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Une idée de l'enfer: les jolis jeux de (Philippe) Vilain..

Par Filou49 @blog_bazart
25 août 2015

Un petit coup de rétro sur les parutions littéraires avant cette rentrée de septembre, mais pas trop loin derrière puisque "Une idée de l'enfer", le nouveau roman de Philippe Vilain (l'auteur du génial "Pas son genre", dont le film m'avait emballé l'an passé) est paru le 29 avril dernier chez Grasset.

L'occasion de le remettre un peu en avant, vu qu'il n'a pas eu beaucoup de temps devant lui pour s'imposer avant les mastondontes de cette fameuse rentrée littéraire. Or Michel nous explique pourquoi il ne faut pas passer à coté de ce court mais très beau roman.

enfer

« Le jeu me semblait une allégorie de la vie, où rien n’était acquis, ni déterminé, ni réglé d’avance, où les inégalités étaient supprimées, la chance et les rôles redistribués, où la réussite ne dépendait plus que de moi, de ma volonté et de mes capacités. Il m’offrait l’existence que la vie me refusait, la liberté de me déterminer aussi, de déjouer la tyrannie du hasard. »

Paul Ferrant, bientôt quarante ans, ne se souvient plus du jour où il s’est reconnu joueur, il sait seulement qu’il était trop tard pour ne plus l’être lorsque cette réalité lui est apparue.

Pourtant, Paul a tout ce que l’on peut désirer dans la vie, un bon job un peu ennuyeux mais pas trop mal payé, une compagne jeune et vivante, un appartement entre Bastille et République, des amis, du temps libre, le bonheur quoi, mais on le sait le bonheur si il existe ne rend pas forcément heureux. Alors, Paul Ferrand joue et pour lui, le jeu n’est pas un divertissement mais une nécessité, une obligation existentielle.

Portrait d’un joueur, portrait d’un homme qui ne peut exister que s’il risque. Portrait d’un menteur à la vie clandestine, gagner de l’argent qui n’est pas le fruit du travail est honteux, perdre l’argent du fruit de notre travail par le jeu l’est encore plus.

Dans ce court et dense  roman, Philippe Vilain nous fait rentrer dans la psyché du joueur. Ecrit à la première personne, Ferrant dissèque son addiction, explique, justifie, décortique les sentiments contradictoires qui l’animent quotidiennement et qui dévastent sa vie : plaisir, peur, insatisfaction, excitation, incertitude. 

Phrases courtes, écriture simple ce formidable récit raconte la vie d’un homme dévoré par son vide intérieur et c’est bouleversant.

MD


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