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Walter sickert

Publié le 24 août 2015 par Aelezig

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Walter Richard Sickert, né le 31 mai 1860 à Munich en Allemagne et décédé le 22 janvier 1942 à Bath dans le Somerset en Angleterre, était un peintre postimpressionniste anglais. Sickert fut un artiste excentrique qui privilégiait les sujets et les scènes populaires dans ses peintures.

Son père, Oswald, est allemand et danois, et sa mère, Eleanor, la fille illégitime de l'astronome Richard Sheepshanks. Jeune, Walter est envoyé à la King's College School de Wimbledon, où il fait ses études jusqu'à l'âge de 18 ans. Tout en étant fils et petit-fils de peintre, il commence d'abord une carrière d'acteur et fait quelques apparitions dans la compagnie de Sir Henry Irving avant de s'initier à l'art comme assistant de James McNeill Whistler. Plus tard, il vient à Paris et rencontre Edgar Degas, dont les innovations sur la composition de l'espace pictural et le style graphique auront une forte influence sur son œuvre.

Il développe sa vision personnelle de l'impressionnisme, favorisant des coloris sombres donnant des effets saisissants et surnaturels. Suivant les conseils de Degas, Sickert peint en atelier, travaillant de mémoire et d'après des croquis comme pour échapper à la « tyrannie de la nature ». Les premières œuvres de Sickert sont des évocations de scènes de music-halls de Londres, souvent dépeintes d'un point de vue complexe et ambigu. Ainsi, les relations spatiales entre l'orchestre, le public et l'artiste deviennent confuses, de même que les gestes des figures dans l'espace ou se reflétant dans un miroir. Les gestuelles isolées des chanteurs et acteurs ne semblent se tendre vers personne en particulier, et les membres du public sont portraiturés s'étirant et contemplant des choses non visibles dans l'espace pictural. Ces thèmes de confusion et d'incommunicabilité deviendront un trait caractéristique de sa peinture. Sickert s'est aussi concentré sur les motifs de papier peint dans ses tableaux, créant des arabesques décoratives abstraites, aplanissant l'espace tri-dimensionnel. Ses peintures, comme celles de Degas représentant des danseuses et artistes de café-concert, font la connexion entre l'artificialité de l'art en lui-même et les conventions de la performance théâtrale et le décor peint. Plusieurs de ses œuvres sont exposées au New English Art Club, un groupe d'artistes influencés par le réalisme français auquel Sickert est associé. À cette époque, Sickert passe la plupart de son temps en France et surtout à Dieppe où sa maîtresse et son fils illégitime vivent.

1905 portrait of lady noble

Juste avant la première guerre mondiale, il soutient des artistes d'avant-garde Lucien Pissarro, Jacob Epstein, Augustus John et Wyndham Lewis. À la même époque il fonde, avec d'autres artistes, le Camden Town Group des peintres britanniques. Le groupe est influencé par le postimpressionnisme et l'expressionnisme mais se concentre sur des scènes de la vie urbaine.

En 1907, Sickert s'intéresse au « meurtre de Camden Town », l'assassinat d'une prostituée. Il peint plusieurs versions d'une scène dans laquelle un homme costaud se tient assis dans une pose désespérée sur un lit, une femme nue est étendue à ses côtés. Certaines fois, il expose ce tableau sous le titre What shall we do for the rent? (Qu'est-ce que nous devons faire pour payer le loyer ?) (impliquant que l'homme s'est redressé ayant peur de ne pas payer ses dettes tandis que sa femme dort), d'autres fois comme « le meurtre de Camden Town » (impliquant que l'homme vient juste de tuer la femme à ses côtés). Ce jeu sur les interprétations multiples de la même scène est le développement d'un genre pictural intitulé « image problématique ».

Son intérêt pour le genre narratif victorien a aussi influencé son œuvre la mieux connue Ennui, dans lequel un couple dans une pièce minable fixe le vide, montrant l'absence de communication. Dans ses dernières œuvres, Sickert adapte les illustrations d'artistes victoriens comme Georgie Bowers et John Gilbert, sortant les scènes hors de leurs contexte et les peignant comme des affiches où la narration et l'environnement spatial se dissolvent. Il nomme ces peintures ses "échos". Dans les années trente, Sickert fait des peintures copiées sur des photographies, il quadrille les photos pour pouvoir les agrandir sur la toile, le carroyage restant visible sur les œuvres terminées, ce qui annonce pour ses contemporains une preuve du déclin de l'artiste...

