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Géga croque Michel Audiard

Publié le 27 octobre 2015 par Savatier

Gega_AudiardDepuis plusieurs années, le dessinateur Géga met son talent au service du cinéma populaire, avec une évidente prédilection pour les films dialogués ou réalisés par Michel Audiard. Déjà illustrateur du Dico flingueur des Tontons et de L’Encyclopédie Audiard, ouvrages de référence du spécialiste Stéphane Germain, Géga renouvelle l’exercice avec un nouvel album, Audiard en 25 films cultes (Hugo Images, 56 pages, 14,95 €).

Dans une courte préface, l’artiste justifie son choix qui, en effet, se porte autant sur des chefs-d’œuvre incontestables (Un Singe en hiver, Les Tontons flingueurs) que sur d’improbables nanars dont il faut reconnaitre qu’ils furent, pour la plupart, tournés par Audiard lui-même. On peut être un auteur de génie et un piètre cinéaste ; Romain Gary, avec Les Oiseaux vont mourir au Pérou (1968) et Kill (1971) en offre un autre exemple.

L’album traite chaque film en une double page, essentiellement occupée par les portraits-charges de Géga qui font revivre les plus célèbres acteurs des années 1960-1980 dans des scènes connues ou recomposées. Sous son trait précis, malicieux, jamais méchant, surgissent Jean Gabin, Lino Ventura, Bernard Blier, Jean-Paul Belmondo, Francis Blanche, Michel Serrault, ainsi que de grands second rôles, tel Robert Dalban ou André Pousse. En cinéphile averti, le dessinateur s’entend à reconstituer l’univers et l’atmosphère d’une époque qu’il n’a pas connue, mais dont il s’imprègne avec une évidente jubilation.

Les amateurs d’Audiard apprécieront forcément l’ouvrage, mais les spécialistes s’agaceront peut-être des quelques approximations qui se sont glissées dans le synopsis de quelques long métrage. Ainsi, dans Le Gentleman d’Epsom (1962), « le Commandant » ne convainc pas le patron du « Schéhérazade » de parier sur un cheval pour étouffer la mise, mais Gaspard Ripeux (Louis de Funès), propriétaire d’un restaurant qui n’a rien de russe ; et, dans Le Pacha (1968), l’adjoint du commissaire Joss n’est pas tué au cours d’un hold-up. Mais le lecteur oublie vite ces points de détail pour se concentrer sur l’essentiel, une suite de dessins qui forme un bel hommage au prince des dialoguistes.


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