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(anthologie permanente) Stéphane Korvin

Par Florence Trocmé

Stéphane Korvin a publié récemment deux livres, noise aux éditions Isabelle Sauvage et Bas de Casse, aux éditions Æncrages & Co, avec Caroline Sagot-Duvauroux. On peut le lire aussi dans le remarquable CCP 31 du cipM, consacré à Agnès Rouzier dont il a entrepris de publier l’œuvre, en sa maison d’édition Brûle-Pourpoint.
La fin, longtemps la répéter, ne pas la retenir, avec les mains qui fabriquent ces jours-ci des pansements discrets
je sais ce qu’il faut faire, s’accoter, être un cylindre, collecter la lumière, l’infirmité ne pas la répandre trop vite, les jours sont si longs, ils dorment dans la paume avec des idées de vertige
/
comme tout le monde, l’épuisante matière, la fabrique aimer, nous tournons autour d’une impression ténue
nos malléoles se heurtent, les voyages sont serrés, les chemins jouent à creuser et s’évaser, rien accueille, ici heurte
les lettres se logent, lentement elles forment des fleurs, des lettrines, la tête s’éprend, toute seule elle ne crépite pas
les couleurs se retirent et tombent jusqu’aux solives, un cœur claque quand l’oiseau entre
deux ou trois semaines : elles se taisent, passent et pendulent
si je savais parler je te glisserais « accorde tes rêves »
/
il saigne, il ne pleut pas, les hommes ont les dents longues, ils crachent avec méthode
à filmer, chercher des cercles, des formes pour plus tard, des trouées et des encablures, on plisse, on s’élide
d’ici je ne vois rien, seulement c’est une aubaine ces registres de solitude, ils jouent une infinité de terrains
j’apprends à filmer, c’est un récit tout ce qui brûle dehors
la quatrième semaine, j’ai peur d’apprendre à mourir, mais c’est un rêve, ces deux mains qui m’empoignent
/
tu donnes des noms de couleurs aux gens, chaque cou produit une détonation calme, une étole pour la journée
je suis en arrêt sur ta peau, comment s’adonner, la nuit redouble de murs, le temps devine tout, il sait par exemple que tôt ou tard l’espace bascule
tu mélanges les saisons alors la rivière redevient noire
la table, ses bonbonnes, deux ou trois chaises vides, les vestiges qui fourmillent, tout s’écroule, l’absence de remords
les personnes et leurs ombres ligneuses, pour les suivre, les dessiner à part, il suffirait de ne pas trop se précipiter
(…)
Stéphane Korvin, noise, éditions Isabelle Sauvage, 2015, pp. 7 à 10.
Stéphane Korvin dans Poezibao :
(entretien) avec Stéphane Korvin, autour de la réédition de "non, rien" d'Agnès Rouzier, Enquête de Poezibao : l’art, un recours ? / réponse de Stéphane Korvin, (revue Sur Zone), n° 28, Stéphane Korvin, « River »


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