De grandes bouteilles sur la période 2011 à 2015 inclus : quatrième partie

Par Daniel Sériot

Ce quatrième billet, ayant pour thème la présentation des grandes bouteilles dégustées lors de ces cinq dernières années, est consacré à trois régions française : La Bourgogne ( peu goûtée et peu représentée, mais nous allons remédier à cette carence), le Rhône nord et le Rhône sud. Je rappelle les critères de sélection et les conditions de dégustation qui ont contribué à ces choix.

J'ai choisi de ne présenter que des vins ayant obtenu la note minimum de 18/20 (soit 96 points dans le notation sur 100). Ces bouteilles ont été goûtées à table, avec d'autres amateurs dégustant à l'aveugle et ont fait l'unanimité sur leurs qualités, ou à l'aveugle chez des amis ou dans notre club de dégustation, avec les mêmes sensations de très haute qualité du vin.

Des vins qui ont été dégustés, dans d'excellentes conditions (verrerie, température de service, quantité suffisante dans le verre), chez les vignerons ou lors de manifestations à caractère semi-privé (nombre limités d'invités) ont été retenus.

Dans ces billets j'évoque des vins prêts à boire, d'autres dans leur adolescence, et certains qui n'ont pas encore atteint leurs âge de raison.

Plusieurs vins figurant dans ce billet ont été goûtés plusieurs fois, et toujours au même niveau d'évaluation.

Les vins rouges : Bourgogne, Rhône nord et sud

Groffier : Grand Cru : Bonnes Mares 1989

La robe est assez profonde de couleur grenat avec des signe d'évolution au bord du disque. Le bouquet complexe et intense évoque les fruits noirs (cerises noires, baies de sureau, et cassis) encore « frais », d'épices douces, de réglisse, d' humus, de truffe noire, et de léger tabac. La bouche est d'une grande séduction, les tannins fins, racés et fondus se trament dans un corps charnu, très velouté, dense, concentré, avec une admirable sensation de puissance naturelle, rehaussé d'intenses fruits épicés. La très longue finale, d'un délicieux velouté de texture et d'un équilibre magistral, est complexe et très persistante. Noté 18,5.


 Châteauneuf du Pape : Beaucastel 1998

La robe, de couleur rubis à grenat est très soutenue, le nez est net, intense et précis, avec des arômes, de roses, de fruits rouges (cerises kirschées) , de mûres, d’épices douces, d’herbes méditerranéennes, et des notes de léger menthol. L’attaque est très veloutée, avec une puissance sous-jacente naturelle, les tannins sont fins et très élégants,  à la trame serrée, et très finement texturés dans un centre dense et très plein, soulignée de fruits épicés intenses. La finale est longue, d'un séduisant velouté de texture, d’une grande finesse malgré sa richesse, harmonieuse, aux saveurs multiples et complexes (fruits, fleurs,  épices, herbes aromatiques).Noté 18


Châteauneuf du Pape : Beaucastel rouge 2010

La robe est profonde, avec un liseré de couleur sanguine, le nez, séduisant et intense, évoque la soupe de fruits variés (cerises légèrement kirchées dominantes), les fines épices, avec des notes de garrigue et légèrement chocolatées. La bouche est pure, les tannins sont enrobés par une chair bien formée, le milieu de bouche est ample, dense, profond, avec une texture très veloutée, et expressif (fruits et épices). La finale est longue, précise,  harmonieuse, déjà complexe, d’un remarquable équilibre, avec d'intenses saveurs de fruits, d'épices et de garrigue. Note potentielle 18.


