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"JCVD" : Van Damme à fleur de peau

Par Buzzline
 Pitch : Entre ses problèmes fiscaux, la bataille juridique qui l'oppose à sa femme pour l'obtention de la garde de son fils, les périodes de vache maigre du cinéma d'action qui voient même Steven Seagal lui souffler un rôle, Jean-Claude Van Damme est venu chercher dans son pays d'enfance le calme et le repos qu'il ne trouve plus aux Etats-Unis...  Notre avis : Van Damme à fleur de peau dans un divertissement OVNI aussi hilarant que dramatique et émouvant. Une jolie surprise inclassable qui mérite le détour malgré un formatage trop "limité"... Qui l'aurait crû un jour ? Jean-Claude Van Damme dans son propre rôle à la fois émouvant, auto-critique, décalé et complètement barré. Après des années de films d'action, de bourdes et débordements télévisuels maintes fois diffusés, voilà que notre petit Belge dit "Les muscles de Bruxelles" se donne en spectacle dans un film grave et décalé sous la houlette de Mabrouk El Mechri (Virgil). Un second long-métrage qui tient un bon nombre de promesses engagées après le film mettant en scène Jalil Lespert. A la fois film comique désopilant à la manière d'un film dans le film, polar, drame poignant et singulière remise en question, JCVD mérite le détour. Auto-critique d'une star traînant un lourd passif déchirant, des blessures secrètes, des années de galère, une réussite fulgurante et alternant le mépris comme l'admiration du public, JCVD raconte Van Damme par Van Damme a détour d'un braquage qui tourne mal... impliquant contre (ou pas) son gré la star. Une réussite ? Oui si l'on excepte les quelques limites imposées par un "concept" étroit de départ... et pourtant ! Le film de Mabrouk El Mechri se dépasse et occasionne de certains débordements aussi délirants que bienvenus. En reprenant les dérives de Van Damme devenus cultes tout comme les clins d'oeil à sa filmo, JCVD se surpasse en s'appuyant sur Van Damme en personne. Bourré de talent et d'une palette d'émotions jusque là insoupçonnée, notre Jean-Claude explose l'écran et s'impose en un battement de paupières, en un regard et en un rictus. Mieux, avec humour et auto-parodie bien sentie, l'acteur se démarque et nous fait hurler de rires en adéquation avec des seconds rôles complètement barrés : Zinedine Soualem et ses cheveux longs, Karim Belkhadra en fan absolu...  
Mais JCVD n'est pas qu'une comédie. C'est également l'occasion pour l'acteur de régler ses comptes avec tout le monde en commençant par lui-même : au détour d'une scène (celle de tribunal), Van Damme nous prend à la gorge, via une autre (celle de ses passages télés), Van Damme nous invite à réfléchir... quant au long monologue entamé aux 2/3 du film, c'est tout simplement un grand moment pour notre Belge qui se livre face caméra en se mettant à nu : en racontant sa vie, ses erreurs, son parcours, ses doutes, son enfance blessée... Van Damme nous sidère et nous émeut. Une scène déchirante même si l'on peut parfois y voir plus l'acteur jouant un rôle (brillamment) que l'homme lui-même. Qu'importe puisque le sens et le talent y est. A côté de cela, cette histoire originale, sorte d'OVNI mélangeant Un après-midi de chien et Dans la peau de John Malkovitch, brille par une bande originale soul, une image travaillée et une ambiance crépusculaire tutoyant l'apocalypse glauque. Une réussite décalée oscillant entre le sordide, le génie, le décapant, l'insaisissable et le sublime qu'ils 'agisse d'émotions comme de rires. Un sacré bon moment que vient entraver quelques égarements mais qui ne peut que s'imposer comme une coup de poker engagé via la prestation d'un Van Damme épatant et d'un scénario brossé au poil. Let's keep aware !    

Pourquoi y aller ?

Pour Van Damme surprenant. Pour la scène autour de John Woo. Pour le coup de pied face à la cigarette. Pour la galerie de personnages OVNI. Pour le monologue impeccable et déchirant d'un Van Damme habité.

Ce qui peut freiner ?

Le concept qui a ses limites. Les quelques aspects brouillons de l'ensemble.


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