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Attentats, terrorisme : quelles conséquences pour notre économie ?

Publié le 18 novembre 2015 par Edelit @TransacEDHEC

Les attentats qui ont frappé Paris le vendredi 13 novembre, faisant 129 morts et 352 blessés (bilan provisoire), ont profondément bouleversé la France et le monde. Alors que nos pensées vont aux victimes et à leurs proches, on peut toutefois s’interroger sur les conséquences de ces attaques sur le plan économique. Le terrorisme est-il une menace pour notre croissance ? Quel est son véritable impact sur les marchés financiers ?

Faut-il céder à la panique ?

Le 11 septembre avait été un coup dur pour l’économie américaine : les cours du NYSE s’étaient effondrés, et Wall Street avait même été fermé pendant quatre jours pour contenir l’agitation des investisseurs américains. Le CAC40 avait quant à lui chuté de 7,39%. Selon Joseph Stiglitz, les attentats auraient coûté aux Etats-Unis 4000 milliards de dollars ! D’autres économistes, moins dramatiques, avancent plutôt le chiffre de 60 milliards – tout de même loin d’être enviable. L’industrie du tourisme et les compagnies aériennes avaient été touchées de plein fouet par la psychose qui s’était emparé des consommateurs. Mais doit-on craindre un tel scénario pour la France ?

Les marchés financiers n’ont plus peur du terrorisme

Tandis que l’effroi et le chagrin sont dans toutes les têtes, la Bourse frémit à peine à la suite des attentats de Paris. Lundi 16 novembre, le CAC40 n’a enregistré qu’une baisse mineure de 0,08%. Sans cœurs les traders ? C’est surtout que notre système financier a appris à intégrer les risques. Depuis 2008, les banques ont même un accord informel qui prévoit de soutenir les bourses les lendemains d’événements majeurs pour éviter un effondrement des cours.

En fait, les marchés financiers devraient plutôt dire merci aux terroristes : avec l’annonce de François Hollande d’accroître l’engagement militaire de la France contre l’Etat islamique, les cours des fabricants d’armes ont bondi ! Thalès a pris 3%, et les actions des américains Raytheon, Northrop Grumman ou encore Lockheed Martin, trois entreprises du secteur de la défense, ont vu leur valeur augmenter d’encore plus. Il faut voir le côté positif…

Jusqu’à maintenant, pas de quoi s’inquiéter

Seuls certains secteurs très précis (le luxe, le tourisme et le transport aérien) sont vraiment affectés par les attentats, à cause de la perte de confiance immédiate des consommateurs. Les actions Accor, Air France-KLM, Aéroports de Paris (ADP) et LVMH ont ainsi enregistré des baisses plus ou moins importantes (de -1,39% pour LVMH à -5,67% pour Air France-KLM lundi 16 novembre). Les Chinois et les Américains sont très à cheval sur la sécurité, et ne sont pas prêts à risquer leur vie pour faire du shopping place Vendôme. Les hôteliers craignent un effondrement des réservations à une période en tant normal très lucrative, celle des fêtes. Mais inutile de s’affoler, ce bref mouvement de repli ne devrait pas durer. D’ailleurs l’action LVMH est déjà remontée de 3,28% mardi 17.

Le vrai risque pour notre économie serait si ces attaques devenaient habituelles. Des attentats isolés et relativement peu fréquents ne sont pas en soi une menace pour le PIB ; en revanche, si la France entre dans un état d’urgence permanente, ce sera plus problématique. Les régions considérées comme peu sûres font fuir les investisseurs, et les touristes ne sont pas tellement enclins à visiter des pays en guerre. Heureusement nous n’en sommes pas encore là.

Attentats, terrorisme : quelles conséquences pour notre économie ?

Les décorations de Noël au Galeries Lafayette, décembre 2012.

Daech, en guerre contre notre système financier

Leur grande ambition étant de revenir aux temps de Mahomet, les salafistes de l’Etat islamique sont partis en guerre contre le capitalisme et ses excès. C’est tout notre modèle économique qu’ils vomissent, avec sa société de consommation, sa finance dérégulée (l’islam interdit la spéculation et même l’usure) et ses modes de production modernes. Et les terroristes ne sont pas si bêtes qu’on pourrait le croire. Leurs attentats n’ont pas seulement pour but de faire peur mais aussi de déstabiliser l’économie, comme ils ont si bien réussi à faire en Tunisie.

Conclusion : consommez ! Continuez à faire marcher les restaurateurs en prenant des verres en terrasse, les grands magasins en achetant des cadeaux de Noël ! Ne cédez pas à la terreur, faites-vous plaisir ! Et on gagnera cette guerre, tant idéologique qu’économique.

Attentats, terrorisme : quelles conséquences pour notre économie ?

Après les attaques de Paris, le hashtag «#tousaubistrot » appelle à sortir dans les cafés et restaurants mardi 17 novembre.


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