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Interview before Weather | Marcelus

Publié le 31 mai 2016 par Le Limonadier @LeLimonadier
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La banlieue parisienne recèle des talents cachés, et un coup du destin suffit à les révéler. Dans les années 90, un dénommé Cédric Bros, encore enfant, découvrait des joyaux technoïdes sur sa petite radio. C’est le début d’une longue histoire d’amour. A 18 ans, à la sueur de son front, il s’offre ses premières platines. Après des années d’expérimentations musicales et de travail, en 2010, il rencontre DJ Deep et signe sur son label Deeply Rooted. A peine deux ans plus tard, il sort ses EPs et joue au Trésor. Une fulgurante émergence qui a finalement donné naissance à son propre label, Singular Records, faisant de Marcelus l’une des figures de proue de la scène techno française à la reconnaissance internationale. Et pourtant, force est de constater sa discrétion, qui cache un artiste indéniablement passionné, enthousiaste et authentique.
On a eu la chance d’échanger avec lui, à l’occasion de son passage à l’incontournable Weather Festival au Bourget. En attendant, on vous laisse en découvrir un peu plus avec cette interview…

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Bonjour Marcelus, pourrais-tu te présenter en quelques mots pour ceux qui ne te connaîtraient pas encore ?

Bonjour le Limonadier ! Alors je suis producteur et DJ également, principalement axé Techno. Je suis résident du club Tresor à Berlin.
J’ai déjà quelques disques à mon actif. J’ai eu notamment le plaisir de travailler avec DJ Deep ou Tresor records, et je suis également le fondateur de Singular records dont je m’occupe depuis un peu plus de trois ans maintenant.

Après ta rencontre avec DJ Deep les choses sont devenues très vite sérieuses mais tu fais partie de ces producteurs qui restent humbles et discrets. Quelles étaient tes envies au début de Singular et quelles sont-elles aujourd’hui avec un peu de recul ?

J’ai monté le label suite à ma rencontre avec Claudia Anderson, qui avait des morceaux que j’adorais et qui ont été un déclic pour moi.
Je crois que la plupart des acteurs de la scène pensent à un moment ou un autre à la création d’un label, à s’investir et participer à tout ça… et donc c’était également mon cas. Je me suis jeté à l’eau avec ce premier disque de Claudia, avec l’envie de partager de la musique de bonne qualité et de contribuer à mon tour du mieux possible. Donc aujourd’hui ça n’a pas tellement changé, comme d’autres j’essaie de défendre une certaine vision de la qualité, voilà tout.

Est-ce-que tu aurais un conseil pour quelqu’un qui voudrait aujourd’hui se lancer dans le music business ?

Ce n’est jamais évident de donner des conseils, je ne suis pas convaincu que ce soit mon rôle et tout dépend des motivations et buts de chacun également.
Découvrir les choses soi-même, de par ses propres expériences, ses observations, erreurs, et ainsi de suite, me semble être un chemin intéressant à emprunter…

Comment vois-tu le « phénomène techno » ? Et plus particulièrement, parce qu’on va te voir très bientôt au Weather, quelle est ta relation avec la scène techno parisienne ?

C’est énorme, et pourvu que ça dure ! Ma relation avec la scène est plutôt bonne je crois. Étant de banlieue, d’un point de vue communication et rencontres, ça complexifie un peu les choses parfois mais ce n’est pas un problème au final, un peu de distance permet aussi d’avoir des temps de respiration si je puis dire, donc ça me convient plutôt bien.

Du côté festivalier, quels seraient les trois artistes de la programmation que tu ne raterais pour rien au monde ? (ou 4, ou 5… si le dilemme est trop dur !)

J’avais vraiment envie de voir jouer UVB mais on joue en même temps donc c’est dommage. J’irai certainement voir Blawan que j’adore, Sylvain (aka Zadig) aussi avec son projet live Kern Space Adventures. J’avais déja beaucoup apprécié son live avec Unforeseen Alliance (Voiski, Antigone, Birth of Frequency et Zadig donc). Ensuite, peut-être les gars de chez Hessle Audio, parce que j’aime beaucoup, tout ce qui est UK est toujours super frais donc ça devrait être intéressant.

Que ce soit en club, festival, entre amis, en France ou ailleurs… quel est ton meilleur souvenir de scène derrière ou devant les platines ?

J’ai un tas de bons et moins bons souvenirs, que ce soit en jouant ou pas d’ailleurs, un tas de rencontres que j’ai pu faire, tout ça laisse des traces.
Je me suis retrouvé en Sibérie dans un champ pour une rave, à boire de la vodka avec des russes, avec un soundsystem de mort-vivant, genre 120db… J’ai joué dans ce petit bar à Santiago au Chili, avec des gens formidables. J’ai passé des dizaines de soirées énormes au Tresor, rencontré tellement de monde là-bas, et à me taper des barres de rires avec Pacou… Je me suis retrouvé dans des bourbiers également à jouer avec les retours dix mètres derrière, des gens collés à moi de partout, avec une nana qui se prend les cheveux dans la cellule, un truc complètement délirant, les gens gueulaient comme des veaux. Enfin voilà, j’ai plein d’images qui restent forcément… et j’en garde majoritairement du positif. J’ai fait rigoler Sleeparchive aussi… pas mal celle-là.

Comment conçois-tu tes DJ-sets ?

En ce moment je suis dans des morceaux assez intellectuels et couillus je dirais, que je mélange avec d’autres beaucoup plus simples, physiques et assez innocents en fait. C’est très compliqué d’anticiper un mix à l’avance évidemment, voilà j’ai une mixture de ce genre de morceaux avec moi. Ça donne un mélange mental et physique.

Et quel est ton set-up pour produire ?

J’utilise Ableton live. Beaucoup de samples avec de bons plugs et quelques contrôleurs. Un set up basique en fait, très simple.

Tes productions sont assez éclectiques, généralement ‘’sombres’’ mais parfois plus enjouées, ou voire ambient. On croit aussi savoir que tu es un amateur de House. Avec ces horizons variés, qu’est-ce-qui te pousse vers la Techno, et quel type de musique prends-tu personnellement le plus de plaisir à créer ?

Je suis tombé amoureux de cette musique très jeune, j’avais neuf ou dix ans et j’ai jamais décroché, je suis tout simplement passionné par tout ça. En fait la Techno m’a kidnappé. Le prochain coup elle m’emmène au Weather !

Si tu devais décrire en trois mots ton prochain album qui va sortir début juin sur Vibrations, ce serait lesquels ?

Le premier serait « Personnel », car j’ai fait l’ensemble, de la musique à l’artwork, donc c’est complètement moi de bout en bout. Ensuite « Techno », et je dirais pour finir « Privilège », parce que chez Tresor.

Pour finir, la question traditionnelle du Limonadier : si tu étais un cocktail (ou autre boisson), lequel serais-tu ?

Malheureusement je ne m’y connais pas bien en cocktail, donc je dirais plutôt un bon Bordeaux ou une bonne bière Belge.

Cheers !

On retrouvera donc Marcelus ce dimanche 5 juin sur la scène automne, de 14h à 17h.
Décollage imminent !

Weather Paris Festival 2016

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