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Un roman misérabiliste sur la misère n’est pas un roman picaresque !

Par Citoyenhmida

Minna SIF a l’honnêteté intellectuelle de reconnaître que le titre son opus MASSILIA BLUES, paru chez les ALMA EDITEUR en décembre 2012 est ” une proposition de Achmy Halley, directeur de la villa Marguerite Yourcenar, lieu de résidence d’auteurs situé dans les Flandres”.

MASSILIA

Le lecteur est également averti que “l’auteur a bénéficié pour la rédaction de ce livre d’une résidence d’écriture à la Villa Marguerite Yourcenar et d’une bourse du Conseil Général du Nord!

Drôle de montage pour un roman dont le fil conducteur est MARSEILLE et le point névralgique la Porte d’Aix, quartier populaire de la capitale phocéenne!

On dirait même une commande et ce sentiment se confirme dès les premières pages du roman!

Autour d’un certain BRAHIM, sans papier et sans domicile fixe, refusant de se plier aux règles d’accueil en France, l’auteur va nous présenter une longue série de personnages marginaux qui fourmillent dans ce quartier!

Est-ce assez pour faire de ce roman “un roman picaresque” comme le prétend la quatrième de couverture?

Sur près de 400 pages, Mina SIF tente dans une belle langue française, riche, élaborée, travaillée au ciseau, de nous faire entrer dans un monde pouilleux, peuplé de clochards, de prostituées, de dealers, tous venus d’ailleurs, et qui n’ont rien à voir avec la langue utilisée par l’auteur!

La narratrice dispose, de par son état d’écrivain public à l’entrée d’un bureau de poste, d’un point de vue idéal sur ce “lupemprolétariat” marseillais.

Mais la description qu’elle en réalise semble être animée par le seul désir de mettre en exergue la misère, encore la misère et toujours la misère, matérielle, humaine, psychologique des habitants de ce quartier!

La formation de “journaliste reporter d’images” de Minna SIF serait-elle à l’origine de cette vision des choses?

En tous cas, la lecture de ce roman peut dans une certaine satisfaire la curiosité et éventuellement susciter la compassion des lecteurs français pour les sans-papiers qui peuplent Marseille et d’autres villes françaises!

Pour ma part, je n’ai trouvé aucun plaisir spécial à découvrir, chapitre après chapitre, la déchéance de Brahim, le clochard, ni les mésaventures de Saddek, le petit voyou mi-protitué mi-gigolo, ni les déboires de Zina, la prostituée gougar, ni les élucubrations du fqih charlatan, ni les malheurs du père alcoolique et fumeur de kif, ni les malheurs des filles mariées de force!

Trop de clichés, et surtout des clichés mal rendus dans une langue qui se veut belle mais qui n’a aucune prise sur le lecteur!

Je voudrais juste que Minna SIF nous explique pourquoi dans ce quartier de Marseille elle n’a croisé aucun être humain qui ait un début de commencement de qualité humaine!

On lui a demandé de décrire la misère, elle l’a fait : il se trouve qu’elle l’a mal fait!


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