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[Dossier] Ces films de super-héros plus violents et/ou subversifs que Deadpool

Par Onrembobine @OnRembobinefr
[Dossier] Ces films de super-héros plus violents et/ou subversifs que Deadpool

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Depuis sa sortie, Deadpool, de Tim Miller, ne cesse d’asseoir sa suprématie sur le box-office mondial. Véritable carton, il semble même avoir amorcé une vraie réflexion au cœur des studios, qui pour le coup, ont enfin vu le potentiel d’un discours plus brut de décoffrage qu’à l’accoutumée. Tout spécialement dans le petit monde des super-héros, où l’absence de violence trop graphique allait de pair avec la volonté de fédérer toutes les tranches d’âges et donc de remplir au maximum de leur capacité les multiplexes. C’est donc un fait : quelle que soit sa qualité, Deadpool a prouvé que les fans de comics, peut-être un peu lassés par les adaptations trop « grand public » de hits Marvel ou DC Comics, étaient encore prêts à se rassembler autour d’un personnage capable de jurer et de faire couler le sang de ses ennemis. Pourtant, difficile de ne pas s’étonner devant la capacité d’une sorte d’inconscient collectif d’oublier les films qui ont ouvert la voie. Ceux qui ne se sont jamais pliés à la bien-séance, envers et contre tous. On considère aujourd’hui Deadpool comme une sorte de héros du Rated-R (l’interdiction aux mineurs de moins de 17 ans, à moins qu’ils ne soient accompagnés d’un adulte). Comme celui qui a imposé un nouveau schéma et ainsi contribué à sauver toute une entreprise du marasme dans lequel elle commençait à s’enfoncer, toujours selon cette espèce de pensée collective unilatérale.  Au fond, tant mieux. Que le succès de Deadpool puisse ouvrir la voie à des longs-métrages plus hardcore est une bonne nouvelle. Visiblement, par exemple, le prochain et dernier Wolverine devrait être l’un des premiers à bénéficier des effets secondaires de cette prise de conscience, en proposant à son tour un spectacle plus radical et donc plus fidèle avec les aventures de papier de Logan.

Mais tout de même… Avec sa structure hyper convenue, son scénario somme toute anecdotique et ses effets de manches plutôt cyniques, Deadpool fait plutôt pâle figure quand on le compare à ceux qui ont franchement poussé plus loin le mauvais goût et la subversion. Des films aujourd’hui étrangement oubliés, alors que Deadpool, avec ses quelques injures, ses 2 plans furtifs sur une paire de seins dans un club de strip-tease, ses blagues de cul et ses exécutions sommaires certes brutales mais toujours assorties d’une bonne blague histoire d’alléger la sauce, a habilement noyé le poisson, tirant à lui une couverture qui ne lui a appartenu que dans le comics. Alors oui, le Deadpool des bd est un vrai porte-drapeau de l’insolence sauvage et décomplexée. C’est indéniable. Celui de Ryan Reynolds pour sa part, n’est qu’une illustration habilement aseptisée. Un super-héros comme les autres, avec le permis de tuer, de balancer des insultes, mais toujours enclin à répondre présent à l’appel de tous les lieux communs qui caractérisent en 2016 le délicat exercice de l’adaptation au cinéma d’un comic book appelé à cartonner.

DEADPOOL

Crédits photos : 20th Century Fox/Marvel

À l’heure où les spectateurs se pressent en masse pour voir un film certes divertissant, parfois exaltant, plutôt drôle et spectaculaire, mais aussi terriblement conventionnel et lisse, dont la seule et authentique prouesse est de pousser, par d’incessants petits coups de coudes, à faire croire en ce qu’il n’est pas vraiment, un petit toru d’horizon des longs-métrages plus rock and roll s’imposait. Des œuvres rares, jusqu’au-boutistes, hargneuses, sauvages, gore, qui plus est souvent beaucoup mieux emballées, par des réalisateurs bénéficiant d’une liberté à laquelle beaucoup prétendent…

KICK-ASS, de Matthew Vaughn (2010)

