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Top 10 des Herbes magiques

Publié le 15 juin 2008 par Carlitablog666
Blog de carlitablog : Tendance et Rêverie, Top 10 des Herbes magiques

Un mélange de rubrique, entre top 10 et mystère.

La connaissance des effets thérapeutiques et des pouvoirs étranges des plantes remontre très probablement aux origines de l'humanité.

Au Moyen Age, l'univers végétal, loin de fournir seulement des éléments indispensables à l'alimentation des hommes et des animaux, est au centre d'un système relationnel complexe entre environnement et société.

Omniprésentes dans la vie quotidienne, divinatoires, consolatrices, protectrices, guérisseuses, maléfiques,..., des centaines d'espèces alimentant un savoir empirique millénaire ou des superstitions tenaces, entrent dans la composition d'onguents, de potions, de philtres... Pharmacopée et magie s'entremêlent inextricablement.

La preuve avec ce top 10.

1) Le datura.

Gare à cette autre solanacée aux fleurs en forme de trompette. Elle entre dans la composition d'onguents destinés à provoquer des transes, des hallucinations et des sensations de lévitation (la scopolamine contenue dans cette plante toxique fait perdre la volonté et la mémoire des faits postérieurs à la prise).

Egalement considéré comme aphrodisiaque, le datura pourrait être à l'origine des visions fantasmatiques grouillant de boucs roses et de démons lubriques dont les procès en sorcellerie font grand cas.

Je vais boire mon Lutens moi!!!

2) La sauge.

Salvia! Son nom en latin en dit long sur le crédit dont elle jouit depuis les temps les plus reculés. Dans la pharmacie médiévale, la sauge est la plante reine des convalescents. Elle combat les sueurs, le manque d'appétit, la dépression physique et morale...

Très en vogue à l'Ecole de SALERNE on dit de cette labiacée que "si son usage ne rend pas l'homme immortel, c'est qu'il n'y a point de remède contre la mort"

3) Le millepertuis.

Mentionné dans les écrits de Dioscoride (un médecin grec des armées de Néron), Galien, Pline l ancien, Hippocrate et Paracelse, le millepertuis, alias l'"herbe de Saint-Jean" est surtout utilisé au Moyen Age pour soulager les embarras digestifs, traiter les brûlures, les problèmes urinaires, les douleurs mensuelles, l'anémie...

Cueilli au matin de la Saint-Jean au plus fort des influences solaires, il passe également pour repousser l'Esprit des ténèbres et guérir les possédés.

4) La mandragore.

L'une des "armes" les plus redoutées de l'arsenal magique, à manier avec d'infinies précautions, comme la belladone. Réputée croître au pied des gibets où le sperme des pendus innocents la féconde, cette espèce de solanacée pousse un cri terrifiant quand on veut l'arracher et ceux qui cherchent et ceux qui cherchent à s'en emparer sont foudroyés! Malgré son exécrable image de marque, la mandragore met parfois ses pouvoirs au service du Bien et assure prospérité et fertilité. A la renaissance, ses alcaloïdes seront utilisés comme anesthésiques par Ambroise Paré.

5) La jusquiame.

Une multitude de légendes et de croyances s'attachent à cette cousine velue, visqueuse, narcotique et calmante de la mystérieuse mandragore.

"Ceux qui en mangent sortent hors du sens, pendant qu'on les fouettent par tout le corps, bégayant de la voix, bramant comme des ânes et hennissant ainsi que des chevaux", commente au XIe siècle, le médecin et philosophe perse Avicenne. Maléfique, la jusquiame fait partie des plantes entrant dans la préparation des breuvages et pommades qui emmènent les sorcières au sabbat. Bien que dangereuse, les "chirurgiens" utilisent toutefois ses graines pour calmer les rages de dents.

6) L'armoise.

Connue depuis l'Antiquité pour ses propriétés emménagogues (facilitant les règles), l'armoise, au Moyen Age, a la réputation d'éloigner les dangers qui menacent le pauvre monde. "Celui qui porte toujours sur lui de cette herbe ne craint point le mauvais esprit, ni le poison, ni le feu et rien ne peut lui nuire", écrit au XIIIe siècle, le savant et théologien Albert le Grand. Cette plante herbacée entre aussi dans la composition des philtres destinés à "dénouer l'aiguillette", un maléfice qui frappe d'impuissance les jeunes époux.

7) L'hellébore.

"Ma commère, il faut vous purger, avec quatre graines d'hellébores", dit le lièvre à l'insensée tortue qui prétend se mesurer à lui dans la fable de La Fontaine. Qualifié de fétide en raison de l'odeur repoussante qu'elle dégage quand on la touche, l'hellébore, alias, "l'herbe aux fous", passe pour soigner les dérangements cérébraux. Cet usage perdurera jusqu'au XIXe siècle.

8) L'angélique.

 Baptisée la "racine des anges" par le médecin suisse, Paracelse, cette ombellifère est parée de toutes les vertus : un cataplasme de ses fleurs fraîches bouillies ou macérées dans de l'huile, dit-on, neutralise les venins, sa poudre ingérée dans une boisson apaise les troubles de l'estomac, les diarrhées, les toux, les grippes et les rhumes...

A vos chaudrons.


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