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Tout savoir sur le métier de traducteur de mangas : les réalités d'un métier à part !

Publié le 24 mai 2016 par Eric Roche @lyon_japon_info
Photo www.lyon-japon.com vous invite à TOUT SAVOIR SUR LE MÉTIER DE TRADUCTEUR DE MANGAS. Comment ? Eh bien, tout simplement en demandant directement à un professionnel, en l'occurence une traductrice qui exerce ce métier depuis 20 ans : Madame Françoise Fujii.
​L'interview a été faite par Lara, une étudiante de Saint-Etienne, dans le cadre de ses études universitaires, et plus particulièrement pour une UE intitulée  "Projet personnel professionnel" (PPP). Elle devait pour cela faire l'interview d'une personne qui pratique un métier qui l’intéresse. Étant passionnée par les MANGAS , elle a choisi d'axer son PPP sur le métier de TRADUCTEUR DE MANGAS. Elle s'est adressée à lyon-japon.com pour la mettre en contact avec une traductrice ou un traducteur de mangas.
Madame Françoise Fujii nous a fait l'immense bonheur de répondre favorablement à cette requête et nous la remercions vivement ! Nous remercions également Alexis sans qui ce projet n'aurait pu aboutir.
Alors, en quoi consiste le métier de traducteur français-japonais ? Laissons la traductrice de métier Françoise Fujii nous répondre dans son interview avec Lara. Photo

Interview de Mme Fujii Françoise, traductrice français- japonais (Le 21 Mars 2016)

