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Entre deux vies

Par Tsilia
Entre deux vies
C'est bientôt la fin des vacances. 
Pendant ce dernier mois, tant bien que mal, j'ai essayé de mettre de côté tous nos doutes, toutes nos questions. 
Mais la rentrée est là. Et, même si pendant que vous mettez vos cartables sur vos épaules, nous sommes encore à l'heure d'été avec nos tongues aux pieds, nos esprits sont déjà aussi un peu obligés de se remettre en route. Et tous les doutes, toutes les questions, reviennent encore plus fort.
Où serons-nous dans deux mois et demi ? Sur quel continent allons nous vivre ? Les gens, nos proches, nous interrogent. Quels sont nos projets ? Des projets, nous en avons pleins, nous débordons d'envies et d'idées. Mais rien, aucune piste, aucun chemin.
Ha, on entend de belles phrases, on essaye de nous rassurer avec de beaux mots. "Tu verras, ça ira. Tout va bien se passer. Aller, ce n'est pas si dur, ça va aller." Que de paroles en l'air...
Parce que, concrètement, il ne suffit vraiment pas de quelques mots pour m'apaiser. Ni moi, ni mon homme.
Concrètement, nous sommes expatriés depuis 4 ans, avec au milieu une pause de 9 mois en France (le temps de mettre au monde ma belle Doudou).
Concrètement, nous n'avons aucun chez nous. Nous vivons en Afrique dans une maison payée par l'entreprise de mon homme, avec des meubles qui ne sont pas les nôtres, encombrées de quelques affaires à nous. En France, nous n'avons rien. Pas de logement, pas de travail. Rien. Quelques affaires en cartons dans un grenier de Dordogne. Et, depuis 4 ans, je n'ose imaginer ce qu'il en reste de nos affaires...
Concrètement, le 12 novembre, nous n'avons même plus ce semblant de chez nous en Afrique. Cette maison ne sera plus notre nid. D'accord, ce ne sera pas le 12 novembre pile, ya toujours quelques dossiers à clôturer pour l'entreprise, quelques chiffres à ranger dans des tableaux, des comptes à vérifier. Mais, en gros, début décembre, nous n'avons plus rien. Et nos maigres affaires seront quelque part sur un bateau entre deux mers. 
Concrétement, je ne sais même pas où nous fêterons les 2 ans de ma Doudou le 25 novembre. Ni même Noël. J'ai inscrit ma Doudou à la garderie de Djibouti pour le premier trimestre. C'est certainement pour rien. Ou pas. Je ne sais pas !
Concrètement, je ne sais pas ! A toutes les questions qu'on nous pose, que nous nous posons, je ne peux que répondre que je ne sais pas !
Nous venons de vivre un mois et demi à sans cesse défaire et refaire nos valises. A les bouger de chambre tous les trois jours. Et je sens que dans deux mois et demi il va falloir recommencer.
Alors, s'il vous plaît, ne me dites plus que tout va bien se passer, que ce n'est pas si grave, que tout va bien aller.
Parce qu'en attendant, c'est dur.

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