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Mes vacances avec...Ambai (2)

Par Laurielit @bloglaurielit

de haute lutte ambaiJe ne connaissais pas cette auteure, j'ai découvert son monde, sa culture, la place des femmes dans la société indienne.

"Celle-ci (sa mère) lisait de la poésie moderne qui faisait fi de ces conventions, mais quand sa fille lui demandait pourquoi elle n'avait pas le droit, elle aussi, de déroger aux contraintes formelles, elle lui répondait qu'il fallait connaître les règles à la perfection pour les transgresser. On ne pouvait violer une frontière sans en avoir d'abord fixé le tracé."

Au travers de 4 nouvelles, Ambai met en scène les femmes, leur lutte au sein de la société indienne. Il est intéressant de comprendre que les femmes ne sont pas soumises aux hommes. Certes on décide de les marier, certes elles leur appartiennent mais ces femmes affrontent le regard de leur mari, ont le pouvoir d'élever la voix et de signifier leur mécontentement ou avis. Si de prime abord les hommes semblent les mépriser, en fait il n'en est rien. Les hommes les respectent profondément et se voient parfois bien contraints de les écouter. Alors bien-sûr c'est une lutte, perpétuelle pour les femmes. Bien-sûr on ne parlera pas d'égalité mais les femmes s'instruisent et sont là, agissent dans l'ombre. C'est ce que ces 4 nouvelles mettent en scène avec 4 femmes différentes (une jeune fille, une jeune mère, une femme mariée, une femme avec des enfants). J'ai beaucoup aimé et beaucoup de respect pour cet affrontement quotidien de ces femmes, cette conquête de micro-libertés à continuellement acquérir et défendre. Il y a également dans chaque nouvelle la présence de l'art : peinture, musique, poésie...la culture est bien la toile de fond de cette relation homme-femme.

La nouvelle que j'ai préférée "Les ailes brisées" est peut-être celle où à l'inverse de ce que je viens d'écrire, la femme est la moins écoutée mais j'ai aimé la manière dont elle luttait. La nouvelle débute ainsi:

"Prohiber les grosses bedaines, les poitrines grasses et flasques sur les corps masculins, se dit Châyâ. Il fallait des lois. Elle en avait élaboré un certain nombre dans sa tête. Une loi contre le mariage des hommes au torse lisse et glabre. Une loi pour interdire le baiser aux mâcheurs compulsifs de bétel (leurs dents virent au rouge des cristaux d'étain écrasé). Une loi pour confisquer leur bourse aux maris qui en serrent les cordons dès qu'ils voient leur femme poser un regard de convoitise sur un objet qui lui plaît. Et bien d'autres encore."

L'écriture est soignée, précise. Le format "nouvelles" est parfaitement adapté à la mise en lumière de la place de la femme dans la société indienne. Avec beaucoup de finesse et de libre expression, l'auteure m'a embarquée dans ce livre que je conseille fortement tant pour le plaisir littéraire que pour la connaissance plus profonde qu'il nous offre des femmes indiennes. Il y a un glossaire à la fin du livre pour éclairer le lecteur sur les termes, les rituels, les divinités évoqués dans le livre mais personnellement je ne l'ai pas utilisé (je déteste être coupée dans ma lecture par la recherche d'une définition) et cela n'entrave pas le fil de l'histoire. Ce livre a été traduit du tamoul avec brio je trouve et vous aurez reconnu la très belle couverture et patte des éditions Zulma.

L'avis de Jostein (que j'ai découvert grâce au projet "68 premières fois" tout récemment) :-)


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