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Baad, thriller de Cédric Bannel

Par Mpbernet

Baad

Vous avez aimé « L’homme de Kaboul », vous adorerez « Baad », le nouvel épisode mettant en scène Oussama Kandar, chef de la police criminelle de Kaboul.

Et moi, je n’ai pas pu me détacher de ce nouveau thriller ancré dans une réalité tellement méconnue : ce qui se passe réellement aujourd’hui, dans l’indifférence générale, en Afghanistan. Là où s’agitent les dernières forces de la Coalition, les politiciens véreux et les mollahs émargeant à tous les rateliers, les parrains de la drogue, les djihadistes de DAESH, les alliés d'Al Quaïda et les Talibans.

Au milieu de cet indescriptible chaos, le policier intègre tente simplement de faire son métier : faire éclore la vérité malgré tous les bâtons que lui met dans les roues le ministre de la Sécurité, son ennemi intime, pourchasser un tueur psychopathe qui se repaît de petites filles après les avoir revêtues de robes de fête. Ce criminel est un occidental qui ne laisse aucune trace, comme s’il n’était jamais entré dans le pays. Les « experts » de l’équipe de la criminelle ont reconstitué l’arme de ses crimes : un couteau à fileter le saumon de fabrication finlandaise. On sait aussi qu’il parle avec un accent texan … Qui est-il en réalité ?

En France se noue un autre drame : un père et ses deux enfants sont kidnappés par la Mafia. Une affaire sans aucun rapport (?) … Nicole Laguna (clin d’œil de l’auteur à son précédent passage chez Renault ?) est un ex-commissaire divisionnaire, passée par la DGSE et plus ou moins hors-circuit. Sa famille est entre les mains de la plus haute autorité mafieuse qui la somme de neutraliser un chimiste hyperdoué ayant mis au point une drogue 100% pure pour le compte des Russes, mettant ainsi en péril le lucratif commerce des Italiens. A Kaboul, Badria, la troisième petite victime du sadique, est déjà entre ses mains.

Tout est une question de jours. Les fils de l’intrigue s’entremêlent. Pour un suspens qui se termine en feu d’artifice dans les montagnes terrifiantes du Badakhchan où les talents du qommandaan Kandar sont une nouvelle fois mis à contribution : son extraordinaire habileté de sniper, son expérience des combats et sa capacité de stratège, talents acquis lors du conflit avec les Russes.

Ce qui me fascine, c’est le réalisme des situations et le talent de l’auteur. Cédric Bannel est un surdoué : ancien élève de l’ENA, haut fonctionnaire des Finances connaissant parfaitement les circuits internationaux du financement occulte, passé par le privé au plus haut niveau, créateur d’entreprises talentueux – dont le site Canalblog – il connait et aime l’Afghanistan, sait de quoi il parle et en parle sans détours.

Un pays où tout est danger à court et moyen terme : les ethnies, les clans, les sectes religieuses irréconciliables, les groupes de combattants, la culture omniprésente du pavot qui assure plus de 90% de la production mondiale d’héroïne, la corruption généralisée, l’absence de toute structure étatique … et pourtant, une ville de Kaboul tentaculaire, où poussent des immeubles comme des champignons mais où un homme et une femme ne peuvent être laissés en présence dans une même pièce.

Après cette lecture, qui ferait un excellent un film d’aventures à la logique implacable, vous en saurez beaucoup plus sur cette plaque tournante de la sécurité mondiale qu’après n’importe quel cours de géopolitique.

Baad, roman de Cédric Bannel, collection « La bête noire » de Robert Laffont, 470 p., 21,50€


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