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J’avancerai vers toi avec les yeux d’un sourd - chronique : un documentaire intime et militant!!

Par Filou49 @blog_bazart
18 janvier 2016

  

Affiche J'avancerai

J'en ai parlé hier matin  lors de mon billet concours  : j’ai eu récemment la chance de voir "J'avancerais vers toi avec les yeux d'un sourd", ce film de Laetitia Carton qui sort en salles mercredi prochain, le 20 janvier.

Second long métrage documentaire d'une jeune cinéaste qui avait déjà réalisé  « Edmond un portrait de Baudouin » qu’on a vu et chroniqué  ici même en avant première un vrai beau film, à la fois militant et personnel et émouvant.

"J’avancerai vers toi avec les yeux d’un sourd" -  beau titre extrait d'une chanson du québécois Richard Desjardin, repris quelques années après par Françis cabrel, "quand j'aime une fois c'est toujours"- est le récit de quinze ans de militance et de complicité de la cinéaste avec des amis sourds, en forme de lettre envoyée à cet ami sourd qui s’est donné la mort. 

009 Camille

 Un film qui dépasse l’aspect purement militant, ne serait ce que par cette forme, épistolaire  qui donne émotion et sensibilité  et qui parvient parfaitement à  à nous transmettre la fascination que la cinéaste éprouver depuis plus de quinze ans pour le monde des sourds.

Le désir de la cinéaste celui de nous faire accéder à ce monde que les entendant connaissent mal et qui est souvent peu ou mal traité par le cinéma et les médias rejoint sa préoccupation- déjà présente dans son premier documentaire su Badouin,  de montrer la beauté des gestes, des corps en mouvements.

Et plus globalement, ce désir de montrer aux néophytes un monde finalement assez inconnu et toute la beauté de cette langue des signes qui a longtemps été réprimée par les pouvoirs publics.

029

Des têtes pensantes qui tenaient absolument à ce que les sourds apprennent la langue orale,et l'appareillage, pour une sortie du silence- qui fait peur aux entendants selon un des témoignages entendus dans le film, et ce malgré la souffrance immense que cela peut occasionner.

Cela est une parole réccurente dans les témoignages du film le soulignent, même si, malheureusement, et c'est le seul petit bémol qu'on pourra opposer aux films, jamais les défenseurs de l'oralisme n'interviennent dans le film, nous poussant forcément à prendre faits et cause pour cette langue des signes, ici tellement valorisée et fascinante.

 Par son aspect poétique, même chorégraphique- Laetitia Carton a fait longtemps de la danse- et profondément artistique, le film dépasse vite l'aspect militant, pourtant revendiqué par la cinéaste, et réussit aussi à écarter le spectre du documentaire référence sur le sujet, à savoir Le monde des sourds de Nicolas Philibert, avec un parti pris différent sur le fond et la forme.

Nouvelle image

 Le film touche aussi beaucoup par sa scène finale avec la révélation des premières images de Vincent dont on entend parler pendant tout le film et la participation de la chanteuse Camille dont l’adhésion au projet est à la fois une évidence et une idée formidable.

Ce documentaire, finalement assez optimiste dans ses témoignages et les petites avancées qu'il met en exergue pourrait permettre  de faire encore plus avancer les choses.... Un documentaire sensible et émouvant, que demander de plus?  


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