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Il Trovatore à Bastille : décryptage d'une grande première

Publié le 22 février 2016 par Montagnessavoie
Que ce soit clair, ce n'est pas le fait que l'opéra Il Trovatore de Verdi se joue à Bastille qui est une grande première. La nouveauté, c'est que je me trouve parmi les spectateurs. Voici donc le décryptage de ma première fois à l'opéra... Le lieu :
Les petits rats, Casse-Noisette, les tutus, les arabesques, le Palais Garnier... voilà ce que je croyais être l'opéra. La danse classique, ça et seulement ça, quand j'étais enfant.... Il Trovatore à Bastille : décryptage d'une grande première
Que nenni ! Je l'ai appris quelques années plus tard, un jour de grève et de neige à Paris. Au bout d'une bonne heure de marche dans le froid entre Porte des Lilas et Bastille, en compagnie d'une aficionada de l'art lyrique, quelle ne fut pas ma surprise de découvrir que sur la fameuse place, outre les cappuccinos à 8 euros, se trouvait l'illustre Opéra Bastille ! Je plaisante, bien sûr. Je me doutais bien que les consommations verraient leur prix gonfler aux abords de cette construction moderne mais somme toute élégante, située dans un quartier toujours en mouvement. A l'intérieur de l'opéra, deux ensembles entrent en opposition : le hall, blanc et verre, lumineux, là où les vendeurs de programmes font chanter leur organe vocal d'une manière assez singulière pour attirer le chaland, également l'endroit où les tenues de soirée contrastent avec mon jean baskets, bon... ; et la salle proprement dite, toute de noir et de bois, décor neutre et teintes sombres qui s'éteignent pour mieux laisser place au spectacle. Il Trovatore à Bastille : décryptage d'une grande première
Il Trovatore à Bastille : décryptage d'une grande première Le public: C'est politique, les places sont de plus en plus chères, pour bien sélectionner la clientèle. La Bastille se veut chantre de l'élitisme culturel. L'opéra, c'est pas pour les pauvres. C'est cette idée préconçue -mais en partie vérifiée - qui me faisait considérer ce genre de spectacle comme hors de portée, socio-culturellement parlant. Il faut dire que le public est fin connaisseur et exigent, en ce qui concerne les chanteurs, la mise en scène... mais également leurs voisins de place. Malheureusement enrhumés, nous avons eu droit à un "CHUT!" retentissant à la première toux, et à des soupirs exagérément agacés à toutes les suivantes. Du coup, j'ai applaudi quand il fallait, me suis copieusement mouchée à l'entracte et ai respiré pendant les applaudissements pour ne pas déranger. Marcher sur des oeufs... A notre décharge, nous étions assis au premier balcon, pas vraiment connu pour abriter les classes les plus prolétaires de la salle.  Le spectacle: Je ne me suis pas ennuyée une seule seconde. Il Trovatore, bien que l'histoire soit complètement tirée par les cheveux, m'a emportée. Dès le lever de rideau, apparition d'une colonne de soldats armés, glaçant mais captivant. Cette mise en scène du catalan Alex Ollé est assez controversée. Particulière, peut-être osée, je suis allée lire quelques critiques sur le sujet pour me faire une idée. Evidemment, inculte que je suis, je ne peux pas juger. Pas de comparaison possible non plus pour les voix, pas de repère, j'ai juste trouvé ça énorme, beau, envoûtant, séduisant, puissant, fort, et bien d'autres adjectifs encore pourraient me venir à l'esprit. La performance des chanteurs m'a laissée sans voix, émue, frissonnante et j'en passe. Surtout que nous venions voir l'une d'entre eux, et je vous assure que lors du salut final on n'était pas peu fiers ! Les coulisses: Le petit plus - enfin le grand ! -, c'est que, par l'entremise d'une porte secrète et de notre mezzo soprano préférée, nous avons eu la chance de pénétrer dans les coulisses de Bastille, d'évoluer dans les couloirs, de voir l'envers du décor et la porte de la loge du sublimissime Marcelo Alvarez. Tranquillement assis à causer dans l'une des loges, nous sommes ensuite sortis par le chemin des artistes, c'est-à-dire en passant sur l'arrière de la scène. Immense espace où le décor était en train d'être démonté et où attendait dans un "coin" le décor du Barbier de Séville. Le plus grand opéra du monde en terme d'infrastructure et d'installations a fini là de nous ensorceler.  Le bilan : Pour une première, on n'a pas fait les choses à moitié ! Mis à part cette ambiance snob qui peut dérouter des oreilles novices, le spectacle en lui-même est quelque chose de grandiose, de total. Une soirée de rêve, magnifique...

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