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États-Unis/Cuba, 1959

Publié le 25 mars 2016 par Hunterjones
États-Unis/Cuba, 1959 Le 1er janvier 1959 fût un moment charnière pour Cuba de plusieurs façons.
Principalement parce que le Président Fulgencio Batista filait comme un voleur (ce qu'il était) dans la nuit, laissant derrière un pays sans gouvernance, et très bientôt, aux mains des rebelles de Che Guevarra et Fidel & Raul Castro.
Fuyant ainsi, la barrière de protection des membres de la mafia, bien encrée depuis 1952 en Havane, tombait. Le lucratif marché des hôtels et des casinos étaient entre les mains de la mafia depuis 7 riches années et n'avait rien à envier à Las Vegas.
États-Unis/Cuba, 1959 Batista avait sous-estimé la force réelle des rebelles de Castro, cachés dans les montagnes, Le 8 janvier suivant, Fidel et sa bande roulait en tank dans de grands gestes théâtraux, sur un pays qui serait le sien pour toujours.
Batista se sauverait vers 1 heure du matin, aidé par le gouvernement des États-Unis si il quittait sans bruit. Ce qu'il fera. Les États-Unis avaient (mal) calculé que l'arrivée de nouveaux dirigeants favoriserait une plus grande collaboration avec eux, voire, une présence des États-Unis plus large encore en territoire cubain au niveau des affaires.
Batista allait mourir en Espagne en 1973 à l'âge de 72 ans, 3 jours avant qu'un plan pour l'assassiner allait se déployer contre lui.
États-Unis/Cuba, 1959
À Cuba en 1959, le temps que la population ne comprenne ce qui se passe, l'anarchie battait un brin son plein. On entrait dans les casinos, on en sortait les tables et les machines à sous, on tentait d'éventrer les machines pour en trouver le contenu ou on mettait le feu aux tables. On a même fait passer une horde de cochons dans le très chic hôtel Riviera, un des bijoux de Meyer Lansky en Havane.
États-Unis/Cuba, 1959 Lansky et ses mafieux associés allaient faire une vaste tournée afin de récolter le plus de gains des casinos et de leurs propriétés, incertains (à juste raison) de pouvoir garder leur possession. Ils ont réussi à garder ainsi plusieurs millions, mais si l'argent s'est rendu aux États-Unis en sécurité (avec la complicité de Lucky Luciano, spécialiste de la coordination maritime) Lansky, Santos Trafficante et Joe Stassi restèrent pour leur part à Cuba, afin de faire les liens d'affaires avec la bande à Fidel.
C'est évoqué dans The Godfather Part II
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Lansky faisait affaire avec Batista depuis 1952 et lui refilait entre 10 et 30% des revenus de certains de leur casinos et hôtels. En échange, Batista fermait les yeux sur les règles locales de gambling et offrait à quiconque son permis de jeu si il investissait 200 000$ sur un casino ou 1 million sur un hôtel dans l'économie cubaine.
Batista et Lansky avait créé un très lucratif paradis du jeu comparable à Vegas et Monte Carlo.
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Le leader de la brigade Murder Inc. , Albert "Mad Hatter" Anastassia, était l'un des investisseurs à Cuba. L'un des plus brutal assassin de l'après-guerre, en 1957, il a fait une tournée des endroits à Cuba où il était actionnaire et en est ressorti déçu. Il l'a vite fait savoir à Lansky en demandant d'importants changements dans la distribution des richesses, menaçant du même coup l'équilibre que Lansky avait bâti depuis 5 ans. En octobre 1957, une simple visite chez le barbier signerait sa mort.
Johnny Friendly, incarné par Lee J.Cobb dans le film On the Waterfront de Kazan en 1954, était inspiré du Mad Hatter.
États-Unis/Cuba, 1959
Santos Trafficante joue les seconds violons derrière Lansky et le méprise souverainement. Propriétaire du Sans Souci Nightclub, il tolére Lansky car c'était bon pour les affaires. Il a bien tenté de faire des deals sans l'aval de Lansky, mais sans succès.
Quand JFK se plante avec l'invasion de la Baie des Cochons en 1961, Trafficante lui en veut personnellement à lui et à Bobby (qui lui investit largement contre le crime organisé) et il aura probablement la main lourde dans l'assassinat des deux frères.
États-Unis/Cuba, 1959 Joe Stassi est la figure neutre et amicale de la bande des mafieux sur place. C'est chez lui que se tient la plupart des réunions car avec lui, il n'y a jamais de chicanes, ni de tension. Plus jeune, il avait tué son meilleur ami sur-le-champs quand son boss le lui avait demandé, ce qui lui a valu le respect de tous. Dans les faveurs de Lansky, c'est lui qui fera les voyages jusqu'à New York avec les importantes sommes fin 1958, début 59. C'est aussi Stassi qui organise la fin d'Anastassia.
États-Unis/Cuba, 1959 Lansky, Trafficante et Stassi restent à Cuba pour créer de nouveaux liens avec la bande à Fidel, mais celle-ci s'approprie tout. Il nationalise les hôtels et les casinos. Il fait arrêter les trois têtes italo-étatsuniennes qui seront éventuellement déportées, comme à peu près tous les Étatsuniens après l'échec de l'invasion de la Baie des Cochons deux ans plus tard.
Ils avaient intérêt à changer de lieu car tous ceux qui avaient eu des liens avec Batista sont supprimés un par un.
En octobre 1959, les trois sont de retour aux États-Unis.
Stassi, Trafficante & Lansky meurent tous très âgés et non inquiétés aux États-Unis d'Arnaquemérique.
États-Unis/Cuba, 1959
Des États-Unis bannis de Cuba depuis.
Barack Obama & Raoul Castro ont rebâti des ponts cette semaine entre les deux pays.


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