Châteauneuf du Pape : Domaine de la Mordorée : Reine des Bois 2001

La robe est assez profonde, de teinte sanguine, l’olfaction est bien ouverte et séduisante, avec des arômes de cerises kirschées, de baies noires, d’épices douces, de garrigue, et des notes de chocolat noir. La bouche, d’une grande jeunesse, est harmonieuse, riche, allongée, dense, profonde, soyeuse, agrémentée de saveurs intenses de fruits épicés. La finale est longue, pulpeuse, équilibrée, puissante sans ostentation, savoureuse (fruits, épices, note de réglisse, herbes aromatiques) avec des notes de chocolat et de menthol. Noté 18,5


Châteauneuf : Domaine de La Mordorée :  Reine des Bois 2010

La robe est profonde, avec un liseré de couleur violine à sanguine, l’olfaction, intense et séduisante, évoque, les cerises noires, la boite à épices, les herbes de Provence, avec des notes de chocolat, de fine réglisse, et un élevage très en retrait. La bouche est riche, très veloutée, puissante, avec des tannins fins et serrés enrobés par une chair  bien formée, le milieu est dense, concentré, avec des fruits purs et expressifs. La finale est longue, très soutenue, bien équilibré, d’une bonne fraîcheur (rarement observée), savoureuse et complexe. Noté potentielle : 18


Ermitage : Chapoutier : Le Pavillon 2010

La robe est profonde, avec un liseré de teinte sanguine à violine, L’olfaction, nette et intense, évoque les fruits noirs variés (dont le cassis et la mûre sauvage), la boite à épices, avec des notes fumées et réglissée. L’attaque est riche, les tannins sont tramés très serrés, le milieu de bouche est dense, concentré, ample, très finement texturé, bien en chair, rehaussé de fruits purs et très expressifs. La finale est longue, précise, très soutenue, très fruitée, épicée, et réglissée, d’un équilibre magistral, grâce à une fine acidité gustative sous-jacente qui participe à l’harmonie du vin si richement doté. Note potentielle : 19

Ermitage : Chapoutier : Le Pavillon 2004

La robe est profonde, de teinte grenat, très légèrement évoluée au bord du verre. Le bouquet complexe et très expressif évoque, les fruits noirs (cassis et mûres), le graphite, les poivres raffinés et élégants, l’humus, le sous-bois, l’âtre, avec des notes d’épices douces et de légère réglisse. La bouche est puissante, avec des tannins fins, mûrs et structurants, tramés dans un centre énergique, dense, charnu, d’une agréable douceur tactile, doté de fruits intenses et épicés. La finale est longue, très soutenue, tout en conservant un séduisant velouté de texture, harmonieuse, soulignée par des intenses et complexes saveurs (( fruits, épices, graphite, réglisse), et des notes poivrées un peu plus accentuées. Noté 18 . 

 

Côte-Rôtie : Guigal : La Mouline 1998

La robe est assez profonde, de teinte sanguine à rubis, le nez est pur et intense, avec des arômes de myrtilles, de cassis, de violettes, de boite à épices, et des notes très légèrement viandées (lard fumée), et d’élevage encore perceptible (léger café). La bouche est pure, alliant une grande finesse du grain tannique et une trame serrée qui donne de la densité et du corps au vin dans un milieu de bouche rehaussé  de fruits intenses et charnus finement réglissés. La finale est longue, fraîche, appuyée, savoureuse et complexe, ponctuée par une note de violette très pure. Noté 18


Châteauneuf du Pape : Rayas 2001

La robe est assez soutenue, de couleur pourpre. Le bouquet intense et kaléidoscopique évoque les cerises kirschées, les fraises sauvages, les épices orientales, les roses, avec une note d'orange sanguine. L'attaque est très veloutée à soyeuse, les tannins fins, serrés et mûrs se trament dans un corps fuselé, très dense enrobé par une chair délicate, rehaussé de fruits épicés. La finale est longue, bien tenue par des tannins un rien plus fermes, au grain enrobé, harmonieuse et complexe (fruits, épices, fleurs, herbes aromatiques). Note potentielle 18


Posté par Daniel S à 00:01 - Dégustations éclectiques - Commentaires [0] - Permalien [#]