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Union Européenne : condamnés à manger "européen" ?

Publié le 20 mars 2016 par Vindex @BloggActualite
Bonjour à tous,
Alors que le contexte est toujours très tendu entre notre gouvernement, les enseignes de grande distribution et les éleveurs, il me semble important de revenir brièvement sur une actualité récente peu glorieuse pour un quatrième acteur : notre éternelle Commission Européenne. En effet, celle-ci accroche une nouvelle perle à son collier d'inepties : une enquête sur le dos de l'enseigne "Intermarché" qui a pourtant souhaité augmenté son prix d'achat de la viande porcine. Dans cette affaire où l'on marche légèrement sur la tête, difficile de ne pas se rendre compte (enfin ou une fois de plus, au choix) de la divergence entre souveraineté nationale et supranationalité...

La décision d'Intermarché


La politique en question remonte à l'été dernier : il s'agissait d'un accord entre Leclerc et Intermarché pour acheter leur viande de porc au prix minimum d'1,40 euros le kg. En plus de réévaluer le prix payé aux éleveurs (suite à l'effondrement des cours), il respectait les "objectifs" du gouvernement.Malgré un certain échec de cette première décision, Intermarché a toutefois relancé sa politique de soutien aux agriculteurs, selon une stratégie sans doute de marketing et de communication. Qu'importe, puisque le groupe a promis un contrat de 5 ans sur un prix fixe d'1,50 euros le kg en échange du respect de critères qualitatifs, sans qu'il n'y ait de prix plafond (le prix peut donc monter mais pas baisser malgré les cours). 
On le voit, cette politique entamée par cette enseigne de la grande distribution semble aller dans le bon sens et offrir plus de stabilité aux agriculteurs de la filière porcine, qui pour certains, ont déjà signé cet accord. Mais tout cela est en suspend du fait de la Commission Européenne. 

Bruxelles vient fourrer son nez


En effet, en toute délicatesse alors que la situation est tendue, notre chère organe exécuto-législatif de l'Union Européenne a réagit à ces accords par la volonté de mener une enquête. Rien n'est donc tranché à ce jour mais rien de très rassurant dans cette annonce froide qui rappelle la discussion que veut mener l'UE avec la Pologne. 
Le prétexte est bien sûr le suivant : celui de la concurrence libre et non faussée. Encore cet "interventionnisme libéral" à la bruxelloise qui nous rappelle qu'au nom de principes libéraux, l'Europe est devenue de plus en plus bureaucrate. La viande achetée à 1,40 euros le kg pourrait en effet discriminer la viande d'autres pays... Peut-être bien, mais n'est-ce pas légitime de vouloir favoriser les filières qui nous sont les plus proches ? Est-on à la veille de supprimer tout label ou tout indice permettant au consommateur de se baser sur d'autres critères que sur le prix de sa viande ? Cette logique ne peut-elle pas être poussée jusqu'à l'attitude des consommateurs vis à vis des produits étrangers ? Après tout, eux aussi sont des acteurs économiques...
Si l'enquête révèle vraiment une volonté anti-concurrentielle derrière ces accords, Intermarché risque une amende de 5 pour cent de son chiffre d'affaire... Espérons que tout cela intervienne avant que la Loi El Khomri ne vienne justifier quelques licenciements économiques... Plus sérieusement, il semble difficile de croire qu'un tel arrangement soit anti-concurrentiel : il intervient dans un contexte tout autre qui l'explique largement, à savoir celui d'une crise agricole. Par ailleurs, il semble que de tels accords aient déjà été signés également dans d'autres filières agricoles comme Danone le 24 février dernier, sans que cela ne fasse l'objet d'une telle enquête.
Pour finir, on voit constate une fois de plus que l'UE tente d'exister, dans un contexte de difficulté sur la politique migratoire. Certes, on pourrait dire que la Commission Européenne fait son travail, mais dans le cas présent, cette intervention est étrange.  Elle bloque une négociation de prix tout à fait normale entre la grande distribution et ses fournisseurs (deux acteurs privés), négociation qui par ailleurs est cruciale dans un contexte baissier et tendu. Ce coup de pouce aux prix est également d'une logique imparable : la provenance de la viande étant un argument commercial, il est logique de payer plus chère une viande qui se vend mieux. Au regard de l'enquête de la Commission Européenne, assez dogmatique et peu pragmatique ici, on est en droit de se demander si bientôt, la supranationalité ne sera pas incompatible avec la volonté croissante de consommer local et national, et plus généralement avec les intérêts nationaux...
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