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Julia roberts / jodie foster - interview croisee

Par Aelezig

Source : Elle.fr - Mai 2016

Réunion au sommet à Santa Monica. Deux berlines noires aux vitres teintées s’arrêtent devant une porte dérobée de l’un des hôtels les plus mythiques du cinéma, le Fairmount Miramar. Ici, Greta Garbo a vécu quatre ans, et Marylin Monroe venait se réfugier à l’abri des paparazzi. En cette matinée de printemps, où seul le bruit du vent entame une danse improbable avec les palmes des arbres exotiques, deux stars se sont donné rendez-vous : Julia Roberts et Jodie Foster.

Pour la première fois de leur carrière, elles viennent de tourner un film ensemble. « Money Monster », présenté hors compétition au Festival de Cannes et en salle le 12 mai, raconte la prise d’otage, en direct, d’un animateur télé interprété par George Clooney. Julia Robert, productrice de l’émission, réussira-t-elle à le sauver ? Ce film à suspense est le quatrième long-métrage réalisé par Jodie Foster. En exclusivité pour nous, Julia Roberts, égérie du parfum La Vie Est belle de Lancôme, s’est prêté au jeu des questions-réponses posées par la cinéaste Jodie Foster. L’occasion d’aborder sa profession d’actrice et son rôle de mère ainsi que les débuts de la féminisation du cinéma. Un entretien rare placé sous le signe de la liberté et de l’intimité. Tapis rouge !

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Vous n’avez jamais travaillé ensemble. Comment vous êtes-vous rencontrées ?

Jodie. Il y a très longtemps, à l’occasion d’un barbecue et je m’en veux encore…

Que s’est-il passé ?

Jodie. Julia disait du bien de quelqu’un que je ne supportais pas et ça m’a énervée.

Julia. Par la suite, nous nous sommes recroisées. On se saluait d’un simple « bonjour ». Il en a été ainsi pendant vingt ans. Et maintenant nous sommes là à discuter…

Avez-vous été des actrices rivales ?

Jodie et Julia. Non, jamais !

Jodie. La rivalité féminine, je ne sais pas ce que cela veut dire.

Julia. Rivale de Jodie Foster ? Certainement pas ! Toutes les deux sommes sur la même longueur d’ondes. Je n’en ai jamais voulu à quiconque de ne pas avoir obtenu un rôle. Quand cela s’est produit, je suis allée voir le film et évidemment, c’était l’autre actrice qui devait l’avoir. Pas moi.

Jodie. Julia, tu es actrice depuis longtemps et tu as une carrière hallucinante. Au début, on nous dit : « Tu vas travailler maximum dix ans. Tu ne vas faire qu’un film ». Ma mère me répétait qu’à 18 ans ma carrière serait terminée, et elle me demandait : « Qu’est-ce que tu vas faire après ? Tu veux être réalisatrice ? Médecin ? ».

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Money Monster

Julia. C’était sage de sa part de te préparer à l’idée que ce métier n’est pas facile et que l’échec était une éventualité. Il y a tellement d’enfants acteurs dont la carrière s’arrête net.

Jodie. Elle m’a également préparé à aborder la quarantaine. Je suis contente qu’elle l’ait fait, parce qu’avec le temps, il vaut mieux faire un travail que l’on aime. Cela vaut aussi pour les hommes. Toi, tu as commencé à travailler à 20 ans. T’arrive-t-il de regarder en arrière ?

Julia. Il me semble que c’était hier ! Le temps a passé tellement vite…

Jodie. J’ai l’impression que ton rapport avec le métier d’actrice a un peu changé. A un certain moment de ta vie, tu as moins travaillé. Je pense qu’aujourd’hui tu as deux identités : tu es une actrice et tu es une mère.

Julia. Tu as raison. Tout a changé à la naissance de mes enfants. Et c’est en train de changer à nouveau depuis que j’ai travaillé avec toi. Sortir de mon cocon m’a fait du bien. J’ai compris qu’il y avait tellement de choses intéressantes à découvrir en dehors de la maison. C’est un plus que je rapporte chez moi. Ma famille est mon bonheur et ils en profitent tous.

Jodie. Ca marche dans les deux sens. A l’écran, tu apportes la vraie vie. Si tu travaillais comme une folle et tournais trois films par an, tu serais coupée du monde réel. Tu n’écouterais pas de musique, tu ne t’occuperais pas de tes enfants comme tu le fais aujourd’hui. Tu n’aurais plus rien à dire au cinéma.

Julia. Je suis entièrement d’accord.

