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Les faux amis de l’optimisation fiscale du point de vue de l’indépendance financière

Publié le 02 mars 2016 par Chroom

Les faux amis de l’optimisation fiscale du point de vue de l’indépendance financièrePayer moins d'impôts est bien sûr un moyen d'arriver plus vite à ses fins lorsqu'on est en quête d'indépendance financière. Il faut se méfier néanmoins de certains conseils qui, bien qu'ils puissent être très efficaces lorsqu'on est un salarié lambda, peuvent être contre-productifs lorsque l'on veut devenir rentier.

Très souvent le rentier en herbe cherche à optimiser sa fiscalité pour pouvoir augmenter sa capacité d'épargne. Investir dans la prévoyance professionnelle est un moyen extrêmement efficace pour faire baisser sa fiscalité en tant que salarié. En effet, les transactions dans le but d'améliorer la prévoyance vieillesse (2e et 3e pilier) sont déductibles du revenu imposable.

Néanmoins, quand on est en quête d'indépendance financière, il faut se méfier de tout ce qui touche à la prévoyance vieillesse. C'est paradoxal alors même qu'on recherche justement à prendre sa retraite, même si c'est de façon anticipée.

Le problème des différents systèmes de retraite, c'est qu'ils sont très fortement réglementés par l'Etat. Ce dernier essaie par plusieurs moyens de capter votre argent pour assurer non seulement vos vieux jours, mais aussi ceux des autres. Pour ce faire, le moyen le plus évident pour l'Etat c'est bien entendu les cotisations obligatoires aux différents systèmes de retraite, comme l'AVS et la LPP en Suisse. Mais il y a aussi des moyens plus subtils, où l'on vous encourage, par différentes incitations fiscales, à mettre de côté de l'argent pour vos vieux jours. C'est par exemple le cas du 3e pilier, toujours en Suisse.

Tout cela est certes louable et part a priori d'une bonne intention : vous assurer de quoi vivre lorsque vous aurez cessé votre activité lucrative... à 65 ans. L'ennui, c'est que votre argent va venir se noyer parmi les milliards déjà investis collectivement par l'ensemble de la communauté des travailleurs. Dans le meilleur des cas, cela se traduira par des avoirs que vous retrouverez plus tard, avec une très modeste plus-value (taux d'intérêt minimal LPP 1.25% en 2016...  no comment !). Pour le reste ce sera de l'argent qui ira directement payer la retraite des baby-boomers. Même si ça vous apporte la satisfaction de contribuer à la cohésion sociale, cela ne vous fait guère avancer sur le chemin de l'indépendance financière.

En plaçant votre argent sur les systèmes de retraite réglementés par l'Etat, vous privez une partie de votre épargne d'être placée directement sur des actifs qui vous apportent immédiatement des revenus performants, tels que les actions payeuses de dividendes croissants. Racheter des années d'assurance de son 2e pilier, ou investir dans un 3e pilier, signifie que votre capital sera indisponible jusqu'à l'âge de votre retraite. Vous ne pourrez donc pas utiliser cet argent en vue de devenir financièrement indépendant bien avant cette échéance (il est possible d'anticiper sa retraite de seulement 2 ans pour le 1er pilier, 5 ans pour les 2e et 3e piliers).

En procédant de la sorte, vous faites tout le contraire de ce qui est nécessaire pour devenir rentier. Vous bloquez un capital jusqu'à l'âge de votre retraite. Le taux d'intérêt qui sera appliqué à ce capital à toutes les chances d'être insignifiant. Vous aurez payé moins d'impôts certes, mais il aurait mieux valu économiser pour directement investir cet argent sur des placements rentables (comme des actions payeuses de dividendes croissants).

La seule possibilité pour échapper aux systèmes de retraite étatiques, c'est d'utiliser son 2e et 3e pilier pour amortir son propre bien immobilier. Vous faites d'une pierre, trois coups. Vous devenez propriétaire d'un actif, vous récupérez une partie des sous que vous avez durement gagné et qui vous ont été arbitrairement perquisitionnés pour êtres placés sur un compte à faible rentabilité et vous optimisez votre fiscalité. C'est la seule voie possible pour un futur rentier.

Encore mieux : si vous déménagez et que vous louez votre ancienne résidence principale pour laquelle vous avez fait usage de votre prévoyance professionnelle, vous n'avez pas à reverser l'argent que vous avez sorti de votre caisse de pension (ça aurait été le cas si vous aviez vendu).


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