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Woodie Smalls – Soft Parade LP

Publié le 29 septembre 2015 par Le Limonadier @LeLimonadier

Woodie Smalls est un jeune belge de tout juste 19 ans. Enfant, alors qu’il n’a que 9 ans, il s’amuse en studio avec ses potes et pose sur les instru de son cousin… Petit à petit les retours enthousiastes de son entourage le poussent à s’y mettre un peu plus sérieusement. En 2015, et après quelques années passées en studio sur divers projets, il est remarqué et sélectionné pour faire partie des Encore Freshmen, une pépinière à l’instar de la Red Bull Music Academy, créée par les fondateurs du Encore Festival d’Amsterdam et dédiée à faire exploser au grand jour des talents, comme lui, jusque là inconnus.

Quelques mois plus tard et un contrat avec une major en poche, Woodie annonce la sortie de son premier album à travers un premier extrait, clippé avec soin et intitulé :  » Champion Sound », rien que ça.

Et oui, le mec veut clairement peser dans le game, et le fait savoir. Il faut dire qu’à première vue, il possède de sacrés arguments. Un timbre de voix sympa, un flow entraînant et habile (bien que ne dénotant pas non plus par son originalité)… Mais ce qu’il faut retenir surtout chez Woodie Smalls, ce sont les prods sur lesquelles il pose et qui sont bien souvent à tomber par terre. Typiquement, le titre que vous venez juste d’écouter, qui est pour nous un petit bijou. Bruits blancs façon « vieux vinyle usé », reverb massive sur les voix et instrus, on est dans du Boom Bap de haut niveau, même un nouveau né s’en rendrait compte.

Woods-FLUS

L’entrée en matière étant faite, parlons du reste du projet. Car oui, on a eu la chance d’écouter son album, et oui, on va vous donner notre avis. Précisons tout d’abord que ce disque est tellement riche musicalement qu’il est particulièrement difficile de synthétiser ce qu’il est, de le ranger dans une case quoi. Ce qu’on pourrait dire tout de même, c’est que c’est typiquement le genre d’album qu’on aurait adoré entendre en boucle sur Radio Los Santos – la radio hip hop de GTA 5 – pour accompagner nos virées en Cadillac rose.

Celui-ci s’ouvre avec « Nuggets of Wisdom », très classique au démarrage – une ligne de piano et une rythmique – on entre vite dans la modernité avec une basse électronique bien abrasive. Viens ensuite « Neighbourhood Dreams »certainement le morceau le plus chill’out de l’album avec « Champion Sound » que vous avez écouté précédemment. Un morceau particulièrement intéressant en termes de flow, le mec prenant 3 voix différentes pour rapper. « Purple Urkle » rappellera incontestablement la « Pharell touch » des années 2000, et c’est tout à son honneur. Ça faisait longtemps que l’on avait pas réentendu un truc du genre, et ça fait du bien. « Work It Thru » misera quant à lui sur la génération précédente. On pense évidemment à Gangstarr, le côté vaporeux en plus, et décidément, on commence petit à petit à se dire que cet album a tout pour nous plaire.

C’est alors qu’arrive « Pass The Dutch » , illustré par la seconde vidéo ci-dessous et qui, pour le coup, nous fait basculer vers quelque chose de complètement différent, beaucoup plus UK. Ce sample de clochette, claque, raisonne et nous martèle la tête, tandis que la phrase « pass the dutch » percute et pénètre insidieusement dans notre lobe frontal. Jugez donc par vous-même :

On continue avec « What If », certainement le morceau avec la démarche créatrice la plus poussée. La rythmique accompagne doucement une basse, parfois douce, parfois bien hardcore, alors qu’un synthé légèrement dissonant se glisse et prend petit à petit possession du morceau – celui-ci sonne d’ailleurs comme celui qu’utilise bien souvent un artiste cher à nos yeux, j’ai nommé Dorian Concept.  Passons rapidement sur « Night Slugs » et « Home Stretch », qui pour la première nous renvoie à l’époque de Biggie et 2pac – ce qui n’est pas pour nous déplaire, mais qui, à ce stade de l’album, aura fini de nous surprendre – ou par la seconde, qui nous rappellera que trop bien ce que l’on retrouve déjà du côté de Bronson ou Badass en termes d’instrus.

Passons donc à « Money Folder », sans conteste notre morceau préféré de l’album. Les cuivres filtrés explosent au moment du refrain tandis que le jeune Woodie mène la barque tout le long, s’autorisant même un finish a cappella ultra plaisant, et qui vient conclure parfaitement cette chronique qui commence à être beaucoup plus longue que les extraits que nous avons à disposition pour vous, ce qui risquerait de devenir un problème si on ne s’arrêtait pas là, maintenant. STOP !

Soft Parade est incontestablement un album que tous les amateurs de Hip Hop se doivent de posséder, réunissant plein de références et classiques du genre, tout en se plaçant tout de même dans la modernité. Cadeau bonus, on se quitte avec un dernier morceau, qui n’est pas sur l’album mais qui ne manque pas d’intérêt pour autant : « Grown Up Kid » en featuring avec K1D.

L’album est disponible depuis le 19 septembre, vous pouvez l’écouter sur spotify et/ou l’acheter sur itunes.

Cheers 😉

Woodie Smalls –  Soft Parade LP
Woodie Smalls –  Soft Parade LP
Woodie Smalls –  Soft Parade LP
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