Jodie. Tes enfants n’ont-ils pas été une fuite merveilleuse et délicieuse ?

Julia. J’adore passer du temps en famille ! C’est une joie immense. Pourquoi m’en priver ? Mais j’ai compris que je dois me ressourcer autrement et ailleurs. Donc cette année m’a fait un bien fou. J’ai eu des discussions intéressantes avec des gens nouveaux.

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Jodie. Moi je pense qu’on fonctionne par cycle. J’ai mes cycles de création. Je ne suis pas capable de faire plusieurs choses en même temps. Je fais une chose à la fois, je suis concentrée de façon intense et quasi obsessionnelle. Et ça m’épuise. Il faut que je dorme et j’entre en hibernation pendant un an. Et puis, je commence à m’ennuyer et à me poser des questions, je me demande ce qui ne va pas chez moi… La vie n’a plus aucun sens et je me dis qu’il faut que je refasse du sport. Je suis à nouveau dans un cycle d’impatience et d’ébullition, et je sais que je suis prête à me relancer dans un nouveau projet.

Vous dites que vous ne pouvez pas faire plusieurs choses à la fois. Pourtant vous avez joué dans des films que vous avez réalisés…

Jodie. C’est vrai.

Pourquoi n’avez-vous pas joué dans votre dernier film ?

Jodie. Il aurait fallu que je joue le rôle de Julia ! J’ai décidé de ne plus jouer dans les films que je réalise parce que c’est trop compliqué, il y a trop de choses à gérer. On est tiraillé de toutes parts et il faut avoir un œil sur tout.

Julia, la réalisation vous intéresse-t-elle ?

Julia. Non, on passe son temps à résoudre des problèmes et je n’en ai pas envie.

Jodie. A part le métier d’actrice, y a-t-il d’autres aspects du cinéma qui t’auraient intéressée ?

Julia. L’écriture. Mais j’aime tellement être actrice. Je réponds présente quand on m’appelle et je disparais quand on ne veut plus de moi. Ce rythme me convient parfaitement.

Jodie. Julia, j’ai adoré travailler avec toi. Si tu n’étais pas en face de moi, je ferais encore plus de compliments. Lorsque tu rentres sur un plateau tu es d’un calme… tout semble facile. Tu sais exactement ce que tu dois faire. On a l’impression que tout est tatoué sur ton avant-bras. Les scènes avec toi étaient les plus difficiles à tourner parce qu’on filmait dans un petit espace avec 25 écrans de contrôle. Mais tu étais parfaite. En plus, tu as beaucoup d’humour. Julia, tu es l’une de mes actrices préférées. Est-ce que tu es toujours comme ça quand tu travailles ?

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Julia. Oui, j’aime quand ça se passe bien. Parfois, c’est plus dur mais j’estime, par respect pour tout le monde, qu’il est préférable d’être de bonne humeur sur un plateau.

Jodie. T’est-il déjà arrivé de tourner avec des réalisateurs qui te menaient la vie dure ?

Julia. Oui, ça m’est arrivé. Le matin, quand le réveil sonnait, je pleurais. Mais il faut assumer et relativiser. Nous ne sommes que des acteurs, nous ne sommes pas là pour soigner le cancer. A la fin du tournage, tout le monde rentre chez soi.

Pouvez-vous nous parler de votre complicité avec George Clooney ?

Julia. J’ai déjà tout dit sur George… En lisant le scénario, j’ai pensé que le rôle était parfait pour lui. C’est un rôle complexe. Le personnage est à la fois malin, maladroit, pathétique. Il nous fend le cœur. Ah, la scène de danse avec deux filles… Il était juste magnifique.

Jodie. Son rôle a un spectre très large.

Julia. George en a pris pleinement conscience et c’est un très bon acteur.

Jodie. L’évolution de son personnage est intéressante car elle est liée à celui qu’interprète Julia. Dans le film, les trois personnages masculins sont confrontés à l’échec : George, Kyle (le preneur d’otages) et Walter (le patron du fonds d’investissement). L’argent a une valeur très importante dans la société américaine. Si on a de l’argent et si on sait le contrôler, on est respecté. Ici, ce sont les femmes qui constatent l’échec des hommes.

Julia. C’est une façon intéressante d’analyser le film.

Jodie. Le personnage de George est définitivement lié aux femmes qui vont l’aider à survivre.

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Est-ce qu’il y a une histoire d’amour entre les deux personnages ?

Jodie. Non.

Julia. Moi et George ? Impossible, on est comme frère et sœur !

