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Papa Lumière (2013) d’Ada Loueilh

Par Bullesdeculture @bullesdeculture

Papa Lumière  (2013) d’Ada LoueilhAda Loueilh décide dans son premier long-métrage, Papa Lumière, de s'appuyer sur le talent de Niels Arestrup pour évoquer la situation tragique des expatriés français de retour de Côte d'ivoire lors des affrontements en 2011. Notre avis :

Synopsis : Jacques (Niels Arestrup) débarque d'Abidjan où il a été rapatrié d'urgence. Il ramène avec lui sa fille, Safi (Julia Coma), qu'il a eu avec une ivoirienne, restée au pays. Sans nouvelle de cette dernière, le duo doit trouver de nouveaux repères et s'adapter à la dure vie française. Sans ressource, ils vont se battre au quotidien pour survivre entre centres d'accueil et croix rouge.

Niels Arestrup, une force tranquille

Niels Arestrup, c'est toujours un attrait phénoménal pour un film ! Celui qui a un emploi du temps surchargé, entre théâtre et cinéma, incarne ici avec brio un personnage paumé. Il utilise encore une fois son charisme légendaire pour porter le spectateur dans une histoire de vie. Quand il parle, on l'écoute ! Comme toujours, on le sent d'un tempérament d'acier, notamment lorsqu'il passe un entretien d'embauche avec un cadre dirigeant d'un magasin alimentaire. Son discours, d'une vérité sociale cinglante, met au tapis son interlocuteur. On peut dire que l'acteur incarne la force tranquille avec son intonation lente mais maîtrisée.

Face à lui, on retrouve une jeune actrice pleine de vie et de passions. Julia Coma découvre le métier mais elle est tout de suite immergé dans un rôle intense et complexe. Elle doit incarner Safi, hantée par la rage d'avoir laissé sa mère au pays tandis qu'elle se retrouve avec un père dont elle ne veut pas. L'actrice donne beaucoup de sincérité à ce rôle touchant. Elle forme avec Niels Arestrup un couple accrochant.

De la souplesse dans la mise en scène

La mise en scène d'Ada Loueilh est d'une légèreté plaisante. Avec ce film, on évite l'écueil d'un discours lourd sur un contexte politique difficile. On est dans un témoignage de vie sans aucun jugement. On est d'ailleurs fasciné de voir comment la réalisatrice arrive à filmer la proximité de ses protagonistes, d'une caméra proche et fluide. Pour autant, le discours n'en est pas simplet. On est confronté à une réalité affligeante composée de personnes qui ont tout abandonné pour fuir le conflit en Côte d'Ivoire. Parmi eux, beaucoup de français pour lesquels le gouvernement de l'époque a été incapable de leur apporter une aide conséquente.

Le choc dramaturgique le plus poignant est certainement l'absence constante de la mère. Même si on la voit très peu, on ressent tout le temps sa présence tellement elle est dans le coeur des personnages. Tantôt décrite comme une prostituée amorale, tantôt femme courageuse, c'est un choix judicieux dans la réalisation de créer ce manque, emportant une tension dramatique poussée.

Papa Lumière fait donc parti de ces petits films français qu'on a envie de soutenir car il porte un message dur avec une subtilité touchante.

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