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Les recettes du bonheur - 3/10

Par Aelezig

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Un film de Lasse Hallström (2014 - USA) avec Helen Mirren, Om Puri, Manish Dayal, Charlotte Le Bon, Michel Blanc, Clément Sibony

Cucul-la-praline et doublage épouvantable.

L'histoire : Une famille de Mumbai, restaurateurs. Une révolte, des émeutes, et un incendie qui emporte la maman et le restaurant. Le père et ses enfants, dont l'aîné, Hassan, veut continuer la tradition familiale, décident de partir tenter leur chance ailleurs. Ils s'arrêtent dans un petit village du Sud-Ouest de la France et s'installent dans une vieille bâtisse. Ils veulent faire découvrir aux Français les spécialités culinaires indiennes (comme si on ne les connaissait pas déjà...). Sauf que Hassan, au pays de LA gastronomie, aimerait mieux lâcher la world food pour apprendre toutes les ficelles de la cuisine française, au grand dam de son papa. Autre problème, leur maison est située juste en face de l'un des meilleurs restaurants du coin, dirigé par la très autoritaire Madame Mallory, qui n'apprécie guère la blague... Même si elle découvre, incidemment, que le petit jeune homme d'en face possède en lui le potentiel d'un chef, un vrai.

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Mon avis : J'aime bien Lasse Hallström, Gilbert Grape, Le chocolat, Des saumons dans le désert, Faussaire... mais de temps en temps, il faut bien avouer qu'il fait des espèces de mélos, qui peuvent être assez charmants (Amour et mensonges), ou pas (celui-ci).

Les recettes du bonheur est une sorte de mélange entre son Chocolat précité (petit village, inconnu qui arrive, gourmandise), et le Goût de la vie de Scott Hicks, mais la sauce ne prend pas, c'est le cas de le dire... Il s'agit de l'adaptation d'un roman de Richard C. Morais. 

C'est gentil et mièvre ; un peu trop. Prévisible, cliché, guimauve à deux balles, choc des cultures vision bisounours. 

J'ai eu un gros choc en voyant Helen Mirren. Cette actrice, que j'adore et que je vénère, une des grandes dames du cinéma et du théâtre britanniques, a succombé aux joies du botox ou de la chirurgie, je ne sais pas trop. Elle n'affiche pas les pommettes bombées et le front lisse de ses consoeurs, à son âge ce ne serait pas raisonnable. Mais peut-être faisait-elle des petites injections discrètes et là... la piqûre de trop. Tout est figé. La lèvre supérieure, légèrement gonflée, n'évoque pas le canard, ouf, mais il y a un je ne sais quoi de bizarre, le menton semble plus affirmé que d'habitude, le sourcil plus haut... Le pire, c'est qu'on voit quand même les rides, donc franchement je ne pige pas ce qu'on lui a fait subir, à cette pauvre femme ! Pour le coup, sa prestation s'en ressent. Un visage tiraillé, charcuté, change les traits auxquels on était habitués, enlève de la pétillance au regard, moitié bridé, et donne une sévérité un peu dure là où justement la vieillesse apporte plein de douceur et de moelleux... 

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Quant au doublage... c'est une horreur. C'est pourtant Elisabeth Benchétrit qui, comme souvent prête sa voix à Helen, mais là, que s'est-il passé, je n'ai entendu QUE le Dr Quinn (Elisabeth double aussi Jane Seymour) ! Allez savoir pourquoi ! Ca m'a énervée tout au long du film. Sans doute que, entre le visage bizarre d'Helen, les répliques peu intéressantes, le personnage si falot et cliché, que seul le souvenir de Dr Quinn s'imposait à moi ! Pauvre, pauvre Helen ! Charlotte Le Bon joue très mal ou se double très mal, là non plus je ne sais ; peut-être les deux... On dirait que les voix ont été posées sans que les acteurs aient les images sous les yeux. C'est atone, terne, plat. En même temps, les dialogues ne brillent pas pas leur piquant, alors c'est moins facile pour eux, on va dire.

Même les plats sont mal "doublés" ! On nous parle des cinq sauces de base de la cuisine française : la béchamel, la tomate, le velouté (?), et deux autres dont je ne me rappelle plus. Et on nous montre en fait de la mayonnaise, de la vinaigrette, une sauce blanche... enfin rien qui correspond ! N'importe quoi.

Bref, vous pouvez éviter, c'est vraiment pas terrible...

La critique n'est pas tendre. Le public se montre plus indulgent. 177.000 entrées en France.

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