Jodie. Elle lui donne des ordres, elle est son Jiminy Cricket. Elle lui parle à l’oreillette, elle l’aide à ne pas mourir et à être plus malin que les autres. C’est elle qui sauve. Les hommes veulent briller devant les femmes, mais elles sont fortes et peuvent s’en sortir toutes seules. Le film montre comment ces rapports de force coexistent.

Julia. J’adore le dialogue du dîner. C’est très drôle. Le personnage de George a l’habitude d’aller au restaurant tous les soirs, il dit : « Je ne suis pas allé au restaurant tout seul depuis les années 80 » et il en est fier. Quelqu’un vient de l’annuler et il est effondré : « Quoi ? ». Pour lui, c’est la fin du monde !

A-t-il peur du vide ?

Jodie. Oui.

Julia. Et mon personnage lui répond : « Tu ne veux pas rentrer chez toi, te mettre en pyjama et commander un chinois ? » Il répond : « Surtout pas. »

Jodie. Que reste-t-il à la fin du film ? Deux personnes qui s’aiment d’amitié, qui travaillent ensemble et qui tiennent l’un à l’autre sans tomber dans le romantisme.

Julia. J’aimerais bien parler de Jack O’Connell. Il est formidable dans le film.

Jodie. C’est passionnant d’observer un jeune acteur qui est en train d’éclore. Mais son jeu est tellement intense que ça l’épuisait. Il a mille propositions à la minute jusqu’à en perdre la voix. Il transpire… Moi avec le temps et l’expérience, j’ai appris à m’économiser.

Julia. Tu as raison. On apprend à moins se disperser pour être plus efficace. Jack allait à deux cents à l’heure du matin au soir. Il débordait d’énergie, il y mettait tout son cœur…

Jodie. Julia, qu’est-ce que tu aimes chez un réalisateur et qu’est-ce que tu n’aimes pas ?

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Julia. Au début d’un tournage, j’aime qu’on me fasse confiance et qu’on me laisse proposer des pistes de jeu. Si au bout de sept prises, ça ne marche pas, là, je me dis que je dois en parler au réalisateur. Mais avec toi, Jodie, on n’a pas fait tellement de prises.

Jodie. Julia a un truc génial. Quand elle a terminé une scène, elle déchire la page du scénario. C’est fini !

Julia. Pas de retour en arrière possible !

Jodie. Quand tu as quitté le tournage et tu es partie en avion, j’étais tellement triste…

Julia, votre personnage réalise et produit une émission de télévision. Vous êtes-vous inspirée de Jodie ?

Julia. Si seulement ! J’espère que Jodie ne m’a pas dirigée de la même manière que j’ai dirigé George. Parfois Jodie me donnait des indications par talkie-walkie et j’adorais ça. En fait, nous les acteurs, on aime qu’on nous dise précisément quoi faire.

Jodie. J’ai beaucoup travaillé avec des enfants et ça n’a rien à voir avec les adultes. Les enfants aiment qu’on leur donne des ordres simples et précis.

Julia. C’est tout George et moi !

Julia, aviez-vous déjà travaillé avec une réalisatrice ?

Julia. Oui, mon premier film Satisfaction. La réalisatrice s’appelait Joan Freeman.

Jodie. Moi aussi, je n’ai fait qu’un film réalisé par une femme.

Julia. Non !

En 2015, à la cérémonie des Oscars, Patricia Arquette a fait un discours sur les inégalités de salaires entre acteurs et actrices. Qu’en avez-vous pensé ?

Julia. C’était un très beau discours.

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Jodie. Quand j’ai commencé à faire ce métier, il n’y avait pas de femmes, à part la maquilleuse, la script et la femme qui jouait ma mère…Le reste de l’équipe était composé d’hommes. C’était une époque et une culture différentes. Le milieu du cinéma était essentiellement masculin et heureusement ça a changé depuis.

Peut-être pas assez vite ?

Jodie. C’est en train de changer, les équipes techniques ont changé. Le dernier bastion demeure les grands studios à Hollywood. Ce sont les derniers à accepter des femmes alors qu’à la télévision et dans le cinéma indépendant, les bouleversements ont commencé plus tôt.

Julia. Aujourd’hui, plus de femmes occupent des postes traditionnellement réservés aux hommes. Il y a des femmes derrière les caméras, comme sur le tournage de Un été à Osage County.

Jodie. La réalisation est un domaine très particulier. Je pense que les hommes et les femmes qui occupent des postes décisionnaires dans le cinéma voient les femmes comme un risque. J’ignore pourquoi.

