Après Maissiat que j'ai présenté la semaine passée, j'ai eu un autre gros coup de cœur d’une jeune chanteuse française, au patronyme tout aussi court, Clio, que j’ai eu il y a quelques semaine déjà à l’écoute de morceaux sur le net et sur France Inter, où elle est pas mal soutenue depuis pas mal de temps déjà.
Et contrairement à Maissiat, ce n’est pas à François Hardy qu’on pense en l’écoutant, mais à un artiste masculin qui est encore bien plus mon style que celui d’Hardy
.En effet, et cela est flagrant en écoutant le premier extrait de son tout premier album qui vient tout juste de sortir, on pense très fort à Vincent Delerm en écoutant Clio, la filiation est même assez incroyable tant les deux cultivent une plume d trempée dans la même ’inspiration, très littéraire et cinématographique, et privilégiant pas mal les mélodies très acoustiques et épurés, généralement , piano ou guitare/voix
On pense surtout au premier albums de Delerm en écoutant celui de Clio, l’équilibriste Eric Rohmer est mort ou Haussman à l’envers fait énormément penser Fanny Ardant ou "Baiser Modiano".
La même propension au name-dropping subtilement dosé, la même élégance linguistique, la meme mélancolie joyeuse, la même tendance à rendre très cinématographique une chanson a priori anodine si on écoute cela superficiellement.
Comme son illustre modèle, Clio , diplômée de Lettres Modernes. (et ca se ressent évidemment des qu’on se penche sur les textes en questions) parvient en quelques phrases à trousser des images, des personnages esquissés, des situations qui sont tout à la fois universelles et personnelles, cette même capacité à croquer des choses fédératrices avec presque rien de réussir à éveiller chez l’auditeur le souvenir nostalgique d’évènements personnels ou fantasmés ce n’est pas donné à tout le monde….
Mais Clio ne peut pas être cantonnée à une simple clone de Delerm, ca serait vraiment injurieux et malhonnête de ma part : d’une part, parce qu’elle possède un tombre de voix moins clivant que celui de Delerm tout en cultivant une certaine singularité derrière une apparente fragilité.
Et surtout, aucun copier coller chez elle (contrairement peut être à Marvin Jouno ou le Noiseur qui singent un peu trop Biolay) , ses références elle les assume et les digère parfaitement tant elle parvient très vite à faire oublier la plus grande révélation de la scène française des années 2000 pour imposer son propre univers tour à tour d’une grande délicatesse, mais aussi léger et profond sur lequel elle promène ses de forts beaux textes, apuyés par par des mélodies qui rentrent dans la tête.
« Eric Rohmer est mort et moi j’en veux encore / Des parcs parisiens / Où l’on se tient la main / Des balades au bord de la mer / De la voix de Marie Rivière / Des rendez-vous dans les cafés. »
CLIO - Éric Rohmer est mort
Ce fabuleux morceau qui l’a fait connaitre, la jeune et téméraire Clio a réussi à l’envoyer à Fabrice Luchini lui même, grand défenseur de Rohmer devant l'éternel, qui l'a beaucoup aimée et qui l'a même hurlé sur tous les toits. Et un Lucchini qui s’est proposer d’enregistrer une maquette de la chanson avec lui, présente en bonus de cet album ( bon je préfère largement la version originale, Lucchini en faisant une fois de plus un peau beaucoup et s’il savait chanter, ca se saurait aussi)...
Et c’est l’album dans son ensemble qui regorge de jolies perles comme ce premier extrait, témoin ce très ebau et touchant Des équilibristes, qui raconte la chevauchée ordinaire de cyclistes de 6 ans qui dévalent les rues en dansant et les remontent en danseuse.
Bref, si Clio a la même carrière que au hasard…Vincent D… Renaud (histoire de prolonger lourdement la métaphore automobile esquissée dans mon titre), cela n’aurait rien d’étonnant à mon sens…
CLIO- des équilibristes