Il est considéré comme un représentant marginal de la transition entre l'impressionnisme et le modernisme et une influence importante du style de l'avant-garde britannique des années vingt.

Un des plus proches amis et soutien de Sickert est le magnat de la presse Lord Beaverbrook, qui accumulera la plus grande collection de peintures de Sickert dans le monde.

1908 the camden town murder

Sickert et Jack l'Eventreur

Récemment, le nom de Sickert a été associé à celui de Jack l'Éventreur. Le peintre lui-même fut intéressé par les crimes du tueur en série et croyait avoir habité dans le même logement que lui, se basant sur les dires de sa propriétaire qui suspectait un précédent locataire. Il peignit la chambre de ce logement, un espace sombre, menaçant, presque confus, et l'intitula Jack the Ripper's bedroom (la chambre à coucher de Jack l'Éventreur). 

En 1976, le livre de Stephen Knight Jack the Ripper : The Final Solution prétend que Sickert avait été forcé de prendre part, comme complice, aux meurtres de l'éventreur. Ses sources proviennent d'un homme qui déclare être le fils illégitime du peintre. Cette hypothèse fait partie de la théorie de la conspiration royale (hypothèse selon laquelle un membre de la famille royale fut Jack l'Éventreur).

Jean Overton Fuller, dans Sickert and the Ripper Crimes (1990), considère que Sickert est le meurtrier et non un complice. Mais les opinions de Knight et Fuller ne sont pas acceptées par tous les spécialistes de l'Éventreur...

En 2002, l'auteur de roman policier Patricia Cornwell, dans Jack l'Éventreur : affaire classée - Portrait d'un tueur, présente sa théorie de la culpabilité de Sickert. Elle pense aussi qu'il a commis ces crimes. Elle base ses assertions sur des comparaisons d'ADN, l'interprétation des peintures et croquis, des comparaisons concluantes des papiers des lettres de Sickert et de celles de l'Éventreur, et la supposition que Sickert souffrait d'une malformation congénitale du pénis qui, d'après elle, le rendait incapable d'avoir des relations sexuelles, ce qui aurait donné un mobile à ses crimes.

1915 brighton pierrots

Cornwell a acheté 31 peintures de Sickert et, paraît-il, aurait détruit une ou plusieurs de ces toiles en recherchant l'ADN de Sickert, une accusation qu'elle a démentie. Elle a analysé nombre d'enveloppes et de timbres dont elle pensait qu'ils contenaient des traces de salive de Sickert, qu'elle comparait avec les enveloppes et timbres des lettres supposées écrites par Jack l'Éventreur et envoyées à Scotland Yard. Plusieurs de ces lettres ne contenaient aucune trace d'ADN, ce qui n'est pas surprenant étant donné leur âge et les conditions de conservation. Les critiques de sa théorie notent que les comparaisons se sont seulement concentrées sur l'ADN mitochondrial, qui serait identique pour 1 % à 10 % de la population. Les critiques notent également que plusieurs, sinon toutes les lettres sont considérées par la plupart des experts en la matière (y compris Scotland Yard) comme des canulars. Même si Sickert avait écrit une ou plusieurs des lettres considérées comme ayant été émises par Jack l'Éventreur, ce seul élément ne prouverait pas qu'il soit réellement le tueur.

L'affirmation de Cornwell considérant que Sickert ait eu un pénis déformé a également été contestée. L'artiste est connu pour avoir eu plusieurs épouses et maîtresses, et plusieurs enfants. Ceci semble infirmer la théorie selon laquelle Sickert ne pouvait pas avoir de relations sexuelles.

Plus problématique pour la théorie de Cornwell est le fait qu'un certain nombre de lettres de Sickert situent l'artiste en vacances en France pour une durée qui couvre les dates de certains des meurtres officiels de Jack l'Éventreur. Il est fait mention dans certains témoignages de sa présence possible en France à la toute fin d'août 1888 et probablement jusqu'en septembre. Il serait donc totalement étranger aux meurtres de Polly Nicols et d'Annie Chapman. Cornwell et ses défenseurs affirment qu'il pourrait avoir voyagé sur un bateau et faire des aller-retour entre les deux pays, mais rien ne prouve qu'il en fut ainsi.

D'après Wikipédia


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