité maintenant. La suite ne se fera certainement plus avec l’entreprise de mon Homme. Et ça change tout. Nous pouvons aller où nous voulons, dans n’importe quel pays. Nous avons des économies grâce aux efforts et aux sacrifices de ces quatre dernières années donc nous savons que, quoiqu’il arrive, nous pouvons rebondir sans casse.
Rien n’est joué, ce n’est peut-être pas encore terminé pour Djibouti. Mais sinon, et bien tant pis, nous irons ailleurs.
Nous ne savons pas quand nous le saurons, nous ne savons pas où nous irons. C’est perturbant, tout autant qu’excitant. Nous nous inquiétons parfois par rapport à Doudou. Mais au vu de son adaptation ici, nous nous rassurons vite. Tout ce qui compte, c’est que nous restions ensemble.
Nous n’avons jamais été autant dans le flou. Ni jamais autant sereins.
Algérie 2011

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