Cette brillante adaptation du comic book de Mark Millar John Romita Jr. fonce dans le tas dès les premières minutes. Bénéficiant du savoir-faire d’un Matthew Vaughn en pleine possession de ses moyens, qui plus tard offrira une brutale remise à jour de la figure de l’agent secret avec Kingsman, Kick-Ass est un véritable coup de pied dans la fourmilière. Ses super-héros, dénués de super-pouvoirs, se frottent à d’authentiques enflures, qu’ils défouraillent à coups de gros calibres ou d’armes blanches amenées à se couvrir d’hémoglobine. Déconstruisant les codes du film de super-héros mais aussi ceux du teen movie, se payant le luxe de parfois verser dans le drame le plus âpre ou la comédie la plus franche, le film est un modèle du genre. Subversif (opposer une gamine de 12 ans armée jusqu’aux dents aux pires représentants de l’espèce humaine, il fallait oser), il n’édulcore en rien le comic, propose un spectacle enlevé, souvent virtuose, hardcore à souhait, d’où le cynisme est exclu, contrairement au second degré, affirmé et célébré. Dans le genre, personne n’a fait mieux. Y compris Kick-Ass 2, qui si il reste divertissant et toujours relativement excessif dans sa démarche, n’a pas réussi à renouer avec l’indomptable verve de son prédécesseur.

SUPER, de James Gunn (2010)

Sorti en catimini, Super, du futur réalisateur des Gardiens de la Galaxie, met en avant une punk attitude totalement opposée à la bien-séance des gros studios. Avec son anti-héros, malade mental, qui croit être investi d’une mission divine, le film va très loin dans la violence, tout en en rajoutant réulièrement des louches, comme quand il impose au personnage interprété par le génial Rain Wilson une comparse, jouée par Ellen Page, encore plus timbrée. Le prétexte à une débauche drôle et irrévérencieuse, à base de coups de clé à molette dans la tronche, largement arrosée de drogue. Un trip halluciné pourtant terriblement âpre, entre pure comédie mal élevée et drame schizophrène sordide.

WATCHMEN : LES GARDIENS, de Zack Snyder (2009)

À priori, difficile, voire impossible d’adapter l’incroyable comic d’Alan Moore et Dave Gibbons. Chef-d’oeuvre acclamé, réfléxion socio-politique puissante en forme de remodelage total et burné du mythe du super-héros, Watchmen est un monument. Un monument auquel s’est pourtant attaqué Zack Snyder. Son film, si il n’atteint bien sûr pas l’intensité de son modèle, ni sa complexité, propose néanmoins un spectacle bien plus ambigu et incarné que de nombreuses adaptations de bandes-dessinées. Habité par une galérie de personnages sombres, caractérisé par une violence sordide, plongé dans un chaos permanent, Watchmen, le film, n’abandonne jamais devant l’ampleur de la tâche. Et c’est justement grâce à son courage, à ses parti-pris et à sa capacité à réussir quoi qu’il en soit à capturer par moment l’essence du comic, qu’il gagne ses galons.

PUNISHER : ZONE DE GUERRE, de Lexi Alexander (2008)

C’est après un premier essai totalement ancré dans la dynamique des films d’action de la Cannon, avec un Dolph Lundren parfaitement pertinent (d’ailleurs disponible dans une superbe réédition par The Ecstasy Of Films) et une sorte de reboot maladroit porté par Thomas Jane, qu’a déboulé, plutôt discrètement, cette nouvelle illustration de l’un des personnages les plus hardcore de Marvel. Incarné par Ray Stevenson, Frank Castle, alias le Punisher, a fini de tourner autour du pot. La première séquence, où il vient jouer les troubles-fête dans une réunion de bad guys, donne le La de ce qui sera une pure débauche de violence décomplexée. Étonnamment passée inaperçue, cette adaptation est pourtant à ce jour la plus fidèle du comic book. Du début à la fin, le rythme ne faiblit jamais, le sang ne s’arrête pas de couler, et l’humour, certes présent mais jamais envahissant, ne dilue pas de manière excessive la noirceur. Incroyablement brutal, Punisher : Zone de Guerre fut un échec mais demeure à ce jour l’adaptation Marvel la plus violente. Et de loin.

Crédits illustration de couverture : emmshin

@ Gilles Rolland 


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