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Glace noire ou le Mont Blanc sans la neige

Publié le 29 septembre 2015 par Montagnessavoie
Marc Vassart, Glace noire, 2007. Cela partait pourtant bien : un achat, certes compulsif, dans le rayon « régional » d’un supermarché de Haute-Savoie ; un antidote anticipé à la morosité des semaines d’après retour. Deux livres sur la montagne pour les mois de plaine. Le premier, sur l’épopée des Ravanel, célèbre famille de guides de haute montagne, ne m’a pas déçue. Je n’en attendais pas une révélation divine. Ce fut un joli moment dans le monde des cimes. Le deuxième, roman d’anticipation censé se passer à Chamonix, en 2094, allait-il tenir toutes ces promesses ? Eh bien, je ne vous réserve aucun suspense : la réponse est non. Glace noire Mont Blanc sans neige Le décor : Chamonix, plus de neige sur le Mont Blanc à cause du réchauffement de la planète. Plus l’ombre d’un touriste, la vallée est à l’abandon. Plus aucune remontée mécanique ne fonctionne, et pour cause : il y a belle lurette que les sports d’hiver appartiennent au passé. Même les randonneurs ne passent plus leurs vacances dans la vallée de Cham . A croire que, sans leur chapeau blanc, les sommets n’ont plus le même romantisme.
Les ordinateurs ont remplacé le dialogue entre les gens, lesquels, d’ailleurs, se font de plus en plus rares à savoir lire et écrire. D’où la renaissance d’un métier oublié : scribe. C’est celui qu’exerce Anel, jeune femme qui semble être la protagoniste du roman. Enfin, on n’en est pas très sûr. Parmi les autres personnages : un nécrophage, nouvelle spécialité qui consiste à voler, sur les cadavres qui ont refait surface à la fonte des dernières glaces, les objets de valeur qui sont susceptibles d’être revendus ; un vieux berger qui illustre, à lui tout seul, à la fois le rajeunissement naturel et médicamenté des français, la fin des relations de couple au profit d’une consommation charnelle sans complexes, et le retour à la terre et à l’élevage dans la vallée de Chamonix ; un vieux clochard amateur obsessionnel de pigeons et un mystérieux Viktor Laszlo (excusez du peu !) dont on ne comprend pas bien quel est le but précis dans l’histoire.
L’histoire ? Impossible de vous l’expliquer, étant donné que je ne l’ai absolument pas comprise. Un micmac entre des manuscrits volés, un physicien amoureux des pigeons et les expériences scientifiques menées par des moines. On nous fait comprendre au fil des pages que, attention, il va y avoir une intrigue… et on l’attend. Longtemps. Quand, enfin, aux ¾ du livre, il se passe quelque chose, ce n’est tellement pas clair qu’on sombre dans la confusion la plus totale. On essaie de se raccrocher à ce qu’on peut pour rester suspendu au fil ténu qui nous relie à l’idée de l’auteur, mais, lorsqu’on croit être au seuil d’une résolution de l’intrigue, tout finit en eau de boudin. Du coup, l’enthousiasme qu’on a pu avoir au début du roman et qui nous avait fait dire que, bien joué, bien trouvé cet angle d’attaque, se transforme soudain en déception qui nous fait refermer le livre et le ranger au rayon brouillons des ouvrages de la bibliothèque. Il échappera à la poubelle parce qu’il contient des pages captivantes sur ce que pourrait être Chamonix en 2094 et parce qu’il se passe au pied du Mont Blanc, région toujours envoûtante. Cependant, l’arrière-goût de super idée mal exploitée nous laisse pantois.

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