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“LE PETIT-BOURGEOIS”, espèce sociale en voie de disparition ?

Par Citoyenhmida

Il est très malvenu de faire référence au “petit-bourgeois” : ni dans le contexte occidental, notamment français, à gauche comme à droite : les français de gauche considère le petit bourgeois comme “le beauf macho et raciste” et ceux de droite comme “craintif, hypocrite et corporatiste

Dans le contexte national, le petit bourgeois rappelle l’existence de cette nouvelle classe moyenne, ni riche ni pauvre, ni politisée ni proche du pouvoir, laborieuse et ambitieuse, née ex-nihilo après l’indépendance du pays!

Jacques de SAINT VICTOR, historien, essayiste et chronique, aborde dans “IL FAUT SAUVER LE PETIT-BOURGEOIS“, publié chez les Presses Universitaires de France en 2009, la situation de cette frange de la population et il y analyse les racines de la crise qu’elle vit actuellement.

petit bourgeois

L’auteur commence par donner une définition particulièrement intelligente de cet animal social qu’est le “petit bourgeois” qui appartient à ce groupe “où il n’y a pas la misère, mais où l’aisance n’est que très relative” ce qui ressemble assez à la “classe moyenne” mais pas tout à fit !

En effet, selon l’auteur le “petite bourgeoisie” représente cette frange de la population qu est évictime d’un système de consommation et de croissance infinies, un système qui miroite le confort à portée de main ou de carte de crédit”. Donc finalement, il s’agirait de la majorité, qui n’a qu’une ambition, celle d’améliorer sa situation.

Dans les pays occidentaux, cette petite bourgeoisie est la première victime de la crise qui a frappée de plein fouet leur économie à la fin de la première décennie 2000, sous les coups de butoir du reaganisme et du thatchérisme.

C’est donc cette population fragilisée que Victor de Saint Victor veut “sauver”!

Après avoir été meurtrie par des différentes crises – subprimes aux U.S.A. et crise de la dette publique en Europe, comme en Grèce notamment – la petite bourgeoisie risque de disparaître en laissant la place d’une part à une aristocratie de l’argent facile et d’autre part à une masse de démunis.

Le livre de Jacques de Saint-Victor aboutit à une conclusion assez abrupte quand il affirme que “le capitalisme anglo-saxon est bien à l’origine de cette crise” d’autant qu’il donne comme référence le prince Charles, prince de Galles, quand il fait l’éloge de la tradition, des valeurs morales et de la protection de l’environnement.

Bien sûr, l’analyse de l’auteur ne s’applique pas à nos classes moyennes ! Pour autant qu’elles existent, selon les affirmations de beaucoup d’observateurs!

Pourtant selon le Haut Commissariat au Plan, dans son étude publiée en 2009, la classe moyenne au Maroc représenterait 53% de la population regroupant les catégories socioprofessionnelles de niveau de formation et de qualification intermédiaire (employés, artisans et ouvriers qualifiés des métiers de l’artisanat, rentiers, retraités et inactifs, cadres moyens, commerçants et intermédiaires financiers, ouvriers agricoles et non agricoles,exploitants agricoles et cadres supérieurs et professions libérales).

Cette classe moyenne marocaine est-elle la cible d’une crise similaire à celle qui a frappé la “petite bourgeoisie” occidentale? La question mérite d’être posée! Quel analyste s’attellera à nous apporter la réponse.


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