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Un lieu enchanté 6eme participation à l'atelier bric à book

Par Eirenamg

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Comment réagir  face à un rêve ? Être désemparée devant ce spectacle grandiose. Figée hors du temps. J’avais tellement rêvé de ce lieu que maintenant que j’y étais, j’étais intimidée comme une enfant avant l’ouverture de ses cadeaux de Noël.

Au départ j’avais aimé Versailles à travers la lecture des livres d’Anne Golon, les Angélique, puis plus tard dans l’allée du roi de Françoise Chandernagor. L’école m’avait fait découvrir l’envers du décor, l’antre du roi soleil, beauté du classicisme à la française, joyau de la monarchie absolue et de ses codes. Ce qui avait été le début de ma fascination pour cette période, pour ce château à la façade imposante, son parc et sa symétrie parfaite à la française. Sa grande cour où stationnaient les carrosses.

Devant les grilles du château, l’imagination se réveille, elle reprend ses droits en contemplant ces pierres qui semblent avoir une âme. Je ressens la majesté, le côté exceptionnel de cet endroit. Je m’attends presque à voir du coin de l’œil apparaître les nobles de la cour et les belles dames avec leurs ombrelles pour se protéger du soleil.

Au son de la musique des grandes eaux dans le jardin, je déambule comme l’ont fait quelques siècles plus tôt les contemporains de Molière, dans cette nature domestiquée et ordonnée. Cette nature chargée d’histoire dont Louis XIV a écrit un guide pour profiter pleinement de ses jardins.

Dans le bâtiment, je me laisse submerger par la magie de la galerie des glaces qui reflète et démultiplie mon reflet, ma silhouette comme à l’infinie. Avec au plafond, ces candélabres qui ont vu se consumer des milliers de bougies. Je me sens minuscule et surtout fragile face au temps qui passe. Dans ce  lieu imposant, vestige d’un passé révolu,  je perçois encore l’écho des pas dans la galerie, des rires dont le bruit fait vibrer les pierres. Le charme du château opère, je me sens imprégnée d’un profond respect, d’un calme olympien au fur et à mesure de mes déambulations. J’ai l’impression d’être une enfant dans un palais de conte de fées, existant pour moi seule, capable de comprendre son âme et ses mystères. Je m’émerveille des dorures, pierres, dalles polies par le temps et de ces fenêtres immenses, ouvertures sur le monde extérieur.

Mais le charme est soudain rompu brutalement par le bruit d’une horde de touristes avec leur guide qui traverse devant moi. Retour à la réalité, fin de cette petite balade hors du temps. Je me réfugie dans la salle suivante où une famille est déjà présente. Le père est couché sur les genoux de sa femme qui le regarde tendrement. Une ado leur tourne le dos, sans doute leur fille qui regarde comme pour s’échapper  l’extérieur, peut être qu’elle aussi a subit la magie des lieux au point qu’elle en a oublié son audioguide.

Pour contempler la vue, je m’approche de la fenêtre la plus proche, pour contempler une dernière fois cette vue magnifique. Puis je descends quatre à quatre les escaliers pour me diriger vers la sortie pour rentrer chez moi. En m’en allant,je pensais que  c’était  dingue comment un lieu, une histoire peut changer le cours d’une vie. Si je n’avais pas ouvert ce livre, je n’aurais pas découvert Versailles, je n’aurais pas aimé lire, eu envie d’en apprendre davantage. Je ne serais pas devenue prof comme quoi ce lieu est vraiment magique. Peut être que la fille à la fenêtre a ressenti la même chose, le sentiment que ce lieu allait compter dans sa jeune vie.


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