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Chronique Les voitures mythiques au cinéma (Philippe Chanoinat et Philippe Loirat) – Jungle !

Par Bande Dessinée Info

Ah ! Que voilà un ouvrage plaisant qui dresse un petit panorama de l’apparition de quelques légendaires modèles de voiture dans une poignée de films non moins célèbres. Enfin, pas forcément tous, mais le principe même d’un tel opus est d’être subjectif, en ce sens qu’il reflète avant tout les préférences des auteurs, qui ne sont pas obligatoirement celles du lecteur.

Ainsi, sur les vingt-six films listés ici, on en compte quand même près d’un quart d’origine française, avec des modèles de voitures qui ne font guère fantasmer que le public hexagonal. Honnêtement, la 2 CV du « Corniaud » est quand même loin d’avoir la même aura allégorique que la Ford Mustang de Steve McQueen dans « Bullit » ou la Ford Falcon « Interceptor » de Mel Gibson dans « Mad Max » dans l’imaginaire collectif. Ceci dit, étant moi-même fort peu sensible au cinéma franchouillard, je confesse que, de ces six films français, je n’en ai vu qu’un seul, « Ne nous fâchons pas », plus pour les dialogues d’Audiard que pour les formes anguleuses de la R8, fût-elle Gordini. Une fois cet écueil franchi, il reste quand même une belle brochette d’automobiles et de longs métrages aujourd’hui entrés au panthéon du septième art. Ou du huitième d’ailleurs, puisque trois séries télévisées sont venues se glisser là-dedans, « Le prisonnier » et la Lotus Super Seven de Patrick McGoohan, « Columbo » et la 403 Cabriolet de Peter Falk, toutes deux irréprochables, « Magnum » et la Ferrari 308 de Tom Selleck, plus quelconque. Pour ce qui est du grand écran, donc, de la Mercury de James Dean dans « La fureur de vivre » à la Ford Gran Torino de Clint Eastwood dans « Gran Torino », il y a de la belle carrosserie bien rutilante à admirer au fil des pages. Citons l’Aston-Martin DB5 de James Bond, le hot rod Ford Coupé 1932 de Paul LeMat dans « American graffiti » (pour l’anecdote, non mentionnée par Philippe Chanoinat dans le livre, la plaque minéralogique de la voiture porte le numéro « THX 138 » qui est le titre du tout premier film de George Lucas en 1971, deux ans avant celui-ci), la Dodge Monaco Sedan des Blues Brothers, la Ford Thunderbird de « Thelma et Louise » ou la Jaguar Type E aux couleurs de l’Union Jack d’Austin Powers.

Certes, tout un chacun trouvera qu’il manque tel ou tel film, tel ou tel voiture. Pour ma part, j’aurais bien vu « Boulevard de la mort » de Tarantino, « Faster pussycat ! Kill ! Kill ! » de Russ Meyer, « Duel » de Steven Spielberg, voire les « Keystone Cops » de Mack Senett, « Le cinquième élément » de Luc Besson, « Chitty Chitty Bang Bang », la voiture volante créée par Ian Fleming, ou la série « Chapeau melon et bottes de cuir » plutôt que la Coccinelle de Disney. Mais il est évidemment impossible de contenter tout le monde. Un coup de cœur néanmoins, la triplette de Mini Cooper de « L’or se barre » en 1969. Je me souviens avoir vu le film au cinéma à sa sortie et avoir été fort impressionné par la déambulation des trois petits bolides dans les rues de Turin. Un film que, curieusement, je n’ai jamais revu depuis. Il va falloir que je comble cette lacune.

Un regret, la Batmobile. La seule voiture de fiction de tout le livre. Les auteurs ont choisi d’illustrer celle, très moche, et c’est une euphémisme, de la trilogie « Dark Knight » de Christopher Nolan. Alors que celle de la série télévisée des années 66/68, élaborée sur la base de la Lincoln Futura, voiture construite en 1955 en un seul et unique exemplaire, est devenue autrement plus mythique, pour coller au concept de l’ouvrage. Ou même celle du « Batman » de Tim Burton en 1989, pour conserver l’idée de la voiture de fiction. Les auteurs développent chacun des vingt-six couples film/voiture sur une double page. Une page de texte en trois parties, présentation de la voiture, synopsis du film et anecdotes concernant le long métrage et/ou les acteurs. En face, une pleine page dessinée, en trois parties également, avec l’automobile du film, rendue de manière très réaliste, presque photographique, c’est quand même le sujet principal du livre, le (ou les) personnage qui l’utilise, traité façon caricature, et une vignette représentant l’un des décors les plus emblématiques dans lesquels évolue tout ce petit monde, mixage des styles précédents, proche de la bande dessinée semi-réaliste.

Bel exercice de style de la part de Philippe Loirat qui démontre toute l’étendue de son talent. Notons que les deux auteurs ne sont pas dépaysés avec cet album, puisqu’ils sont déjà les père de la série « Les flingueurs », qui s’inspire très fortement de la trilogie de Georges Lautner, « Les tontons flingueurs », « Les barbouzes » et « Ne nous fâchons pas ». Série dont le héros, Raoul Fracassin, est le portrait craché de Lino Ventura. Quant à la tranche de cet album, elle arbore un chiffre « 1 » qui pourrait bien nous laisser espérer un second volume. Il y a de la matière, automobile et cinéma ayant toujours fait bon ménage, d’autant qu’ils sont apparus quasiment en même temps et ont donc grandi ensemble. Affaire à suivre.

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