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Horoscope Day atelier bric à book numéro 22

Par Eirenamg

documentation© Kot

Pourquoi fallait-il toujours qu’elle rate son train, le jour où il ne fallait pas. Pourtant, elle avait tout fait pour être prête à l’heure. Se lever plus tôt, préparer et choisir sa tenue, ranger ses notes. Mis la tasse sous la cafetière pour éviter de la chercher et la dosette à côté, mis les clés sur la porte et le téléphone dans son sac. Mais toute ces précautions avaient été inutiles et elle été obligée de cavaler avec son sac et ses talons.

Fais suer, du coup, le soin minutieux qu’elle avait mis à se composer une tenue de "working girl" aller tomber à l’eau, car elle allait être en sueur et les cheveux en vrac. Déjà ça avait mal commencé, dès le début de cette foutue journée. L’eau n’avait pas désespérément dépassé le tiède, ce qui l’avait plus frigorifiée que réveillée sous la douche. Elle s’était ensuite brûlée en attrapant sa tasse, mais heureusement elle ne s’était pas tachée son chemisier.

Et pour couronner le tout, une fois n’est pas coutume, le bus était en avance. Le truc qui n’arrive que 3 fois par an et encore en année bissextile, et il fallait que ça tombe ce jour là. Elle l’avait vu passer à l’angle de la rue, alors qu’elle marchait tranquille car il ne devait pas arriver avant 10 min et qu’elle répétait mentalement la présentation qu’elle allait faire tout à l’heure.

Résultat, elle avait du poireauté 10 bonnes minutes, avant d’attraper le suivant et de pouvoir arriver à la gare RER. Après encore, une petite course digestive dans les couloirs et une remontée digne d’Usan Bolt pour attraper le RER en partance. Là voilà tassée, comme du bétail à proximité de la porte, serrée comme une sardine avec les odeurs de différents parfums entêtants et de déodorants mêlé aux odeurs de café et de cigarette.

Le rêve quoi, elle sentait son moral descendre lentement, elle entendait en arrière fond musical, pulser les basses d’une chanson à la mode qui s’accordait de mieux en mieux à son humeur de chien.  C’est à ce moment là, que la voix du conducteur annonça un retard d’une dizaine de minutes car des personnes étaient sur les voies. Quelle idée, à chaque fois qu’elle entendait cette annonce, elle se demandait qui pouvait être assez stupide pour se balader sur des voies. Elle regarda sa montre, elle risquait d’être en retard, son estomac commença à lui lançait des signes de détresse inquiétants. Le café avait du mal à passer, elle avait l’impression d’être dans un vrai four tellement elle avait chaud et que le stress montait peu à peu.

Le temps semblait ralentir exprès, se dilater, elle n’arriverait jamais à s’extraire de ce wagon pour arriver à cette réunion. Elle allait devoir jouer des coudes et être réactive dès les premiers ralentissements du wagon pour sortir sur le quai.

Enfin, la délivrance, vite dépasser les gens sur l’escalator qui mène à la sortie, coup d’œil à sa montre, il ne lui restait plus qu’un quart d’heure avant le début de la réunion. Bon sang, pourquoi on se retrouve toujours coincée derrière un touriste ou une personne qui a le temps pour sortir de la gare. Bip automatique des portes qui mène à la rue, un vent glacial la cueille avec une petite pluie bien sympathique quand elle débouche enfin dans la rue. Ce n’était définitivement pas sa journée, comme ça, en plus ses cheveux allaient partir dans tous les sens.

A l’embranchement, dans la précipitation, elle eut un doute il fallait qu’elle tourne à droite ou à gauche. Tant pis, si elle perdait encore un peu de temps, 2 min plus tard l’écran de son Smartphone, lui indiqua la marche à suivre.

Enfin, le bout du tunnel, elle repéra l’immeuble en face d’elle. Elle s’engouffra rapidement dans le hall et fonça sur l’hôtesse d’accueil pour savoir où était la salle de réunion numéro 2.

Après avoir grimpé à l’étage comme indiqué et longé un couloir entièrement vitré, rien pas de salle comme prévue. Ca y est c’était officielle, elle était en retard pour sa propre présentation.  Peut être que c’était la salle sur sa droite mais non. Elle se retrouva dans une salle meublée de grands fauteuils arrondis. Une salle relativement austère avec ses petites mosaïques au sol ; en face une chaine et sur le mur une inscription. On se serait cru dans une salle de conférence type développement personnel et ce genre d’ânerie, elle s’attendait presque à voir inscrit Confiance, relaxation mais en haut il était inscrit documentation. Documentation de quoi ? Il n’y avait pas un seul rayonnage.

Demi-tour, il fallait qu’elle trouve quelqu’un au plus vite pour trouver la salle ; elle avait envie de pleurer de rage, de frustration. 2 semaines de boulot qui allaient d’entrer de jeu mal commencer, car elle était en retard et qu’elle sentait la nervosité la gagner. D’un coup, elle aperçue une jeune femme dans le couloir:

-Excusez-moi, Bonjour, je cherche la salle de réunion numéro 2 ?

-Ah! vous venez pour la réunion, vous n’avez pas lu vos mails ce matin? elle a été annulé.

Et elle me planta là, abasourdie, j’entendis un bip pour me signaler un message sur mon téléphone. C’était mon application horoscope du jour, je jetais un coup d’œil :

«Verseau:  aujourd’hui tout vous réussie, votre entourage professionnel est épaté par vos compétences et votre rigueur. Vous allez passer une magnifique journée ». Et là d’un coup à la vue de ce message surréaliste, je  me sentis partir d’un petit rire nerveux.

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