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La maladroite d'Alexadre Seurat: un cri vibrant d'émotion.

Par Eirenamg


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La maladroite est un premier roman magistral, qui vous transperce le cœur. Il raconte l’histoire d’une petite fille Diana à travers le regard de ceux qui l’ont côtoyé pendant 8 ans. Chacun raconte sa partie de l’histoire ce qu’il a vu, fait ou non, sa responsabilité dans le drame de cette petite fille. Dans cette chorale de voix, la seule qui manque vraiment est celle de l’héroïne qui parle si peu.

L’écriture est sobre, efficace, elle nous interroge sur la responsabilité de l’administration, du système qui a chaque fois a été alerté. L’impuissance de l’institutrice, des directrices des écoles qui signalent et tentent de faire parler Diana sont vibrantes. Ce sentiment qu’on ne peut rien contre la machine, qu’un drame est en train de se nouer dont on connait déjà l’issue. Comme dans une tragédie moderne dont la petite fille prénommée comme la princesse au destin brisé est l’héroïne.

Diana, petite fille en manque d’amour et d’affection, qui ne sait pas comment se comporter vis-à-vis des adultes et de ses camarades. Elle ne se départie jamais de son sourire et de son rire malgré ses blessures, son mal être. Elle, elle veut rire, jouer, faire plaisir à ses parents, en répétant à tout le monde que oui elle est maladroite et que les blessures ont des explications. L’histoire de cette petite fille, ce qu’on devine derrière les mots, les blessures est extrêmement fort.

A l’inverse, le silence de son demi-frère froid qui assiste impuissant à la ronde des adultes Arthur questionne. D’une certaine manière, il attend que les adultes jouent leur rôle et il assiste comme témoin proche et pourtant lointain de ce drame. Se pose ainsi la question de la responsabilité, de l’action qui est au cœur du récit, sans pathos, sans voyeurisme qui constate les faits. Les signalements, les tentatives, les réactions des parents, de l’administration face à la petite fille.

On termine le récit avec une boule à l’estomac, un sentiment de gâchis face à cette petite fille à qui on n’a laissé aucune chance. Et on lui imagine un autre destin, on espère mais la vie n’est malheureusement pas un roman.

Je me suis identifiée aux instituteurs, aux gendarmes qui ont tenté de sauver la petite, l’attitude des parents est révoltante. L’indifférence de la tante, du frère m’ont glacé même si c’est plus facile de les juger assis tranquillement à lire.

Mais au-delà du fait divers ce qui nous questionne c’est notre attitude vis-à-vis d’un danger qui touche autrui ? Comment aurions nous réagit ? Il faut lire ce court roman qui touche au cœur et qui s’est inspiré malheureusement d’une histoire réelle. Pour ne plus dire qu’on ne savait pas et agir quand il le faut.

PS: merci à Laurie de m'avoir prêté ce roman et de l'avoir si bien présenté en octobre: pour lire son avis :

La maladroite d'Alexadre Seurat: un cri vibrant d'émotion.
La maladroite, Alexandra Seurat - Laurie lit
Encore la rentrée littéraire, Encore le projet "68 premières fois" de Charlotte l'insatiable ...ou comment lire un premier roman dans les tout premiers et en ressortir un poids dans le ventre. La maladroite, c'est Diana.
http://laurielit.canalblog.com

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