Lara : En quoi consiste votre métier ? 
Françoise : Je fais de la traduction depuis 20 ans, je suis spécialisée dans la traduction français-japonais. 
Lara : Vous traduisez du français au japonais ou plutôt du japonais au français?
Françoise : Je traduis dans les deux sens mais les agences de traduction demandent généralement aux Français de traduire du japonais au français et aux Japonais de traduire du français en japonais. C’est plus facile pour moi de traduire du japonais en français.
Lara : Avez-vous une préférence pour un type d’ouvrage ?
Françoise : J’accepte n’importe quelle traduction, notices, manuels, rapports, lettres et aussi des brevets. Je n’ai pas de spécialité. Aujourd’hui, je fais la traduction de dépliants touristiques : le gouvernement japonais fait tout  pour attirer les touristes au Japon.Je fais peu de traduction de mangas. Il faut savoir qu’il y a deux différences majeures entre les mangas japonais et les bandes dessinées françaises. Les mangas au Japon sont des livres en papier recycléqu’on jette après les avoir lus souvent entre deux stations de métro. Les dessins sont très sophistiqués, et il y a peu de texte et beaucoup d’onomatopées. Traduire les onomatopées est difficile : il y a par exemple 10 onomatopées japonaises pour parler de la pluie qui tombe !
Lara : Exercez-vous au sein d'une société ?
Françoise : Je travaille en free-lance. Je suis enregistrée dans les agences de traduction. Mais je travaille  aussi avec des éditeurs, ou avec des clients directs. Dans ce cas, c’est plus rémunérateur  que lorsqu’on travaille pour une agence car celle-ci prend en général 50% du bénéfice. L’offre de travail se transmet également de bouche à oreille. Au début, un traducteur doit s’inscrire dans plusieurs agences de traduction pour se faire connaître. Il faut aussi faire du démarchage, rencontrer les personnes, se présenter, d’autant plus que les relations humaines sont très importantes au Japon. Photo Lara : Est-ce que vous travaillez plutôt de manière isolée ou en collaboration avec d’autres personnes? Etes-vous en contact avec d’autres traducteurs ?
Françoise : Je travaille plutôt seule car je suis en free-lance et non salariée. Il m’arrive de travailler pour d’autres traducteurs lorsqu’ils font appel à moi. 
Lara : Avez-vous également des contacts avec les auteurs ou dessinateurs?
Françoise : Non, je suis en contact avec les éditeurs et les maisons d’édition  seulement.
Lara : Qu'est-ce qui vous a fait choisir ce métier? 
Françoise : Je voulais étudier une langue très différente du français, une langue qui ne soit pas d’origine latine. J’ai donc étudié le japonais à l’INALCO. J’ai obtenu ensuite une bourse du gouvernement japonais, ce qui m’a permis d’aller étudier au Japon et mettre en pratique ce que j’avais appris. Puis, je suis restée au Japon et suis devenue traductrice. 
Lara : Ce métier vous passionne-t-il (toujours)? Est-ce qu'il correspond à vos attentes?
Françoise : Oui, c’est un travail qui me permet de travailler chez moi, à mon rythme. Je ne perds pas de temps dans les transports. Je m’organise comme je le souhaite et cela convient bien à mon caractère.
Lara : Quelles sont, d’après vous, les qualités requises pour exercer au mieux ce métier? 
Françoise : Les qualités requises sont de bien connaître les deux langues de départ et d’arrivée, à savoir la langue étrangère et sa langue maternelle. Il faut lire beaucoup pour améliorer ses capacités linguistiques et  être un bon traducteur car il y a énormément de concurrence.
Lara : Quels sont pour vous les avantages et les inconvénients du métier?
Françoise : Les avantages sont ceux dont j’ai parlé plus haut : on s’organise comme on veut, on peut trouver  du temps libre. En contrepartie, le travail n’est pas régulier, le salaire non plus, et parfois le travail doit être rendu très rapidement, les agences proposant à leurs clients un service attractif rapide. Photo Lara : Votre métier vous amène-t-il  à voyager?
Françoise : Dans le pays oui, pour rencontrer les agences de traduction. Mais pas à l’étranger. Ce n’est pas nécessaire pour moi. Aujourd’hui, Internet permet d’entrer en contact avec les gens sans se déplacer.
Lara : Y-a-t-il une évolution du métier?
Françoise : Le métier a énormément évolué. Il y a 30 ans, il n’y avait pas internet, le travail se présentait sous une forme différente: on envoyait son travail par la poste, plus tard sur disquette, puis par e-mail. Aujourd’hui, on télécharge le dossier sur sa page internet, et une fois le travail terminé, on le charge. Avant, on travaillait avec des dictionnaires, aujourd’hui on peut faire des recherches sur internet. L’ordinateur a beaucoup aidé notre travail. Il faut cependant connaître les évolutions de l’informatique et les logiciels sachant que le matériel et les technologies changent très vite.
Lara : Vit-on correctement de votre métier?
Françoise : On peut vivre correctement si l’on est célibataire, sans enfants, mais  on ne gagne pas suffisamment pour élever une famille. Dans ce cas, les traducteurs ont une autre activité rémunératrice comme l’enseignement.
Lara : Quelle formation avez-vous suivie? 
Françoise : J’ai suivi une formation linguistique à l’université, puis j’ai appris le japonais à l’INALCO pendant  4 ans.  Je suis ensuite allée au Japon pour étudier et j’y réside depuis 30 ans. A l’Université, on apprend les bases. Quand on se retrouve dans le pays, on a l’impression de ne pas réellement connaître la langue. De très bonnes bases sont nécessaires, mais il faut du temps pour bien maitriser la langue. 
Lara : Pensez-vous qu'il y a une  formation  mieux adaptée pour exercer votre métier?
Françoise : Avant, il n’y avait que l’INALCO pour étudier les langues orientales en France. Aujourd’hui on apprend le japonais dans de nombreux  lycées et universités mais si les bases sont nécessaires, l’apprentissage se fait vraiment sur le tas. Photo Lara : Avez-vous des conseils à me donner si je souhaite exercer votre métier?
Françoise : Bien étudier les bases de la langue et surtout la pratiquer, accumuler de l’expérience pour pouvoir la maîtriser. (interview publiée avec l'aimable accord de Lara et Françoise Fujii).
Nous espérons que toutes les réponses de Françoise Fujii vous en auront appris un peu plus sur le métier de traducteur, notamment de mangas et que cela vous aidera à mieux vous y préparez si vous envisagez de vous former à cette belle profession.

Eric R.
www.lyon-japon.com
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