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Délivrance

Par Livresque Du Noir @LivresqueduNoir
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Ce qui est particulièrement remarquable dans les romans de Jussi Adler-Olsen, ce sont ses personnages atypiques. Ils sont l’essence même de cette série, ils en sont le carburant qui fait avancer le moteur « Département V » .

Affublé d’un assistant au passé mystérieux et d’une secrétaire complètement déjantée, le commissaire Carl Morck n’a pas grand chose du flic torturé tant apprécié habituellement. Plutôt fainéant, adepte de siestes et faisant parfois même preuve de lâcheté devant les femmes qui l’entourent, il est pourtant l’un des rouages essentiels d’une série qui fait ses preuves.

L’intensité du style « Adler-Olsen » tient bien plus dans son style narratif que dans un quelconque suspense. Les coupables sont connus dès les premières pages mais malgré cela, l’auteur réussit à tenir son lecteur en haleine sur plus de 600 pages. Un talent rare et puissamment efficace.

L’humour qu’il réussit à glisser dans certains dialogues vient compléter le style si singulier de ses romans. Alors que chaque enquête est d’une noirceur parfois éprouvante, l’auteur contrebalance avec la fantaisie de ses personnages et avec de l’ironie et des dialogues savoureux fort bien placés. Le succès est amplement mérité.

Dans cette troisième enquête du « Département V », complètement différente des deux précédentes, Jussi Adler-Olsen utilise la religion et les sectes pour toile de fond. A mon sens, moins sombre que « Profanation » qui jouait sur la perversion de l’être humain, « Délivrance » plonge cette fois-ci dans les dérives de la spiritualité et évoque les dangers de ces vies en autarcie régentées par des croyances contestables et parfois d’un autre temps. Confrontées au monde moderne, les familles engagées dans ces mouvements fanatiques se retrouvent démunies sous la plume de l’auteur et pourtant ce dernier éclaire quelques beaux personnages qui puisent leur force dans leur foi . Un contraste presque saisissant qui donne à Jussi Adler-Alsen le mérite de ne créer aucune polémique et de respecter les convictions de certains.

Mais l’intensité qui croît à chacune de ces enquêtes réside surtout dans l’évolution d’Assad : personnage à la fois attachant et impénétrable. Les secrets qui l’entourent sont distillés par petites touches au fil des tomes et c’est un des éléments clés qui rend cette série parfaitement addictive. Jussi Adler-Olsen a trouvé le fil conducteur qui attache de manière quasi exponentielle ses lecteurs à ses romans.

Au final, totalement inclassables, les récits de l’auteur danois prouvent une fois de plus qu’un roman ne peut forcément se placer dans une quelconque catégorie. Tout à la fois roman policier, thriller et roman noir de par les côtés contestataires et le regard critique que l’auteur porte sur la société, Adler-Olsen entremêle les genres et se joue des classifications, faisant ce qu’il aime et le faisant très bien.


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