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Michel Ciment, Pierre Rissient, admirables et admirés passeurs du cinéma!!

Par Filou49 @blog_bazart
27 octobre 2015

cimentrissient

 
Le Festival Lumière qui s’est achevé avec un beau succès le weekend end dernier était aussi ( surtout?) l’occasion de rencontrer et de connaitre de manière plus approfondie les grands cinéphiles passionnés,  ceux dont la mission première est de faire office de « passeur de cinéma, » en donnant une plus large répercussion aux travails de grands cinéastes qu’ils admirent et tenter de les faire connaitre au plus grand nombre.

 Parmi eux, Pierre Risient et Michel Ciment  (et on n'oubliera pas non plus de citer  le très récemment disparu Raymond Chirat, que L'institut Lumière connaissait bien),  deux grands passeurs du cinéma que j'ai eu l'occasion de pas mal croiser dans le cadre des dernières éditions  du Festial, et qui sont sans doute les exemples plus frappants de cet esprit de transmettre leurs savoir et leurs cinéphilies au plus grand nombre

Car Ciment et  Rissient  sont unanimement considérés des personnalités incontournables du cinéma, français ou étranger,  de celles qui ont contribué  à ce que bien des films soient vus et compris par des générations entières de cinéphiles.

Depuis plusieurs années, nos deux compères cinéphiles ne cessent d’arpenter les salles du Festival Lumière et interviennent régulièrement pour présenter les films projetés dans les salles combles de Lyon et de sa région.

Pierre Rissient  et Michel Ciment, qui se connaissent bien et s'apprécient tout autant,  ont cette particularité de d’aimer tous les cinéma du plus  pointu au plus accessible, bref le cinéma dans toute sa palette, comme aime tant à le promouvoir le Festival Lumière d’années en années.

Si jusqu’à présent, je n’avais pas pris la peine de mieux connaitre leurs parcours, un livre et un documentaire respectif m’ont enfin permis de le faire.

 1. Michel Ciment  : le cinéma en partage ( Payot Rivages)

 

ciment partage

Considéré à raison comme l'un des témoins majeurs de l'histoire du cinéma de ces 50 dernières années, Michel Ciment est à la fois découvreur de nouveaux talents, critique internationalement reconnu, auteur de livres, directeur de la publication de la revue Positif, producteur et homme de radio, qui a éclairé mes dimanches d’adolescence sur France Inter avec le Masque et la Plume dont il est l’une des voix les plus fidèles et les plus marquantes.

C'est cet itinéraire - de l'apprentissage spontané de la cinéphilie dans les cinémas de quartiers aux diverses étapes de la critique professionnelle (revues, radios, télévision), du plaisir d'enseigner (lycée, université), à la participation aux jurys internationaux des plus grands festivals, de sa conception de l'an 

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alyse cinématographique à ses rencontres avec les grands réalisateurs mondiaux - qu'il retrace au fil de ces entretiens avec son collègue et ami N.T. Binh. Avec, pour unique but, de donner en partage cet amour pour le cinéma et ceux qui le font.

  Le Cinéma en Partage, paru en Octobre  2014 chez Rivages  est un livre d’entretiens que Michel Ciment livre à son confrère N. T. Binh (qui écrit depuis 30 ans dans la même revue Positif que Ciment).Michel Ciment s’y révèle  sans fard et se raconte sans vraiment aborder la sphère intime (on saura juste qu’il a eu deux mariages et qu’il est de confession judaïque). De son enfance à son entrée à Positif en passant par ses publications et ses documentaires, c’est toujours sa passion folle pour le cinéma qui ressort de cette passionnante et documentée biographie.

Critique avisé, biographe  estimé (Son ouvrage consacré à Kubrick) est devenu une référence pour les passionnés de cinéma à travers le monde.) mais également universitaire, Ciment, qui s’est parfois fait quelques inimités (notamment avec certains rédacteurs des "Cahiers du Cinéma", où la guerre  des écoles avec Positif dure depuis plus de 50 ans) mais tout le monde ne peut que reconnaitre la passion qui l’anime et sa grande capacité de réflexion et d’analyse sur le cinéma mondial, son histoire et ses enjeux.ping pong auquel se prête Ciment.

Ce que personne ne pourra contester à Ciment c'est cette soif inassouvie  de savoir  qu'il possède au bout des ongles, celle qui le pousse à découvrir et redécouvrir les classiques en devenir et les chef-d’œuvre méconnus du passé et une capacité à refuser le consensus-il peut défendre des films et des cinéastes mal aimés et descendre des films aimés de tous pour imposer sa position, aussi tranchée soit elle.

Une passion toujours partagée, jamais unilatérale, et un livre aussi bien passionné que passionnant, qui en plus est, est accompagné du documentaire de Simone Lainé réalisé en 2010, à travers différents témoignages de réalisateurs et de collaborateurs, un panorama de l’influence exercée par Michel Ciment sur ses contemporains, qu’ils soient journalistes ou cinéastes.

 2.Pierre Rissient, un passeur au cinéma / Gentleman Rissient, de Benoît Jacquot, Pascal Mérigeau et Guy Seligmann (2015, 58min)

  

pierre-rissient

Dans le même esprit que Ciment, figure inconstetablement Pierre Rissient :  j’ai vu le weekend end dernier au festival Lumière  un documentaire réalisé par Benoit Jacquot, Guy Seligman  et Patrice Mérigeau (autre grande plume du cinéma, qui officie au Nouvel Observateur) consacré à celui qui est sans doute des plus grands passeurs du cinéma mondial.

 Une séance très érudite et très émouvante- Rissient était présent et n’a pu s’empêcher de partir dans une longue tirade que Frémeaux n’arrivait pas à stopper et qui ont permis aux non initiés à quel point il constitue une  figure inclassable et pourtant essentielle de  la cinéphilie mondiale des soixante dernières années.

 A travers les plus grands films qui ont marqué sa vie, Rissient se livre (légèrement- comme Ciment, l'homme préfère se raconter à travers les films qu'il aime) sur  ses débuts de cinéphile-programmateur au célèbre Mac Mahon de Paris, lorsque dans les années cinquante, il défendait les Walsh, Losey, Preminger et Lang, alors ignorés pour certains ou jugés trop « commerciaux » pour d’autres.

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 S'il peut apprécier certains cinéastes asiatiques peu connus, il  est également capable de s’enflammer devant des films de Don Siegel et défendre les talents de cinéaste d'un Clint Eastwood alors au firmament de sa carrière d'acteur et à qui un certain milieu intellectuel reprochait des idées trop réactionnaires.

Rissient fut  aussi l’assistant de Godard sur A bout de Souffle, puis un redoutable attaché de presse (aux côtés de Bertrand Tavernier),  producteur exécutif pour Ciby 2000 ou Pathé mais surtout un précieux dénicheur de talents, à travers toute la planète : Eastwood, Schatzberg, Coppola, Tarantino, Jane Campion, l’iranien Abbas Kiarostami (présents dans la salle ce soir la)  ou encore le philippin Lino Brocka avec Insiang (1976),

 Sans Rissient, ces immenses cinéastes auraient été sans doute passés sous silence, non ou peu distribués. Le mérite de Pierre Rissient est celui de ne pas se limiter au cinéma dit d'art et d'essai. 

Pilier de la  passion cinéphile, de patrimoine et de transmission, cet hommage à ce « passeur » hors pair qu’a toujours été Pierre Rissient était  nécessaire et pleinement légitime.


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