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Ego : Sang triste

Publié le 22 septembre 2015 par Paulo Lobo

Ego : Sang triste
On l’a souvent dit et répété : notre société est aujourd’hui dévouée toute entière au culte de l’individu.
Il n’y a aucune autre morale, aucune autre autorité, aucune autre réflexion, que celle centrée sur la primauté du « moi, je ».
Be yourself. Dépasse tes limites. Explore ta créativité. Vis tes rêves.
Ça, c’est vraiment toi.
Dans ce même esprit, le phénomène de la « selfisation » sur internet semble ne pas connaître de fléchissement : tout le monde ou presque aime à se mettre en scène au moyen d’images virtuelles soigneusement éditées.
Chaque personne est invitée à devenir le vecteur de marketing de sa propre personne.
Au-delà de l’exercice de pur nombrilisme qui est ici convoqué, il ne faut pas perdre de vue l’objectif ultime et principal de cet appel au sur-moi : l’input incessant et jamais assouvi de contenu sur les réseaux sociaux ; un input d’autant plus intéressant pour les grands sites de partage qu’il est entièrement gratuit ; un input qui se multiplie de façon exponentielle et dont la somme gigantesque induit deux choses pour les Facebook, Instagram et consorts :
1)   des clics et encore des clics qui feront grimper la valeur d’appel publicitaire de la plateforme
2)   la mise à disposition de ces plateformes d’informations détaillées sur le profil de chaque utilisateur – ce qui leur permet de cibler très précisément leurs messages pub.
Et je ne parle pas des autres effets encore plus pervers (fichage de données personnelles à des fins politiques ou autres).   Victimes consentantes nous sommes.Hello, brave new world !

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