Magazine Entreprise

L’habit fait le trader

Publié le 12 avril 2016 par Edelit @TransacEDHEC

L’habit ne fait pas le moine, mais il fait le trader. Dans le milieu de la finance, l’importance du costume est considérable, jusque dans ces moindres détails. Rien n’est ostentatoire, tout est capital. À la fois outil de pouvoir, traducteur de ce que vous êtes et passeport nécessaire pour un recrutement, vous n’imaginez pas tout ce que votre costume dit de vous !

Aspiration-ad-image-001

Un uniforme très codifié

Perçu comme un signe de professionnalisme, être bien habillé est devenu une exigence. Tout doit être soigné: la chemise repassée, les souliers cirés, etc. Un costume sombre, gris ou bleu foncé, une chemise claire, des souliers noirs, voilà pour les basiques. Après, il est vrai que l’absence de veste et de cravate est tolérée dans certaines salles de marché. Mais en banque d’investissement, la faute est impardonnable.

Pour mettre toutes les chances de vos côtés, optez pour une belle montre, laissez légèrement dépasser les manches de votre chemise et n’oubliez pas les boutons de manchette. Mais si vous voulez vous faire virer ou gâcher votre entretien, voici le pire à porter: un costume trop large, des chaussures brunes ou une chemise… à manches courtes.

« Lorsque j’ai commencé ma carrière à Londres en fusions-acquisitions au sein d’une grande banque, je portais des chaussures marron. On se moquait de moi en me demandant sans cesse si j’allais à la campagne… Depuis, je ne fais plus aucun faux pas ! » Témoignage de Hugo C., banquier désormais expérimenté. Un RH de la City confirme: « Il est clair que la manière dont la personne est habillée influencera mon impression. Une chemise Primark ou en polyester ne sera pas bien vue. » La raison ? Question de valeur(s)

ASOS_MW_DD_ARTICLE_Bafta-wolf-of-wall-street-4

Dis-moi ce que tu portes, je te dirai qui tu es

Certains accessoires sont réservés à ceux qui les méritent. Ainsi, cravates Hermès, cols de couleur ou costumes à rayures fines demeurent l’apanage des personnes haut placées, ayant une certaine expérience. Idem pour les bretelles et autres nœuds papillon. Tout est dans le détail. La largeur de votre cravate et la taille de votre col de chemise doivent être proportionnelles à votre statut au sein de la banque.

À l’inverse, porter cela sans avoir le statut qui va avec pourrait être très mal vu… «J’en ai rien à foutre si vous avez les moyens, une cravate Hermès, ça se mérite. » Au moindre faux pas, les critiques sont souvent incisives. Des chaussures à bout carré ? « Pour les nuls et les stagiaires.» Une veste Gucci ? « Les Gucci, c’est comme les Corvette. C’est la meilleure façon de dire qu’il fut un temps où vous n’aviez pas d’argent. »

Finalement, c’est peut-être votre montre qui en dit le plus sur vous. La Rolex ? Oubliez. « Porter une Rolex, c’est comme conduire une Audi. Ça dit que vous avez de l’argent, mais que vous n’avez rien à dire.» Une IWC est synonyme de confiance et de sérénité, de confort et de sécurité. Une Omega, elle, transmet autant de style que de puissance et de performance, parfaite donc pour les compétiteurs. Cartier communique sur l’art, la sophistication: si vous voulez passer pour un esthète aimant les bonnes choses, c’est le choix idéal. Reste le choix de l’empereur, celui qui a tout fait et tout gagné: Patek Philippe. Richissime, d’un sang froid à toute épreuve, l’homme à la Patek n’a plus rien à prouver.

Parlons peu, parlons prix

Bon, combien ça coûte ? Un costume sur-mesure, du Tom Ford: $3500 pièce. Une chemise blanche, Canali ou Boss: $250. Pour la cravate, une Barney’s ou une Brioni: $160. Pour vos soulier Alberto Testoni, comptez $600. Bref, pas moins de 4500 dollars la tenue. Panoplie Harvey Specter, pour les connaisseurs.

Mais l’uniforme n’est pas seulement vestimentaire. Des restaurants hors de prix aux bars les plus huppés, du penthouse en plein centre aux cigares importés, de la Rolls-Royce aux call-girls, la frénésie de la dépense semble présente chez tous les professionnels de la finance. Du Loup de Wall Street à American Psycho en passant par le personnage de Gordon Gekko, c’est fou comme tout se ressemble. Si cela tient en partie du mythe populaire et de la caricature, nul doute que tout n’est pas que fictif.

Vous l’aurez compris, les règles sont parfois tacites mais toujours très strictes. Non seulement il y a des faux pas qui vous seront fatals, mais chaque détail compte ! Prenez garde, les requins de la finance sont aux aguets.


Retour à La Une de Logo Paperblog

A propos de l’auteur


Edelit 18215 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte