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Bons baisers de bruges

Par Rob Gordon
Bons baisers de brugesQu'on me trouve le mec qui a eu l'idée de faire inscirre "La Belgique : ses moules, ses frites et ses tueurs à gages" sur l'affiche de Bons baisers de Bruges. Et pendant qu'on y est, tiens, qu'on me trouve également le mec qui a trouvé ce titre français complètement plat. Qu'on m'amène du bois pour le bûcher, je m'occupe du reste. L'affiche du premier long de Peter McDonagh (qui a tout de même à son actif un Oscar du court-métrage), et surtout ses inscriptions, sont terriblement trompeuses. Car le film n'entend ni faire dans la belgitude la plus plate (façon "c'est l'histoire d'un belge...") ni faire de la promotion pour une ville qui n'en a de toute façon pas besoin. C'est vrai, quoi, Bruges, c'est très joli pour peu qu'on y vienne en touriste, de préférence l'hiver et avec son amoureuse (ou son amoureux, comme vous voulez).
En revanche, quand on est un jeune tueur à gages et qu'on n'a aucune idée de la raison pour laquelle on a été envoyé là, Bruges commence rapidement à ressembler à l'enfer. C'est le point de départ du film de McDonagh, qui brode ensuite une sorte de longue promenade génialement décousue, succession de petites vacheries et de grands dialogues, de situations improbables mais pas tant que ça, de rires en coin et d'idées noires. Porté par un incroyable duo d'acteurs (Colin Farrell, meileur de film en film, et le toujours génial Brendan Gleeson), le film entrelace les genres avec une dextérité exaltante. Même les temps morts sont à croquer. La première heure de Bons baisers de Bruges est un plaisir de tous les instants, surtout si on aime les nains racistes, les obèses un peu cons, les balles à blanc et Clémence Poésy.
Le film perd ensuite légèrement de son charme avec l'arrivée de Ralph Fiennes, pourtant irréprochable en commanditaire soupe au lait. Un coup de mou temporaire, puisque tout repart ensuite sur les chapeaux de roue, même si l'intrigue prend définitivement le pas sur cette ambiance si particulière. Bien qu'étant en partie une comédie, Bons baisers de Bruges se terminera tout de même avec un peu de sang versé, un drame qui se noue, des regrets éternels. Bref, tout ce qu'il faut pour qu'un voyage touristique sorte des sentiers battus et empêche l'ennui et la morosité. Il faudra surveiller de McDonagh de très près, un réalisateur aussi talentueux ayant forcément beaucoup de suite dans les idées.
8/10
(sortie le 25 juin)

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