Magazine Culture

Ce qu’il nous faut c’est un mort par Souslespavéslapage

Par Livresque Du Noir @LivresqueduNoir
Donnez une note à cette publication Nb de votes : 0 / Moyenne : 0  qu’il nous faut c’est mort Souslespavéslapage

Je rêve souvent d’un endroit extraordinaire…

Dans ce rêve, il y a une charmante petite ville couleur pastel en bordure de mer. Il y a des falaises sur lesquelles viennent se briser les vagues. Il y a des mouettes qui poussent des cris et qui s’envolent à tire d’ailes, se laissant porter par le vent. Il y a un marché, tous les dimanches, où les notables côtoient les ouvriers, tous enrobés des mêmes odeurs et des mêmes couleurs.

Il y a ces gens qui vivent paisiblement : ce cafetier, affublé de son tablier de sapeur et qui salue les passants ; ce facteur, juché sur sa bicyclette et dont personne ne craint la venue. Les anciens jouent aux cartes sur les terrasses et les amoureux s’embrassent sur la plage, le soir venu.

Ici, tout le monde se connaît. L’argent n’est un problème pour personne. L’usine de la ville assure le plein emploi et fait vivre la ville entière. Les salaires sont confortables, les employés aiment leur travail, le patron est reconnaissant.

Et le rêve devient cauchemar…

L’usine est rachetée par un fond de pension, la fabrication est délocalisée à l’autre bout du monde, dans un pays que personne ne verra sans doute jamais. La direction divise pour mieux régner et joue avec ses employés comme des dieux jouant aux marionnettistes. La rentabilité prend le pas sur l’humain.

Dans les rues, les villageois ne sourient plus. Ils marchent, têtes baissées et attendent le prochain plan social qui bouleversera leur vie. Les jeunes partent vers un monde meilleur et n’espèrent plus la vie de leurs aînés. Le facteur n’apporte que des mises en demeure, l’amertume pesant lourd dans ses sacoches.

Et puis Hervé Commère écrit son livre…

Il prend ce rêve au bout de sa plume ; parle de mondialisation, de profit et de productivité ; dénonce plans sociaux et méthodes coercitives mais raconte la solidarité et le combat aussi.

Il crée des personnages extraordinaires dont les destins vont se croiser, puis se rejoindre. Il les façonne tel un sculpteur, utilisant l’humanité pour glaise. Ils les crée à notre image : fragiles et forts à la fois, honnêtes ou égoïstes, fiers ou mesquins, humains tout simplement…

Il raconte une histoire tristement ordinaire, d’un Eldorado bouffé par le capitalisme mais il donne de l’espoir. Il envoie de l’amour là où on ne l’attend pas. Il rend les choses belles et fait réfléchir au sens de la vie et aux choix que nous faisons.

Les romans d’Hervé Commère ont une force hors du commun. Ils sont à la fois simples et complexes et ils reprennent, l’espace d’une histoire, ce que le désabusement nous a volé. Il rend compte de l’importance de notre vie et de la réalisation de nos rêves, il donne envie d’aboutissement et de recommencement. Il fait sourire après un cauchemar et fait croire que tout est possible.

Il dit tout simplement que la vie, c’est devant…


Vous pourriez être intéressé par :

Retour à La Une de Logo Paperblog

Ces articles peuvent vous intéresser :

A propos de l’auteur


Livresque Du Noir 5521 partages Voir son profil
Voir son blog

Magazines