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Miss.tic

Publié le 08 décembre 2015 par Aelezig

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Miss.Tic est une artiste plasticienne et poète d'art urbain née le20 février 1956 à Paris. Ses œuvres apparaissent dans le paysage pictural et urbain à partir de 1985

Née à Montmartre d’un immigré tunisien, tantôt ouvrier, tantôt fort des Halles, et d’une mère paysanne, Miss.Tic grandit sur la Butte, le quartier des poètes, des peintres et des prostituées ; plus tard, devenue une figure de l'art de la rue, elle utilisera souvent la référence à ce quartier dans ses œuvres et ses performances.

En 1964 sa famille s’installe à la Cité des aviateurs à Orly. En 1966, sa mère, son frère et sa grand-mère meurent dans un accident de voiture. En 1972, son père décède d’une crise cardiaque ; elle a seize ans. À la fin de ses études secondaires, elle se forme pendant plusieurs années au gré de travaux d’arts appliqués – décor de théâtre, maquette, photogravure –, puis part s'installer en Californie où elle dit avoir étudié à Berkeley. Néanmoins des doutes subsistent sur ces années californiennes... 

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De retour en France, Miss.Tic se consacre au pochoir à la bombe comme technique, avec les murs comme support. Elle n'a suivi aucune formation en école d’art, mais ses autoportraits, encore sommaires, sont rehaussés d’épigrammes à base de jeux de mots, de calembours, qui composent une chronique de son existence.

Le pseudonyme qu'elle se choisit, emprunté au personnage de sorcière railleuse Miss Tick du Journal de Mickey, est dans l’esprit de ces années-là. Beaucoup de jeunes peintres s’affublent en effet de surnoms puisés dans les bandes dessinées, tels Placid et Muzo, les frères Ripoulin, Blek le rat...  Cette tendance est en rupture avec l’intellectualisme abstrait ou métaphysique des décennies précédentes.

En 1985, Miss.Tic a donc trouvé son style mais aussi ses lieux d’intervention : les quartiers de Ménilmontant, Montmartre, le Marais, Montorgueil, La Butte-aux-Cailles. Elle est la première à utiliser les murs pour raconter sa vie, ses désirs, ses ruptures sentimentales, ses travers, ses fantasmes, comme lieu d’expression directe et synthétique.

Bien que vite repérée pour sa singularité, Miss.Tic reste pourtant en marge du milieu de l’art. Le pochoir est alors perçu comme un mode mineur ; au mieux une œuvre éphémère, au pire une dégradation de bâtiments. Mais Miss.Tic n’est pas la seule à subir cet ostracisme. Les jeunes graffitistes sortis des années 1980, ou encore des artistes classés dans le Nouveau Réalisme, sont mal considérés. Il faudra longtemps avant que ce préjugé du milieu de l’art ne s’inverse.

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Miss.Tic affirme de plus en plus une déclinaison bien à elle, en jouant sur les stéréotypes de la femme séductrice : le fétichisme, où se croisent la robe fourreau, le décolleté, les porte-jarretelles, les bas, les lanières, le fouet, les gants montants, vient percuter ses épigrammes poétiques. Ce contraste fait imploser l’expression aguicheuse du dessin. Son œuvre provoque un questionnement, foulant aux pieds les archétypes de la « femme marchandise ».

Déjouant la fausse perfection de la publicité et les redondances du slogan, Miss.Tic interpelle, ce qui est l’essence même d’une œuvre : « Les images de femmes que je représente sont issues des magazines féminins, je les détourne. Je développe une certaine image de la femme non pour la promouvoir mais pour la questionner. Je fais une sorte d’inventaire des positions féminines. Quelles postures choisissons-nous dans l’existence ? ».

Au cours des années 1990, elle commence à exposer, seule ou en collectif, dans de petites galeries parisiennes ; des expositions associées parfois à des performances déclamatives, qu’il s’agisse de ses propres textes, de mémoires de prostituées, ou de poésies de Jacques Prévert… Cette décennie se conclut par l’édition d’un premier livre, Je ne fais que passer, édité en 1998.

Toutefois, en ville, la multiplication des tags et des bombages est de plus en plus mal perçue par les autorités. En 1997, Miss.Tic n’échappe pas à une arrestation et à un procès pour détérioration d’un bien par inscription, signe ou dessin, qui se conclut, en janvier 2000, devant la cour d’appel de Paris par une amende de 4500 €.

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En 1999, elle se retrouve sur presque tous les murs de France en signant l'affiche de la Fête de l'Humanité ce qui gonfle conséquemment sa notoriété. Cependant, en 2002, son exposition à la fondation Paul Ricard, Muses et Hommes, amorce un nouvel élan. Avec un brin d’arrogance et comme pour signifier une continuité avec les maîtres de la peinture, elle y réinterprète un certain nombre d’œuvres de maîtres anciens (Le Caravage, Rubens, Raphaël, Delacroix, David, Gauguin, Manet, Gustave Moreau...), rehaussées de charges critiques, de jeux de mots scabreux.

Ce n’est qu’à partir du milieu des années 2000 que Miss.Tic se défait d’une marginalité jusqu'alors inconfortable. Les institutions commencent à accréditer certains artistes de ce mouvement, essentiellement masculin, dans lequel Miss.Tic incarne la femme libre et indépendante. La presse nationale se met à lui consacrer de longs articles. Des marques s’intéressent à son travail, à son image de Parisienne et de sorcière ludique : loueur automobile, maroquinier, couturier, papetier…

Les expositions dans des galeries de renom se font plus fréquentes. Des foires d'art contemporain l’invitent, à Venise ou Miami. En 2007, Miss.Tic entre dans la collection du Victoria and Albert Museum de Londres. Le cinéaste Claude Chabrol lui demande de réaliser l’affiche de son film La fille coupée en deux.

Des commandes publiques surviennent : à Lyon, le ministère du Logement et de la Ville, sous la tutelle de Christine Boutin, lui commande plusieurs pochoirs en 2007, sous l'intitulé Réunions de chantier. La même année, la ville d’Orly lui commande une œuvre pour la façade de la résidence d’étudiants Léo-Ferré ; une consécration, en même temps qu’un émouvant retour aux sources.

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Si son travail présenté en galerie évolue, les couleurs et les supports aussi : toiles, plaques d’acier rouillé, parpaings, papiers déchirés et collés donnent une nouvelle dimension plastique à son œuvre. S

Les éditions Grasset publient, en novembre 2008, un recueil de ses phrases et de ses dessins, sous le titre Je prête à rire mais je donne à penser. En mai 2010, une rétrospective de son œuvre est organisée à Singapour avec le soutien de l’Alliance française. 

Le 8 mars 2011, La Poste émet lors de la Journée des femmes des timbres reproduisant des œuvres de Miss.Tic, inspirées de ses pochoirs. 

Le 18 octobre 2013, l'Agglomération de Montpellier choisit Miss. Tic pour la réalisation du design de la 5e ligne de tramway de son réseau, prévue en 2017. Elle succède ainsi à Garouste et Bonetti (design lignes 1 et 2), et à Christian Lacroix (design lignes 3 et 4).

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D'après Wikipédia


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