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N. M. Zimmermann : Les ombres de Kerohan

Par Stephanie Tranchant @plaisir_de_lire

Les ombres de Kerohan de N. M. Zimmermann    4/5 (13-03-2016)

Les ombres de Kerohan (240 pages) est disponible depuis le 24 février 2016 dans la collection Médium de l’Ecole des Loisirs.

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L’histoire (éditeur) :

À douze ans, Viola a déjà traversé bien des épreuves. Lorsqu'elle est envoyée chez son oncle en Bretagne, avec son frère Sebastian, on lui dit que l'air marin lui fera du bien. Il paraît que son oncle est très riche, qu'il habite un manoir, à Kerohan, et que l'on peut s'y reposer. Se reposer, vraiment ? Certes, le parc est immense, et Viola et Sebastian ont chacun une chambre, mais il n'y a pas grand monde pour prendre soin d'eux.
Et qu'est devenue la prétendue fortune de leur oncle ? Le manoir est bien vide et, à Kerohan, Viola et son frère sont des proies faciles pour l'ennui et la solitude. Encore que… Peut-on parler de solitude quand d'étranges silhouettes parcourent les couloirs à la nuit tombée ? Quand Sebastian prétend avoir vu un korrigan ? Quand la salle de musique déserte résonne de la musique d'un piano ? Et que veille sur eux tous l'inquiétant docteur Vesper.

Mon avis :

Les ombres de Kerohan est un roman jeunesse d’ambiance pour se faire quelques frayeur (ou comment goutter à son premier thriller !), pas méchant, mais très bien dosé en terme de mystère et de fantastique.

Viola, 12 ans et Sebastian 7 ans sont envoyés  chez leur oncle en Bretagne. Leur mère est décédée il y a deux mois et leur père est à londrès pour affaire. Accueillis par le Dr Vesper (docteur et homme d’affaire de leur oncle Kreven), les enfants arrivent enfin (après un long trajet en train) au domaine de Kerohan où d’emblée ils sont confrontés à une étrange apparition fantomatique… Est-ce la fatigue du voyage qui leur fait imaginer des choses ? Est-ce leur cousine ou leur tante qu’ils ont entraperçues ? Viola ne veut pas croire à une quelque conque manifestation surnaturelle, mais très vite le doute s’installe, alimenté par le lieu glacial, la batisse sévère et intimidante, les portes  constamment  gardées closes, l’énigmatique Madame Lebrun (pleines de règles mais peu bavarde), le personnel bien peu présent pour un domaine de cette stature et Sébastian de plus en plus transporté dans le monde de légendes et de conte que sa mère aimait lui raconter.

N. M. Zimmermann réussit là à transporter le lecteur (jeune et moins jeune) dans cet univers gothique de seconde moitié du 19ème siècle et cette ambiance chargée de folklore breton (avec Korrigan et Ankou). Beaucoup de non-dits et la grande isolation (l’absence a beaucoup de poids ici) accentuent les mystères et jouent aussi beaucoup sur l’imagination.

Raconté du point de vue de Viola, une jeune fille réfléchie et mature, effrayée mais qui garde la tête sur les épaule (parce qu’elle se doit de veiller sur son jeune frère), le récit permet de parfaitement ressentir ses inquiétudes tout en gardant une certaines forme de rationalité.

« La graine de la peur avait commencé à germer en elle.

Il était déjà devenu impossible de l’en détacher. » Page 136

L’histoire est simple mais efficace, sans tomber  dans l’excès de frayeur, de surnaturel et autres situations inquiétantes. Et même s’il ya très peu d’action, ces 230 pages se lisent  très vite parce que l’immersion se fait très bien.

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Voilà donc un très bon roman jeunesse angoissant (sans trop l’être non plu) et touchant (la famille et l’amour au cœur de l’histoire), que les jeunes lecteurs (dès 10 ans) devraient dévorer. Car si Viola et son frère n’arrivent pas à sortir du domaine, de notre coté une fois commencé il est bien difficile de quitter ces pages.


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