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"Maradona par Kusturica" : n’a pas la main de Dieu qui veut...

Par Buzzline
 Pitch : Emir Kusturica, qui se prétend être le Maradona du ciné (sic), réalise un documentaire sur l'un des plus extraordinaires joueurs de foot. On y voit les meilleurs buts du Pibe de oro, son récit sur la drogue et ses engagements politiques.
Notre avis:  Brouillon, nombriliste, encore une fois trop foutraque et surtout paresseux, le film de Kusturica se trompe de focus en s'attardant sur ce qui ne le mérite pas et donne trop souvent l'impression d'assister à une vidéo amateure de deux hommes, certes talentueux, en train de refaire le monde au café du commerce. Alors certes, boire des coups avec Maradona et Emir, c'est sympa, mais c’est aussi un peu trop facile. Bref, on attendait mieux, surtout que (parce que ?) nous avons beaucoup d'affection et d'admiration pour ces deux hommes. Déception.

Maradona commence mal. On vient pour être éblouis par la réalisation du cinéaste serbe et le parcours du Pibe de oro, mais le film débute sur... Emir Kusturica et ses musiciens. Et cela sera en fait un peu ce qui nous dérangera tout au long du film : un problème de focalisation. D'ailleurs, comment se fait-il qu'un palmé d'or à Cannes (et deux fois) ose mont(r)er des séquences où, justement, le focus de la caméra est fait sur l'arrière plan et laisse l'interviewé, Mardona donc, flou. Si, si, c'est dans le film. Un peu honteux, quand même...
Dans le même ordre d'idée des scènes "cheveux sur la soupe" , on y croise donc Manu Chao en pleine promo de son single Maradona, Diego bourré dans une piscine ou jugeant des gens que personne ne connaît à moins d'être un éminent spécialiste du foot (une petite aide n'aurait pas fait de mal pour comprendre de qui il s'agit). Pire :  le réalisateur, qui nous intercale entre deux buts d'anthologie des extraits de ses films, sans aucune cohérence évidente.   


Alors certes, il y a des choses intéressantes, que celui qui ne connaît pas la bio du numéro 10 (d'ailleurs, en Argentine, le surnom des billets de 10 pesos n'est autre qu'un "Diego") de Boca Juniors apprendra.
Comme l'engagement politique de Diego, mais là c'est un problème de narcissisme qui saute aux yeux. Et en double dose. Celui de Diego d'abord, qui s'écoute dire des banalités politiques de gauchistes (dire que Bush est un con, c'est bien, l'expliquer et l'argumenter, c'est quand même mieux...) et puis est-ce le rôle d'un joueur de foot, fût-il une légende vivante ? Celui d'Emir ensuite, qui arrive à tirer lacouverture vers lui tout au long du film, alors qu'il faut être honnête, kusturica, mloçin d'être une légende, aurait dû se la jouer un peu plus humble, surtout face à son idole...

Et puis il y a l'idée d'utiliser les Sex Pistols pour illustrer "le but du siècle", celui de la main de Dieu, au Mexique, contre l'Angleterre (revanche des Malouines, selon l'Argentin, et c'est merveilleusement pertinent et bien expliqué : on aurait aimé que le film reste sur cette tonalité). Mais, là, Emir, sûrement fier de son effet, nous le montre une bonne dizaine de fois. Et c'est ce qui s'appelle ternir une brillante idée...


Enfin, finissons sur une note positive sur un film qui montre assez bien la ferveur engendrée par Maradona ; d'ailleurs, toutes les scènes sur cette église des fans de Maradona, qui sacre le mariage ballon au pied, sont juste exquises. 
 

Pourquoi y aller ?

Pour voir les plus beaux buts de Mardona (consultables sur YouTube). Pour se dire qu'avec un verre de trop et en parlant politique, on ressemble à un dieu du foot. Plus sérieusement, pour ceux qui ne connaissent rien de Maradona, c'est sûr ils apprendront quelques trucs, en s'amusant.

Ce qui peut freiner ?

Finalement voir la chute de deux hommes qu'on peut admirer, Kusturica faisant des clairement des films de moins en moins bons et Diego n'étant aujourd'hui que l'ombre du génie qu'il était, on peut s'en passer, pour rester sur une bonne impression.


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