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Musique et Yoga de Lise Rodriguez

Publié le 18 avril 2016 par Joseleroy

NOUVEAU LIVRE D'ALMORA

Musique et Yoga de Lise Rodriguez

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 Préface de Michel Hulin

 

 

"Musique et Yoga, la quête du Juste, le livre de Lise Rodriguez, est une nouveauté au plein sens du terme. D’autres, sans doute, avant elle, ont su déceler quelque vague affinité entre ces disciplines de l’esprit et la traduire en formules plus ou moins adéquates. Mais c’est la première fois, à ma connaissance, que ces deux pratiques, dont chacune comporte une dimension corporelle et une dimension spirituelle, se trouvent à la fois rapprochées et confrontées par un auteur qui les connaît l’une et l’autre de l’intérieur.

Lise Rodriguez, professeur de violon au Conservatoire de Musique d’Angers, pratique également le Hatha-Yoga dans la tradition du maître T. Krishnamacharya de Mysore, père de T.K.V. Desikachar. Pour avoir été moi-même jadis l’élève de B.K.S. Iyengar (récemment disparu), le plus connu en Occident des disciples de ce maître – et cela tout en me plongeant des années durant dans les célèbres Yoga-sûtra de Patañjali –, je puis témoigner ici de l’authenticité de cette tradition d’interprétation, et de mise en pratique, issue de l’Inde du Sud.

Ce qu’elle montre admirablement, en effet, c’est que la pratique du violon (mais aussi bien celle d’un autre instrument de musique), d’une part, et celle du Hatha-Yoga, d’autre part, visent moins à la pure virtuosité technique qu’à une certaine maîtrise conjointe du corps et de l’esprit. En d’autres termes, il s’agit de progresser vers une certaine lucidité, une certaine connaissance immédiate de soi comme accordé, ou plutôt accordable, au cours du monde. Le côté technique de l’une et l’autre discipline n’a alors pour but que de liquider, ou liquéfier, toutes sortes d’automatismes, de blocages, de raideurs, indissolublement physiques et mentales, qui contribuent à faire de chacun de nous une entité crispée sur elle-même, une sorte d’îlot, coupé à la fois de la société et de la nature physique.

Ce que Lise Rodriguez met particulièrement bien en lumière, c’est la convergence – éventuellement la possible combinaison – de techniques yoguiques (âsanas, prânâyama ou contrôle du souffle, etc…) et de techniques de l’exécution musicale (par exemple l’art de tenir l’instrument et de frotter l’archet sur les cordes), la finalité commune aux unes et aux autres ne résidant pas en elles-mêmes mais dans la promotion, par la médiation du corps, d’une certaine aisance ou liberté intérieure dont la portée ultime est d’ordre spirituel.

On saura gré encore à l’auteur de proposer à la fin de son ouvrage – comme autant d’antidotes aux multiples déviations qui menacent ces disciplines – divers témoignages émanant de ses élèves et collègues ainsi que de son propre maître de violon. Précieuses aussi seront les « partitions de posture » introduites au fil des chapitres et susceptibles de fournir une illustration plus complète de ce parallélisme entre techniques yoguiques et techniques musicales qui forme comme l’épine dorsale du livre."

Michel Hulin, Professeur Honoraire de Philosophie indienne et comparée à l’Université de Paris-Sorbonne (Paris IV)


Extrait:

Samâdhi (l'état d'unité)

« Est-ce moi qui tend l'arc ou est-ce l'arc qui me tire à la tension maximale ? Est-ce moi qui touche le but, ou bien le but qui m'atteint ? (…) Arc, flèche, moi, s'amalgament tellement que je ne suis plus capable de les séparer.[. .. ]. Dès que je saisis l'arc et que je tire, tout devient si clair, si un, si ridiculement simple». Le Maître m'interrompit alors et dit : « Voilà justement la corde de l'arc qui vient de vous traverser ! »  Eugen Herrigel

Le huitième et dernier membre de l'ashtanga yoga concerne la réalisation de samâdhi, l'expérimentation du « Un » avec la disparition du « je ». Patanjali explique : « Cet état est précisément samâdhi quand brille seulement l'essence de l'objet, l'esprit comme dépourvu de sa personnalité». Concentration puis médi­tation prolongée conduisent à cet état particulier de samâdhi.

La musique offre provisoirement au musicien absorbé ce moment d'unité avec une impression de dissolution de sa propre identité. La « com-préhension » de l'objet est si pro­fonde que l'esprit s'abîme, se plonge, s'engloutit, se fond, se perd. La communion est complète. Le mental, préalablement apaisé et clarifié, est alors « transparent tel une pierre précieuse [et] reflète uniformément les caractéristiques de « l'agent qui comprend», de l'instrument de compréhension et de l'objet compris », dit Patan­jali (I.41). Cet accord absolu peut s'éprouver jusqu'au « senti­ment océanique » évoqué par Romain Rolland dans une lettre à Freud. La Hatha-Yoga-Pradîpikâ (IV.56) donne une description de ce niveau de samâdhi : « Vide à l'intérieur et vide à l'extérieur, comme une jarre vide dans l'espace. Plénitude à l'intérieur et pléni­tude à l'extérieur, comme une jarre immergée dans l'océan ».

Saisi par la magie des sons, le musicien peut vivre cet état d'absorption, dans une totalité qui l'intègre et semble l'accomplir. Éblouissement qui confine à l'énigme."


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