Peut-être y a-t-il des femmes qui ne veulent pas prendre ce risque…

Jodie. Qui ne veulent pas devenir réalisatrices ? Je ne pense pas. Aujourd’hui, beaucoup de femmes veulent faire des films. En revanche, quand j’étais plus jeune, jamais je n’aurais envisagé l’éventualité de devenir réalisatrice. Jamais je n’aurais imaginé que cela pût être possible. Ça m’a pris du temps de me voir en leader.

Julia. Quel âge avais-tu quand tu as réalisé Le Petit homme ?

Jodie. 27 ans.

Julia. Moi, à 27 ans, j’avais du mal à choisir une tenue décente dans mon armoire ! Je n’arrive pas à croire que tu aies réalisé un film à 27 ans…

Jodie. Il fallait avoir une super confiance en soi. L’acteur a une position privilégiée. Il est face caméra et il voit ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas.

Julia. Je me souviens avoir tourné un film avec Woody Allen. Le premier jour de tournage se déroulait la nuit. J’avais beaucoup de dialogues. Je devais réciter plein de noms d’artistes, j’avais peur de ne pas les prononcer correctement. J’étais en plein décalage horaire, je ne me sentais pas bien.

De quel film s’agissait-il ?

Julia. Tout le monde dit I love you. J’ai appris que Woody Allen détestait les tournages de nuit. J’ai pensé que ça allait être un désastre. La caméra fonctionnait mal. On a dû recommencer à six reprises. Finalement, Woody a dit : « C’est bon, on l’a. » Puis, il a ajouté : « Moi j’ai été OK, mais toi, ça ne va pas, on doit la refaire. » Comment ça ? J’étais hors de moi et il m’a fallu deux heures pour comprendre que c’était sa façon de s’exprimer. Je pensais qu’on aurait pu en parler. Le troisième jour, j’étais persuadée que j’allais être virée car je n’arrivais pas à m’habituer à quelqu’un qui communique si peu.

Jodie. Chaque réalisateur est différent et en tant qu’acteur ou actrice, on doit s’adapter. Que ça nous plaise ou non.

Julia. C’est tellement bien quand on travaille avec des réalisateurs avec lesquels on est connecté. On se dit : « Qu’est-ce que je peux faire, aujourd’hui, pour le surprendre ? ». Ca, c’est génial. J’ai vécu ça avec Mike Nichols. Quand je travaillais avec lui, je donnais mon maximum.

Jodie. Je vois ça sous l’angle de la relation parent-enfant. On veut que notre parent soit fier de nous. De la même manière, on veut plaire au réalisateur. On veut qu’il nous respecte, on veut échanger avec lui. On veut être aimé. On veut être sa préférée, on veut qu’il nous considère comme un partenaire. En tant que réalisateur, on a cette responsabilité d’être un bon parent. Enfant, je me souviens avoir eu de « mauvais parents » sur un tournage. Et je me disais : « Jamais je ne traiterai quelqu’un de cette façon ». Pour moi, un bon parent sur un plateau, c’est quelqu’un qui encourage ses acteurs : « Je sais où l’on va, on va prendre un train pour San Pedro et on va arriver là-bas à 20h42 ». Autrement dit : « Ne vous inquiétez pas, je m’occupe de tout, je sais ce que je fais ». Un réalisateur doit aimer ses acteurs. Même s’ils font des choses stupides, ce n’est pas grave. Le secret d’un réalisateur est de laisser les acteurs libres tout en leur imposant des limites.

Julia, amenez-vous vos enfants sur les tournages ?

Julia. Oui, mais tout ce qui les intéresse, c’est de grignoter ! Ils se mettent dans un coin, ils regardent. Lorsque nous avons tourné Blanche Neige à Montréal, ils venaient régulièrement sur le plateau. Je portais une robe gigantesque et tous les trois se cachaient dessous. Les garçons étaient déguisés en Ninjas. Trop mignons ! Quand j’ai tourné Il n’est jamais trop tard avec Tom Hanks, je jouais une institutrice et l’une de mes élèves était Grace Gummer, la fille cadette de Meryl Streep. Les enfants sont venus et Grace m’a dit : « Ca me rappelle l’époque où je venais voir ma mère sur les tournages ».

Vos enfants veulent-ils devenir acteurs ?

Julia. Je ne pense pas qu’ils comprennent le travail d’acteur. Ils savent que j’aime mon métier, que ça m’apporte beaucoup de bonheur. Mon mari est cameraman et je pense que ça les intéresse davantage. Moi, je dois me faire maquiller, mettre un costume de scène qui ressemble à ce que je porte tous les jours. Bref, c’est beaucoup moins passionnant à leurs yeux.

