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Ressources inhumaines, Frédéric Viguier

Par Laurielit @bloglaurielit

ressources inhumaines

Ressources inhumaines...pour moi qui commence un virage professionnel proche des RH dans mon entreprise, il me fallait ce livre.

Dans ce roman, l'auteur met en scène la carrière d'une jeune fille. Arrivée en tant que stagiaire dans un hypermarché proche de chez elle, elle va se lancer corps et âme dans cette aventure qui pour une fois donne un sens à sa vie. Cette jeune fille va découvrir le monde du travail grâce - ou je dirais plutôt par les yeux de- Gilbert, son amant. Gilbert est son chef quand elle est stagiaire. Sans Gilbert, elle ne serait rien...c'est ainsi qu'elle le voit. Gilbert lui offre la promotion de sa vie. Gilbert lui "apprend" sa vision du monde du travail et elle s'y enferme, ne sachant de toutes façons pas faire autre chose. Les méthodes de Gilbert sont archaïques...c'est ce qu'on dirait de l'extérieur. Pourtant on sait bien qu'elles subsistent encore dans de nombreuses entreprises. Ainsi la tromperie, le jeu de dupes (qui ne dupe plus grand monde mais qui fait "encore" évoluer), le cirage de pompes et les coups bas font partie de la vision de Gilbert. Ah l'odeur du pouvoir...S'y frotter, ne pas s'y piquer. Elle l'a bien compris, elle évolue juste en dessous, elle ne veut pas la place du dessus, de toutes façons elle ne saurait pas faire, mais se penser ou faire croire qu'on est indispensable, ça oui...et puis ça lui permet d'être quelqu'un et de faire croire (encore oui l'entreprise est magique sur cet aspect) à ceux qui ont le pouvoir qu'ils sont admirés et puissants.

20 ans après, elle y est encore....mais toujours au même poste. Après la première partie qui a relaté son ascension, la seconde met en lumière ses questionnements, ses regrets, ses peurs...tiens c'est marrant comme on ose quand on est en bas de l'échelle et que arrivé en haut, l'audace n'est plus rien face à la peur de perdre sa place. Un jeune stagiaire va la bousculer dans ces retranchements, va tenter de faire revenir "l'autre", va t'il y arriver?

C'est un roman qui était parti pour me plaire...pourtant je suis déçue. Je trouve qu'il y a de très justes réflexions sur l'entreprise, la recherche de pouvoir, la posture des gens. Mais dès le début j'ai été gênée par le côté trop cliché du personnage de Gilbert, de son ascension à "elle". Le côté "ma collègue a un mari alcoolique donc reste pour faire des heures supplémentaires" "je couche pour y arriver" ou encore l'évincement de la chef de rayon en poste (et là vraiment l'entretien avec le DRH est cliché à souhait) ont freiné mon enthousiasme. Je pense sincèrement que l'auteur pouvait dire les mêmes choses en ayant des situations plus ancrées dans la réalité. J'ai eu à ce sujet un échange intéressant avec celles et ceux qui avaient déjà lu le livre. Finalement on n'est pas du tout dans le réalisme, à la limite de l'abstraction. Peut-être est-ce un procédé qui plaira à des lecteurs, moi je suis beaucoup trop terre-à-terre pour cela et à partir du moment où je ne crois plus à une situation, j'ai profondément du mal à continuer ma lecture. La deuxième partie redonne un coup de fouet à l'histoire mais là encore le personnage d'"Elle" m'a agacée...admirative du stagiaire, j'y vais, j'y vais pas...franchement je n'ai pas compris et je trouve que l'histoire se complique...et que cela n'apporte pas grand chose à l'histoire. Déçue donc mais je note malgré tout de très belles réflexions.

"On ne va nulle part, quand on n'a pas le courage de rester avec soi. On ne va nulle part en s'interdisant de montrer ses faiblesses. Nos fragilités deviennent une force quand on n'a plus le souci de prouver aux autres ce que l'on n'est pas..."

"Je n'agis pas pour obtenir de récompenses et un grade supérieur. Je travaille pour moi, pour me réaliser. Le vrai pouvoir, c'est celui qui laisse les fulgurances et les intuitions de ses collaborateurs s'exprimer. Le pouvoir absolu, c'est de savoir que l'on ne détient pas la vérité. Le pouvoir ultime, c'est de mettre en place les conditions de la liberté pour tenter d'approcher cette vérité."

"Les collaborateurs qui organisent leur travail en fonction de ce que "pourrait" penser le pouvoir, et en fonction de l'image qu'ils projettent, conduisent la société vers la stagnation, voire la chute. Si le pouvoir ne s'entoure que de personnes qui ne sont animées que par la volonté de faire ce qu'elles pensent être jugé favorablement ou de ne pas exprimer de contradiction, c'est la fin d'un projet. Ce n'est plus vers l'homme que l'on se dirige, mais vers le statut. Ce n'est plus le projet qui motive, mais l'ambition.

"L'humanité a besoin d'intuition et de sincérité, pas de compromis et de fascination..."

Encore un premier roman lu grâce au projet "68 premières fois" de Charlotte l'insatiable.

Lisez les avis des autres blogueurs (bien plus enthousiastes que le mien!) : Le petit carré jauneArthémissAnna de SandreMartineEffleurer une ombre, Motspourmots 

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