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L’humour comme arme contre l’antisémitisme. Entretien avec Yvan Attal.

Par Mickabenda @judaicine
yvan-attal

Commençons par le début. Avez-vous eu une éducation juive, religieuse? Comment avez-vous été élevé?

De manière très traditionaliste, ce n’était pas tellement religieux. On célébrait les principales fêtes juives: Le Grand Pardon évidemment, Pâques, c’est à peu près tout et le vendredi soir on mangeait le couscous, c’était vraiment une réunion familiale. Mais comme je le dis dans le film, mes parents m’ont toujours répété que notre judaïsme était une histoire privée et intime.

Quand avez-vous su que vous étiez juif?

Je ne sais même plus. Très petit sans doute puisque j’allais à la synagogue  avec mon père le jour du Kippour, c’était le seul jour de l’année où on y allait.
D’ailleurs je me suis souvenu, il n’y a pas très longtemps, d’un Kippour  particulier, en 1973 je suis allé à la synagogue avec mon père et je me rappelle de l’angoisse de cette guerre qui avait éclaté, en plein jour de jeûne. Mon père était angoissé pour sa famille là-bas. Le politique et le religieux se sont trouvésreliés dans ma mémoire.

Avez-vous subi l’antisémitisme?

Absolument. Je me suis fait traiter bêtement de sale juif dans la cour d’école. Plus tard, j’ai fait face à l’antisémitisme différemment, mais il m’est arrivé à des diners d’avoir des conversations un peu animées, parce que je sentais que j’étais désigné comme juif. Surtout depuis l’importation du conflit israélo-palestinien. On me disait: «Qu’est-ce que vous nous emmerdez » et je leur demandais «c’est qui le VOUS?». J’avais la sensation d’être désigné. Mais le NOUS était encore plus gênant.

Quand avez-vous décidé que le fait d’être juif pouvait être un sujet de film?

Le sujet du film c’est l’antisémitisme, pas les juifs!

Couple infernal?

Oui couple infernal et d’ailleurs je pense que je suis juif parce qu’il y a ces  antisémites. C’est ce que disait Jean-Paul Sartre.

Qu’espérez-vous de ce film?

Qu’il soit compris. Qu’il soit aimé. Tout ce que n’importe quel metteur en scène espère.Il y a trois pôles de reconnaissance quand on fait un film. La critique, le public,  le métier. Donc si les gens y vont, si la critique est bonne, si le métier nous récompense, d’une manière ou d’une autre, je serais content.Mais c’est la première fois que je m’implique autant dans un film, que je mouille autant ma chemise, l’expérience de ce film a été unique pour moi. Le film m’a déjà beaucoup apporté.

Ce film va changer votre image, va–t-il changer votre vie à la fois personnelle et de cinéaste?

Il a déjà changé beaucoup de choses. Depuis l’annonce de ce film, je ne  suis plus un acteur et metteur en scène française comme depuis 25 ans, mais Franco-Israélien! Je l’ai lu dans la presse. Voilà pour mon image.Le cinéaste, nous verrons bien…Pour ce qui est de moi, moi personnellement, dans ma vie ?
Je ne sais pas encore si je me suis délesté ou si je suis devenu encore plus juif, si mon nez n’est pas encore un peu plus crochu !

Commençons par le début. Avez-vous eu une éducation juive, religieuse? Comment avez-vous été élevé?

De manière très traditionaliste, ce n’était pas tellement religieux. On célébrait les principales fêtes juives: Le Grand Pardon évidemment, Pâques, c’est à peu près tout et le vendredi soir on mangeait le couscous, c’était vraiment une réunion familiale. Mais comme je le dis dans le film, mes parents m’ont toujours répété que notre judaïsme était une histoire privée et intime.

Quand avez-vous su que vous étiez juif?

Je ne sais même plus. Très petit sans doute puisque j’allais à la synagogue  avec mon père le jour du Kippour, c’était le seul jour de l’année où on y allait.
D’ailleurs je me suis souvenu, il n’y a pas très longtemps, d’un Kippour  particulier, en 1973 je suis allé à la synagogue avec mon père et je me rappelle de l’angoisse de cette guerre qui avait éclaté, en plein jour de jeûne. Mon père était angoissé pour sa famille là-bas. Le politique et le religieux se sont trouvésreliés dans ma mémoire.

Avez-vous subi l’antisémitisme?

Absolument. Je me suis fait traiter bêtement de sale juif dans la cour d’école. Plus tard, j’ai fait face à l’antisémitisme différemment, mais il m’est arrivé à des diners d’avoir des conversations un peu animées, parce que je sentais que j’étais désigné comme juif. Surtout depuis l’importation du conflit israélo-palestinien. On me disait: «Qu’est-ce que vous nous emmerdez » et je leur demandais «c’est qui le VOUS?». J’avais la sensation d’être désigné. Mais le NOUS était encore plus gênant.

Quand avez-vous décidé que le fait d’être juif pouvait être un sujet de film?

Le sujet du film c’est l’antisémitisme, pas les juifs!

Couple infernal?

Oui couple infernal et d’ailleurs je pense que je suis juif parce qu’il y a ces  antisémites. C’est ce que disait Jean-Paul Sartre.

Qu’espérez-vous de ce film?

Qu’il soit compris. Qu’il soit aimé. Tout ce que n’importe quel metteur en scène espère.Il y a trois pôles de reconnaissance quand on fait un film. La critique, le public,  le métier. Donc si les gens y vont, si la critique est bonne, si le métier nous récompense, d’une manière ou d’une autre, je serais content.Mais c’est la première fois que je m’implique autant dans un film, que je mouille autant ma chemise, l’expérience de ce film a été unique pour moi. Le film m’a déjà beaucoup apporté.

Ce film va changer votre image, va–t-il changer votre vie à la fois personnelle et de cinéaste?

Il a déjà changé beaucoup de choses. Depuis l’annonce de ce film, je ne  suis plus un acteur et metteur en scène française comme depuis 25 ans, mais Franco-Israélien! Je l’ai lu dans la presse. Voilà pour mon image.Le cinéaste, nous verrons bien…Pour ce qui est de moi, moi personnellement, dans ma vie ?
Je ne sais pas encore si je me suis délesté ou si je suis devenu encore plus juif, si mon nez n’est pas encore un peu plus crochu !


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