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Concert : Natacha Kudritskaya ouvre la saison parisienne des Pianissimes

Publié le 20 octobre 2015 par Nicolas Bourry @nicolasjarsky
© Dominic Alves – Flickr

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Louis avait regretté de ne pouvoir assister aux concerts des Pianissimes la saison dernière. C’est désormais chose faite avec le récital de Natacha Kudritskaya qui a eu lieu hier soir au Couvent des Récollets.

Les Pianissimes c’est un cycle de concerts à Paris, Lyon et un festival qui a fêté ses 10ans cette année. L’association a pour objectif de faire de chaque soirée un événement à part. Des artistes trop rares en France ou de jeunes talents, des lieux originaux, pas d’entracte mais un « after » après concert avec les artistes… La différence à l’honneur au service de la qualité artistique. Vous l’aurez compris le projet des Pianissimes est un peu notre coup de cœur du moment.

Hier soir nous avons pu découvrir la pianiste ukrainienne Natacha Kudritskaya qui, dans le cadre de la sortie chez Deutsche Grammophon de son album Nocturnes, nous propose une soirée pour plonger dans l’ambiance d’une nuit poétique et convoque Debussy, Decaux, Satie, Beethoven et Ravel. Après un enregistrement Rameau en 2012, place donc cette fois-ci à la beauté subtile du Clair de lune dans le très beau cadre de la chapelle du Couvent des Récollets.

Compte-rendu :

Après une rapide introduction c’est une jeune femme dynamique, en jeans, sans partition mais avec une tablette qui arrive sur scène. Natacha Kudritskaya sait vivre avec son époque et casse les codes.

Elle démarre la soirée avec le Clair de Lune de Debussy. Délicate et élégante, son interprétation est d’une grande fraîcheur. Elle prend ensuite la parole et explique son choix de programme, ses liens avec les œuvres présentées, l’incorporation de « petits plaisirs » dans le cycle du Clair de Lune d’Abel Decaux comme la 4ème Gnossienne de Satie ou les Feux d’artifice de Debussy.

En attaquant cette partie du programme, Natacha Kudritskaya est très concentrée, inspirée, et semble habitée par la partition. Sa gestuelle est parfois un peu trop présente mais au-delà, la soliste nous offre un très beau moment et s’illustre tout spécialement dans Satie et Debussy avec une mélodie qui s’envole et se disperse dans l’ambiance poétique et nocturne qu’arrive à créer Natacha Kudritskaya.

En fin de programme, et avec cette fois un Clair de Lune de Beethoven sobre et entêtant, la pianiste impressionne. C’était le cas depuis le début du concert mais c’est particulièrement frappant avec Beethoven. Natacha Kudritskaya a un vrai propos. Son interprétation apporte réellement quelque chose de nouveau, un souffle vivant. On approche de la performance et encore plus avec la dernière œuvre, Gaspard de la Nuit de Ravel, où le physique de la soliste est tout entier consacré à la puissance de la pièce et de son sens.

Deux rappels dont Les Cyclopes de Rameau, comme une dernière gorgée de champagne qui pétille toujours autant et qui nous fait encore plus briller les yeux.

Bref, nous étions sous le charme vous l’aurez compris. Son album sort début novembre. Succombez !

La semaine dernière nous étions à la Philharmonie. Souvenez-vous.



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