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Israël en Egypte, oratorio de Georg Friedrich Häendel dirigé par Geoffroy Jourdain (1738)

Par Mpbernet

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On apprend plein de choses en lisant les programmes de concerts. Celui du festival de La Chaise Dieu est plein d'enseignements. Par exemple, que Häendel, Bach et Scarlatti sont nés la même année, en 1685 ... Ils se sont donc "abreuvés" aux mêmes sources, mais leur génie personnel les a conduits à des styles fort différents. Et qu'à cette époque, on n'hésitait pas à reservir dans une oeuvre des morceaux qu'on avait déjà composé pour une autre, ou même "emprunter" certains passages à d'autres compositeurs ...

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Il faut dire que cette 49ème édition de la manifestation créée à l'initiative du pianiste Georges Cziffra et de son fils Georgy rassemble du beau monde ... Extraordinaire plateau de grands artistes réunis à La Chaise Dieu, un village "in the middle of no where" ... un festival international de haute exigence, qui fut très efficacement soutenu par les hommes politiques de la région, en particulier Jacques Barrot, trop tôt disparu en 2014 et auquel ce consert d'ouverture était dédié.

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Nous avions fait plus de quatre heures de route pour cette soirée inaugurale du festival. Cela en valait vraiment la peine.

Ambiance raffinée, de nombreux mélomanes dans le choeur et les stalles plus de toute première jeunesse (comme Claude et moi !), mais une belle jeunesse sur l'estrade installée en hauteur : 32 choristes plus les solistes - dont les sopranos Rachel Redmond et Adèle Carlier, le ténor haute-contre Samuel Boden, Geoffroy Buffière et Christophe Sam, les barytons-basses, l'ensemble "Les Cris de Paris" et l'orchestre (25 exécutants) "Les Siècles".

Disons tout de suite que l'émotion ne se décrit pas. Plus de deux heures de musique baroque, pour ma part jamais entendue. Un enchantement au sens littéral du terme.

De Häendel, on écoute toujours "Le Messie" et son fantastique final "Allelluïa" (composé 3 ans plus tard). Ici, l'oeuvre a beaucoup moins été jouée et se déroule en 39 chants plus ou moins longs, mais qui, chacun, représente une petite merveille.

J'ai particulièrement remarqué le timbre et l'ampleur du ténor Samuel Boden, dont la biographie précise qu'avant de se lancer dans le chant, il était cuisinier (!), ainsi que les prestations des deux barytons-basses. Quelle énergie, quelle jeunesse !

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Le public était enthousiaste. C'est vraiment une manifestation exceptionnelle, dans cette majestueuse abbatiale Saint Robert construite au XIVème siècle pour le monastère opulent de la cité, puis reconstruit par Clément VI, qui n'oublia pas de faire sculpter de son vivant son gisant. Depuis lors, on dirait que c'est pour lui, étendu tiare à trois couronnes en tête sur une dalle de marbre noir au milieu du saint des saints, que l'on joue cette musique sacrée.

En bonus : ici en haut à droite : un diaporama de quelques images de La Chaise Dieu et Le Puy, avant les trombes d'eau.


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