Jodie. Est-ce qu’ils participent à des spectacles de théâtre à l’école ?

Julia. Oui. Les jumeaux ont joué dans une pièce, il y a deux ans. Lors de la représentation, à un moment donné, personne ne savait quoi faire et les dix-huit enfants étaient paralysés. Je crois qu’un des enfants n’avait le bon costume, donc il y a eu un vide. Tout à coup, mon fils a commencé à courir au ralenti sur la scène et il a occupé l’espace. C’était incroyable de le voir, ça relevait du miracle. Moi, jamais, je n’aurais pensé faire un truc pareil et prendre ainsi le contrôle du vide.

Jodie. C’est génial !

Julia. C’était tellement drôle. Tous les enfants ont du talent tant qu’on ne les a pas freinés. Notre devoir de parents est de laisser libre cours à leurs envies et à leur imagination.

Jodie. Ça revient à ce que je disais sur la direction d’acteurs. On doit être des parents et notre devoir est de les encourager à avoir des propositions de jeu même si ce n’est pas parfait : « Ce n’était pas mal, je suis contente que tu m’aies montré ça. On ne va pas peut-être le refaire, essayons autre chose. »

Julia. Jodie m’a dit ça !

Julia, savez-vous que La Vie Est Belle de Lancôme est le parfum le plus vendu en France et en Europe ? Quelle responsabilité…

Julia. Incroyable, non ? C’est un parfum extraordinaire et lorsque les représentants de la marque m’ont approchée pour en être l’égérie, je leur ai dit que je voulais être impliquée dans le processus de création. Je ne voulais pas représenter un parfum que ne n’aurais pas aimé ni me retrouver dans un avion à côté de quelqu’un qui le porte et que ça ne me plaise pas. Ils ont été formidables, ils m’ont fait sentir différentes compositions et m’ont demandé mon avis. Je me souviens très bien d’un jour où, entrée dans un restaurant, j’attendais d’être placée quand, tout à coup, j’ai réalisé que la femme devant moi portait MON parfum.

Jodie, avez-vous déjà réalisé un film publicitaire ?

Jodie. Il y a très longtemps… Je suis davantage quelqu’un qui aime raconter des histoires.

Julia, vous n’êtes pas qu’une actrice, vous êtes une actrice qui a de l’influence…

Julia. Je suis une top-modèle ! Je réponds ainsi parce que cela m’amuse. Quand on a tourné le clip de la publicité La Vie Est Belle avec James Gray, je portais une robe incroyable et il y avait tout un groupe de gens très chics, vêtus de noir, autour d’une table. Moi j’étais en blanc. Pour détendre l’atmosphère, j’ai lancé « Bonjour à tous ! ». J’ai levé les yeux et j’ai reconnu dans le groupe une femme sublime, Lara Harris, qui a été ma première amie, à New York, en 1985. Elle n’avait pas changé. On s’est embrassées, c’était formidable de retrouver quelqu’un que je connaissais. On a vécu tellement de choses ensemble …

Jodie. C’est vrai, les amitiés qu’on se crée au cinéma sont importantes. Il m’arrive de retrouver des gens que j’ai connus à l’âge de vingt ans dans une scène où j’étais ensanglantée dans une piscine. Ce sont des expériences uniques. Des années plus tard, on peut se sentir plus proches de ces gens que de sa propre famille. On a partagé des expériences que nos parents ne peuvent pas comprendre. Julia, c’est une évidence. Tu représentes quelque chose d’unique. Tu existes grâce à ta mère et à ton père mais les expériences t’ont construite. Tu es capable de transmettre cela au cinéma et quand une marque t’approche et te choisit, comme c’est le cas aujourd’hui, les gens qui achètent le parfum ont l’impression de partager quelque chose de très fort avec toi.

Toutes les deux avez en commun une voix et un rire uniques et vous communiquez un amour de la vie très fort…

Julia. En commençant le tournage avec Jodie, j’étais nerveuse. Je déteste que les gens murmurent « Julia Roberts est là » quand j’arrive sur un plateau. En fait, j’étais tellement heureuse de me découvrir des points communs avec Jodie. Nous avons beaucoup parlé de nos enfants, un vrai dialogue s’est installé entre nous. Je savais que j’étais entre de bonnes mains et si j’avais le moindre doute, j’étais sûre que je pouvais compter sur elle.


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